Des vins difficiles à comprendre

Il y a des vins... plus difficiles à connaître et à comprendre que d'autres. (Photomontage La Presse)

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Photomontage La Presse

Jacques Benoit
La Presse

Il y a des vins... plus difficiles à connaître et à comprendre que d'autres.

Soit qu'il s'agisse de vins aux méthodes d'élaboration particulièrement complexes - le xérès, dont il existe plusieurs types, en est un bon exemple -, soit qu'on ait affaire à des vins particulièrement chers et qu'on a peu souvent l'occasion de goûter.

Autre cas de figure: les vins à la fois rarissimes et chers - on peut penser dans ce cas aux vins de Riesling d'Autriche, très recherchés en Autriche même et à peu près totalement inconnus sur notre marché. Pour la bonne raison qu'on n'en trouve pour ainsi dire jamais au Québec.

Dois-je le signaler?

Même si (pour ainsi dire) je baigne personnellement dans le vin depuis déjà longtemps, c'est seulement depuis quelques années que j'estime assez bien connaître le champagne.

Parce que les occasions de le goûter sont rares, cela étant lié au fait que le champagne est cher - trop cher - au Québec.

Un exemple percutant, et qui dit tout: au début des années 80, on pouvait s'offrir sans broncher une bouteille de Champagne Krug Grande Cuvée, qui coûtait alors 32$. Contre... 283,25$ à l'heure actuelle.

«Connaître le vin, c'est être capable d'en parler», écrit avec raison Martine Chatelain-Courtois dans Les mots du vin et de l'ivresse - un livre tout à fait fascinant, soit dit en passant.

Autrement dit, c'est seulement à force d'en goûter, et beaucoup, de tous les styles, et de comparer tous ces vins entre eux, afin de se forger ainsi des étalons, des instruments de mesure, si je puis dire, qu'on arrive à connaître tel ou tel type de vin.

La grande dégustation annuelle de champagnes et de mousseux de l'Association québécoise des agences de vins, bières et spiritueux (AQAVBS), qui est l'occasion pour la presse spécialisée de déguster des dizaines de champagnes et de mousseux, est, pour ce motif, un événement à ne pas manquer.

On s'y forme le palais...

Champagne Tribaut Blanc de Chardonnay,

37,50$ (12398491)

Mis en vente il y a trois jours, ce champagne - le premier de ces vins à être vendu sous la barre des 40$ - est nettement plus costaud qu'on ne s'y attend d'un blanc de blancs, et donc fait que de Chardonnay. Le bouquet est ample, marqué par une note rancio comme on en trouve dans bon nombre de champagnes, bien typé champagne, la bouche s'affichant avec plus de générosité que de finesse, m'a-t-il semblé. Très bon quand même... et bravo pour le prix! 12,5% (1297 caisses). Garde: 2014-2015.

16

Médoc 2009 Château La Cardonne,

14,85$ (en demi-bouteille) (12212131)

Bordeaux rouge bien coloré sans que ce soit un vin opaque, son bouquet, encore assez peu détaillé, déploie des arômes rappelant le cuir, le tabac. Vin d'une bonne concentration et plus que moyennement corsé, charnu, ses tannins ont de la fermeté tout en étant dépourvus de rugosité. 50% Merlot, 45% Cabernet Sauvignon et 5% Cabernet franc, avec élevage en fûts de réemploi. Très bon. 13,5% (102 caisses). Garde: 2014-2018.

16,5

Vin de Pays du Var 2013 Chardonnay Domaine La Lieue,

17,65$ (10884655)

Vin issu de raisins de l'agriculture biologique, non boisé, son bouquet, typé Chardonnay, est franc, quoique plutôt unidimensionnel. Tout au plus moyennement corsé, il propose des saveurs néanmoins passablement relevées, ce à quoi contribue manifestement le gaz carbonique qu'il renferme et qui en rehausse le goût. Enfin, chose appréciable, il a une certaine persistance. Fort bon. 14% (102 caisses). Garde: 2014-2015.

15

Crémant de Loire Cuvée Flamme Gratien&Meyer,

19,40$ (11177856)

Ce mousseux de la Loire, non millésimé, ne déçoit jamais et tient comme toujours ses promesses. Le bouquet, qu'agrémente une note d'agrumes (genre pamplemousse), est net, harmonieux, tout en étant peu complexe. De corps moyen comme mousseux, ses saveurs, accentuées par une bonne quantité de gaz carbonique, sont tout aussi nettes que le laisse prévoir le bouquet. Un bon mousseux, donc. 60% Chardonnay, 25%... Cabernet franc et 15% Chenin blanc. 12,5% (99 caisses). Garde: 2014-2015.

15,5

Barbaresco 2009 Produttori del Barbaresco,

42,25$ (10858182)

Rouge clair avec des nuances acajou - la couleur caractéristique des vins de Nebbiolo du Piémont -, ce vin s'affiche avec un bouquet nuancé, avec des notes rappelant à la fois les noix et, m'a-t-il semblé, les figues séchées, et aussi les fruits cuits. Comme il se doit pour ce qui est des vins de Nebbiolo, les tannins sont fermes, passablement rudes et le vin a de la persistance. Mais... il ne faut pas craindre les tannins. 100% Nebbiolo, l'élevage, d'une durée de 20 mois, étant mené en foudres. Très bon. 14,5% (114 caisses). Garde: 2014-2021?

16,8




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