La notation, lancinante question

Faut-il noter les vins ou s'abstenir de le faire?... (Photos fournies par la SAQ)

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Jacques Benoit
La Presse

Faut-il noter les vins ou s'abstenir de le faire?...

Autrement dit, et pour prendre les choses par l'autre bout, est-ce que la description du vin dont on traite suffit, ou s'il est préférable de l'accompagner d'une note? La question, on le sait, revient régulièrement sur le tapis.

Naturellement, elle concerne avant tout ceux et celles qui, d'une façon ou une autre (par l'écrit ou simplement en paroles, notamment à la radio), ont à se prononcer sur les vins qu'ils dégustent.

Car à table, chez soi, par exemple en recevant des amis, rarement tente-t-on... de noter les vins dégustés et bus! Pour ma part (comme le lecteur est à même de le constater), j'estime que noter les vins est un service à rendre. Peu importe l'échelle qu'on utilise: sur une à cinq étoiles, sur 20 points, sur 100 points, etc.

Car la note donne, instantanément, une idée du niveau qualitatif auquel on situe le vin, ce à quoi ajoute la description. En d'autres termes, note et description se complètent et forment un tout.

On peut bien évidemment se tromper. Mais il faut malgré tout avoir l'audace d'attribuer des notes, et, dirais-je, l'humilité de reconnaître que, oui, on peut mettre les pieds dans le plat...

Tous les grands dégustateurs français (Michel Bettane, Thierry Desseauve, Olivier Poussier et les autres chroniqueurs de la Revue du vin de France, etc.), mais également l'Anglaise Jancis Robinson notent les vins. Et tous sur l'échelle de 20 points. Doit-on croire qu'ils ont tort?

Poser la question, c'est, comme on dit, y répondre.

Au Québec, plusieurs chroniqueurs utilisent les étoiles (une à cinq, avec des demies), d'autres, l'échelle sur 20 points, etc.

Problème: il y a, en matière de notation, une dérive courante aux États-Unis et au Canada anglais, où l'échelle privilégiée est celle de 100 points.

Les chroniqueurs en question cherchent-ils par ce moyen à faire valoir leur influence? Toujours est-il que les notes de 90 et plus sont légion, à croire que la moitié des vins sur terre sont de grands vins! Alors que les grands vins sont rares, pour ne pas dire rarissimes.

Bref, ces notes... gonflées aux stéroïdes sont, à mon avis, guère utiles, guère pertinentes et même à oublier.

On peut noter les vins, rappelons-le, selon leur catégorie, ou dans l'absolu. Jugé dans sa catégorie, un vin rouge d'appellation Bordeaux particulièrement réussi pourra se voir attribuer quatre étoiles ou 18 sur 20, alors que, dans l'absolu, on lui décernera trois étoiles et 16 sur 20.

Pour ma part, je juge plus pertinent de noter dans l'absolu.

Enfin, bien sûr, chacun fait comme il l'entend. On note, ou pas, et si on note, selon la catégorie ou dans l'absolu.

Rueda 2014 Verdejo Val de Vid, 14,35$ (12260281)

Vin blanc espagnol non boisé, fait surtout de Verdejo (70%) avec 30% de Viura (ou Maccabeu), son bouquet, tout en fruit, expressif, rappelle un peu le Sauvignon blanc, comme toujours avec le Verdejo, avec aussi une note évoquant quelque chose comme la vanille. Très goûteux, ses saveurs sont mûres et il a tout ce qu'il faut d'acidité, ainsi qu'on le perçoit en fin de bouche. Fort bon, et à prix doux. 12,5% (129 caisses). Garde: 2015-2016.

14,5

Moulis en Médoc 2012 L'Impression de Mauvesin Barton, 25,10$ (12526801)

Propriété des Barton du château Léoville Barton (Saint-Julien) depuis 2011, il s'agit ici du second vin du Château Mauvesin Barton (de jeunes vignes), vendu pour la première fois au Québec. Comme tant d'autres bordeaux 2012, c'est un vin assez peu tannique, un peu plus que moyennement corsé, aux arômes, au nez et en bouche, de cuir et... comme de thé noir, et puis doté d'une très bonne persistance. Fait surtout de Merlot (46%) et de Cabernet Sauvignon (36%), il est élevé en fûts. (Le premier vin, aussi de 2012, a plus de tout, mais est nettement plus cher, soit 39$. 16,8/20.) 13% (70 caisses). Garde: 2015-2020.

16,5

Muscadet Sèvre-Et-Maine sur Lie 2014 La Sablette, 15,95$ (134445)

Peu coloré et doté de reflets verdâtres, ce Muscadet, toujours fiable, est encore une fois réussi et fidèle à lui-même dans ce nouveau millésime. Le bouquet est délicat, net, avec une note minérale qui lui donne presque des airs de chablis. Vin léger, non boisé, on retrouve en bouche la même netteté aromatique qu'au nez, avec une assez bonne persistance. Élevage sur lie et en cuves intox.

Impeccable. 12% (3759 caisses). Garde: 2015-2018.

15,8

Pouilly-Fuissé 2013 Albert Bichot, 25,90$ (22871)

Vin blanc dont une petite proportion (30%) est vinifiée en pièces bourguignonnes (228 L), son bouquet est complexe, relevé de quelques nuances, mais peu marquées, comme de coings confits et, m'a-t-il semblé, de pain rassis. Au plus moyennement corsé, très légèrement boisé, il a de la finesse, et les notes de fruits confits, quoique discrètes, sont également au rendez-vous en bouche. Très bon. 13,3% (871 caisses). Garde: 2015-2017.

16,2

Pessac-Léognan 2010 Château Haut-Bailly, 221$ (11521813)

Vin opaque, ou presque, ce bordeaux rouge du niveau, à mon sens, de premiers grands crus classés vendus... cinq ou six fois ce prix, ira sans doute très loin. Encore dans sa toute première jeunesse, son bouquet, très large, retenu, est marqué de notes genre cuir et tabac. Très concentré, compact, mais sans lourdeur aucune, ses tannins sont opulents, gras, et la persistance est remarquable. La sagesse est sans doute de l'attendre au moins quatre-cinq ans, bien qu'il se boive déjà très bien. 62% Cabernet Sauvignon, 36% Merlot et 2% Cabernet franc, avec élevage en fûts, dont environ 60% de neufs. Très grand vin. 14% (31 caisses). Garde: 2015-2040.

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