Est-il court? Ou est-il long?

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Les dégustateurs expérimentés (les connaisseurs, comme on dit souvent) insistent de façon unanime sur l'importance de la longueur en bouche.

C'est-à-dire... la durée de la persistance du goût du vin, une fois celui-ci bu, ou craché comme on le fait lors de dégustations de plusieurs ou nombreux vins.

«Il est long», «il n'est pas très long», ou encore «il est court», tels sont quelques-uns des commentaires qu'on entend dans leur bouche.

Car, à leurs yeux, aussi charnu, aussi bon, aussi équilibré que soit un vin donné, si sa longueur en bouche (ou sa persistance, comme on dit également) est peu prononcée, il lui manque quelque chose. Quelque chose qu'on peut fort bien qualifier de... touche finale.

Aussi bien le dire: personnellement, c'est toujours cette caractéristique du vin - sa longueur en bouche, la durée de celle-ci, donc - qui clôt la dégustation. En d'autres termes, la dernière question que je me pose.

Le vin est-il court, ou trop court, ou au contraire est-il long, et même très long, cela influe naturellement sur la note.

Ce point de vue sur le vin est jugé à ce point important qu'on a même inventé un terme - la caudalie (un peu ridicule, me semble-t-il) -, pour évaluer la longueur en bouche.

«Du latin cauda, queue: néologisme savant pour mesurer la durée de persistance gustative d'un vin: une caudalie équivaut à une seconde», écrit Martine Chatelain-Courtois dans Les mots du vin et de l'ivresse (éd. Belin).

Elle ajoute: «Un grand sauternes ou un château-chalon peut avoir une persistance de plus de 20 caudalies.»

Mais, naturellement, on peut tout aussi bien évaluer la longueur en bouche en secondes...

Attention, cependant: il y a en effet des vins dont le goût détestable persiste plusieurs secondes (on parle alors d'arrière-goût), la durée n'étant donc pas le seul aspect à considérer. Il faut aussi que les arômes soient de qualité.

Bourgogne Aligoté 2013 Prince Philippe, 16,70$ (143628)

Élaboré avec uniquement de l'Aligoté, qui est un cépage blanc peu aromatique, ce fort joli bourgogne blanc, non boisé, se présente avec un bouquet peu complexe, mais net et qui ne manque pas de rappeler les vins de Pinot blanc d'Alsace. Plutôt léger, peu acide sans que ce soit (comme on dit) un vin mou, on retrouve en bouche les mêmes arômes qu'au nez. Simple et savoureux. 12% (1114 caisses). Garde: 2014-2015.

15

Touraine 2013 Sauvignon Domaine de Lévêque, 17,80$ (12207009)

Cépage aux arômes insistants... parfois trop insistants, le Sauvignon blanc donne des vins dont la longueur en bouche est toujours importante. C'est le cas pour celui-ci, dont le bouquet, bien typé, non boisé, n'a toutefois rien de trop aromatique (genre asperges). Vin plutôt léger lui aussi, ses saveurs sont néanmoins relevées, la bouche étant pourvue de la juste dose d'acidité. Fort bon, il accompagnera très bien les huîtres fraîches. 12,5% (725 caisses). Garde: 2014-2015.

15

Western Cape 2013 Chardonnay Boschendal, 17,25$ (935833)

Vin blanc de Chardonnay d'Afrique du Sud, dont la plus grande partie (70%) est vinifiée en fûts de chêne français et la portion restante (30%) en cuves inox. Cela se perçoit clairement au nez, son boisé étant très perceptible (citron confit, notes de beurre, etc.) sans que ce soit caricatural. De corps moyen, tout aussi boisé en bouche, naturellement, et d'une bonne persistance, il plaira aux amateurs de vins de Chardonnay au boisé bien présent. 14% (1988 caisses). Garde: 2014-2015.

14,8

Corbières 2010 Domaine de Fontsainte, 19,50$ (12216394)

Très coloré sans que ce soit un vin opaque, ce Corbières, au bouquet ample, de fruits noirs, donne nettement l'impression d'être élaboré avec au moins une bonne proportion de Syrah. Erreur... puisqu'il est fait surtout de Carignan (60%), avec 30% de Grenache et 10% de Mourvèdre. Vin dense, charnu, ne manquant pas de corps, ses tannins sont aimables, bien enrobés, et il a de la longueur. 60% de ce vin est élevé en fûts et 40% en cuves inox. Très bon. 14,5% (80 caisses). Garde: 2014-2017.

16,2

Barbera 2012 Pio Cesare, 24,45$ (968990)

À l'aveugle, peut-être ne pourrait-on pas deviner qu'il s'agit d'un vin fait que de Barbera, du Piémont, à cause de son bouquet, dans lequel dominent des nuances de fruits rouges, alors que les vins de Barbera sont souvent marqués par des arômes genre tabac et terre sèche (selon moi, bien sûr). Vin de corps moyen, charnu sans être très concentré, ses tannins sont serrés, mais dénués de rugosité. D'une bonne longueur, son élevage est mené pour la plus grande partie de la cuvée (70%) en foudres de chêne français et pour le reste (30%) en fûts de chêne également français. Très bien fait. 13,5% (249 caisses). Garde: 2014-2017?

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