Une science exacte, la dégustation?

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La dégustation n'est pas une science exacte, aussi expérimentés que soient les dégustateurs, et même si ceux-ci sont de grands connaisseurs. Pourquoi?

Pour plusieurs raisons, l'une des principales étant que les paramètres selon lesquels les vins sont jugés, et notés, peuvent varier sensiblement d'un dégustateur à l'autre.

On s'accorde à dire partout - en Amérique du Nord, en Europe, mais aussi en Asie - que les vins doivent être jugés à la fois par l'oeil (la couleur), l'odorat (le bouquet) et le goût (la bouche).

Toutefois, ce qui compte avant tout, l'élément-clé, si l'on peut dire, n'est pas forcément le même pour tous les dégustateurs.

Pour les Américains, c'est, règle générale, la concentration. Plus le vin est coloré, riche et dense, meilleur il est, à leurs yeux.

Les Européens, notamment les Anglais et les Français, tiennent compte avant tout de l'équilibre, de l'harmonie des composantes, et se préoccupent peu du niveau de concentration.

Les Québécois, eux (je parle des gens du milieu du vin), ont à mon avis une position intermédiaire. La concentration entre en ligne de compte, mais, à leurs yeux, l'équilibre tout autant.

Bref, la dégustation - et les jugements qu'on porte sur les vins - ne va pas sans une bonne part de subjectivité.

Plusieurs autres raisons font en sorte que la dégustation est loin d'être une science exacte.

Il y a ainsi le fait, tout simple, et capital, que... les facultés gustatives varient d'un individu à l'autre. L'instrument de mesure (si l'on peut se permettre d'appeler ainsi nos sens) n'est donc pas exactement le même d'un individu à l'autre.

On le constate fréquemment dans les dégustations de groupe. Certains dégustateurs tolèrent mal l'acidité, d'autres un pourcentage élevé d'alcool, alors que certains autres s'accommodent des deux.

Ajoutons à cela les conditions dans lesquelles sont menées les dégustations (température des vins, types de verres, etc.), qui influent elles aussi sur les jugements.

Puis, enfin, le fait que certains dégustateurs jugent les vins dans l'absolu, et d'autres selon la catégorie à laquelle ils appartiennent.

Science exacte? Que non... Ce qui n'empêche pas la dégustation d'être un exercice fascinant.

Saint-Bris 2013 Sauvignon blanc Caves Bailly-Lapierre, 20,20$ (10870211)

La Bourgogne a son appellation, faisant partie du vignoble chablisien, où règnent à la fois le Sauvignon blanc et le Sauvignon gris. Peu coloré, non boisé, celui-ci s'affiche avec un bouquet très Sauvignon blanc, qu'accompagne une note minérale rappelant l'odeur de la craie. Les saveurs sont relevées, avec en fin de bouche une acidité bien présente et une très bonne persistance. Beaucoup de caractère, à défaut de finesse... et sans doute aurais-je pu le noter plus généreusement. À noter que la distribution de ce vin ne fait que commencer. 12,5% (322 caisses). Garde: 2014-2015.

14,8

Langhe Rosso 2012 Beni Di Batasiolo, 17,35$ (611251)

Toujours constant, ce vin rouge du Piémont associe les trois cépages rouges de ce vignoble, soit 40% de Dolcetto, avec 30% de Barbera et 30% de Nebbiolo. D'un pourpre assez soutenu, son bouquet, de petits fruits rouges surtout, présente aussi des notes un peu curieuses rappelant l'odeur du jute. De corps moyen, tannique, sans que ce soit trop marqué, on retrouve en bouche les fruits rouges et les arômes du jute. Élevage en cuves inox et, pour une proportion non précisée, en fûts de chêne français. Particulier, et fort bon à sa manière. 13,5% (197 caisses). Garde: 2014-2016.

15,8

Minervois La Livinière 2011 Château Sainte-Eulalie, 22,55$ (917948)

Très coloré, quasi opaque, en fait, ce très beau Minervois, de l'un des meilleurs crus de l'appellation (La Livinière), déploie un bouquet ample de fruits noirs, avec des notes boisées aux arômes fumés. La bouche est consistante, corsée, concentrée, le tout bâti sur des tannins gras. 55% Syrah, 25% Carignan et 20% Grenache, avec élevage en fûts, dont 25% neufs. Le taux d'alcool affiché est de 15%, ce qui ne m'a pas semblé dérangeant. Très bon. 15% (96 caisses). Garde: 2014-2018.

Barolo 2010 Beni Di Batasiolo, 29,65$ (10856777)

D'un pourpre grenat et un peu orangé aux pourtours du verre, ce Barolo, au bouquet de volume moyen, nuancé, de fruits rouges avec aussi des notes de cuir, m'a semblé plus en fruit que dans de précédents millésimes. Relativement corsé, tannique, un brin rugueux (mais moins tannique que beaucoup d'autres Barolos), on retrouve en bouche les fruits rouges. 100% Nebbiolo avec élevage en fûts de chêne de Slavonie. Très réussi. En promotion à 26,65$ jusqu'au 30 novembre. 14% (123 caisses). Garde: 2014-2020.

17

Crozes-Hermitage 2011 Les Jalets Paul Jaboulet Aîné, 26,65$ (383588)

Le bouquet est fin, le caractère variétal plutôt discret, et en même temps typé Syrah, avec des notes épicées rappelant un peu l'odeur de l'encens. Fait uniquement de Syrah et un peu plus que moyennement corsé, c'est un vin aux saveurs de fruits noirs, équilibré, harmonieux, aux tannins veloutés. L'élevage est mené pour moitié en cuves inox et pour moitié en cuves tronconiques de chêne. Délicieux. 13% (89 caisses). Garde: 2014-2019.

17,2

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