Rêve de Bordeaux à Bécancour

Jean-François Hébert, Nancy Horan, Monique Pinard et Jocelyn... (Photo François Gervais, Le Nouvelliste)

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Jean-François Hébert, Nancy Horan, Monique Pinard et Jocelyn Hébert, du vignoble Fief de la rivière.

Photo François Gervais, Le Nouvelliste

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Karyne Duplessis Piché

Collaboration spéciale

La Presse

La journaliste Karyne Duplessis Piché visite cet été encore les vignobles du Québec. Elle s'arrête cette fois-ci dans les régions moins connues pour la culture de la vigne. Cette semaine, le vignoble Fief de la rivière, à Bécancour.

C'est bien connu, les blancs et les mousseux du Québec ont meilleure réputation que les rouges. Surprise, le vignoble Fief de la rivière à Bécancour, sur la rive sud de Trois-Rivières, se démarque plutôt pour ses rouges, corsés et boisés, inspirés des vins de Bordeaux.

Sur la route des Acadiens, qui relie l'autoroute 55 à Nicolet, les maisons de pierres se succèdent dans une immense plaine fleurie. Dans les champs pousse tantôt du maïs, tantôt du foin. C'est à cet endroit que Jocelyn Hébert rêvait de planter ses vignes lorsqu'il a acheté une terre agricole en 1987.

Pendant 20 ans, le médecin de profession a visité les vignobles du Canada, de la Californie et de Bordeaux. Il a rempli sa cave de grands crus et il a suivi des cours de dégustation. En 2008, avec son frère et leurs conjointes respectives, son rêve est devenu réalité. Ils ont démarré le vignoble avec comme objectif de produire un rouge aussi corsé et goûteux que ses vins préférés, ceux de Bordeaux.

Pour y arriver, ils ont planté des cépages hybrides: sabrevois, marquette, frontenac rouge et radisson, des variétés qui résistent bien au climat d'ici. Puis, ils ont fait appel aux conseils d'un oenologue bordelais établi au Québec.

«L'agronome trouvait la terre très argileuse, explique Jocelyn Hébert. Mais la vigne pousse très bien. Et surtout, elle ne gèle pas! Le lac Saint-Pierre n'est pas très loin. On pense qu'il a une influence sur notre climat.»

Le lac Saint-Pierre se devine d'ailleurs depuis la terrasse de la boutique. On y voit aussi les deux parcelles du vignoble que les propriétaires font visiter dans une charrette tirée par un tracteur. En tout, 7300 vignes poussent derrière la bâtisse.

L'engouement du fût de chêne

Tout comme les vins de Bordeaux, deux des trois rouges du Fief de la rivière sont élevés en fûts de chêne. Une vitre sur le plancher de la boutique permet de voir les barriques dans la cave.

«Les vins élevés en fûts de chêne sont les préférés des clients», ajoute Jocelyn Hébert.

Pour cette raison, il prévoit agrandir son chai l'an prochain. Il pourra ainsi mettre davantage de vins en barrique et faire visiter la cave.

Outre les rouges, le Fief de la rivière produit du blanc et du rosé. En référence au métier de M. Hébert, toutes les cuvées portent le nom de «globul» et ont une étiquette en forme de goutte de sang. Le vignoble s'est de plus inspiré du principe des groupes sanguins pour nommer chacune d'elles: B pour les blancs, A pour les rouges, AB pour le rosé et O pour le futur vin de glace. Un signe positif est ajouté sur celles élevées en fûts de chêne.

Un seul vin ne suit pas cette règle: le rouge Fief réserve.

«C'est un rouge qui a passé 14 mois dans des fûts de chêne américains du Missouri, explique le vigneron. C'est mon préféré!»

C'est aussi le préféré de bien des visiteurs, puisqu'il restait moins d'une douzaine de bouteilles de la vendange 2013 lors de notre passage. La cuvée «Fief réserve 2014» sera mise en vente en juin prochain.

La journaliste Karyne Duplessis... (Photo François Gervais, Le Nouvelliste) - image 2.0

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Photo François Gervais, Le Nouvelliste

Bon à savoir

Le vignoble n'accepte que l'argent comptant et la dégustation est payante: 2$ pour trois vins. Puisque vous devez passer au guichet avant la visite, profitez-en pour vous arrêter au Marché Godefroy sur le retour. Situé à 7 km du vignoble, il accueille les producteurs locaux tous les week-ends.

Comment s'y rendre

Il faut compter un peu moins de deux heures pour se rendre au Fief de la rivière depuis Montréal. La distance est semblable que l'on emprunte l'autoroute 40 ou la 20. La première option a l'avantage de nous faire traverser le fleuve par le pont Laviolette, d'où le coup d'oeil est grandiose. Pour se faire, on prend l'autoroute 40 vers Trois-Rivières, puis on suit les indications pour l'autoroute 55 Sud. Une fois le pont traversé, on prend la sortie 173 vers Saint-Grégoire, puis on tourne à droite sur le boulevard des Acadiens. Le vignoble se trouve à 3 km sur la droite.

À déguster

globul A + 2013, 18$

Cet assemblage de cinq cépages hybrides, dont le sabrevois, le frontenac rouge et le radisson, rappelle les rouges génériques de Bordeaux. C'est rond, rempli de fruits rouges (framboises, fraises des bois) et sa finale goûte la cassonade. L'élevage en fût de chêne est bien dosé et apporte une belle profondeur. Ça vaut le déplacement! 13%

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