Mondial 2014: bière dans les stades malgré les craintes

Dans les couloirs des 12 stades du Mondial... (PHOTO CHRISTOPHE SIMON, AFP)

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Dans les couloirs des 12 stades du Mondial brésilien, d'énormes files d'attente de partisans du monde entier se sont formées devant les buvettes pour acheter une Budweiser américaine ou une Brahma brésilienne.

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Laurent THOMET
Agence France-Presse
RIO DE JANEIRO

Bière à gogo dans les couloirs des stades et fans aux esprits plus ou moins échauffés titubant à la sortie en emportant chez eux des piles de gobelets souvenirs: cela restera comme l'une des images du Mondial au Brésil.

Un haut responsable de la FIFA s'est même inquiété de l'état d'ébriété avancé de nombreux partisans, alors même que c'est l'instance mondiale du foot qui a imposé au Brésil de changer sa loi pour autoriser la vente de bières dans les stades pendant le Mondial.

Mais tout porte à croire que la bière continuera de couler à flots pendant les demi-finales Brésil-Allemagne mardi et Argentine-Pays-Bas mercredi, puis pendant la finale dimanche au Maracana de Rio de Janeiro.

Le Parlement brésilien avait rendu illégale la vente d'alcool dans les stades de football en 2003 dans le but d'enrayer la violence de ses partisans.

Mais il a dû voter une loi en sens inverse pour le Mondial afin d'honorer l'un de ses engagements de pays organisateur envers la FIFA.

Dans les couloirs des 12 stades du Mondial brésilien, d'énormes files d'attente de partisans du monde entier se sont formées devant les buvettes pour acheter une Budweiser américaine ou une Brahma brésilienne.

Les deux marques appartiennent au même géant mondial de la bière, Anheuser-Busch InBev, l'un des plus importants partenaires officiels de la FIFA pour la Coupe du monde.

La bière participe parfois à la liesse. Mais les reporters de l'AFP ont aussi assisté à des disputes échauffées et même à une belle bagarre impliquant des partisans visiblement ivres, en marge de deux matches disputés au Maracana.

Verres revendus sur Internet

Durant la rencontre Uruguay-Colombie, le 28 juin, plusieurs partisans brésiliens ont échangé des coups avec des Uruguayens dans les couloirs du stade.

La bagarre a commencé quand un Brésilien apparemment saoul a hurlé au visage d'une femme uruguayenne pour se moquer de l'élimination de sa sélection. Les partisans uruguayens ne sont pas en odeur de sainteté au Brésil depuis que leur équipe a commis le sacrilège de ravir à la Seleçao le Mondial-1950 dans ce même Maracana.

En marge du quart de finale France-Allemagne, vendredi, des agents de sécurité ont dû séparer deux Brésiliens portant des maillots d'équipes rivales de Sao Paulo qui en étaient venus aux mains.

Certains Brésiliens sont ravis de pouvoir à nouveau consommer de la bière pendant les matches du Mondial, tout en étant favorables à la prohibition pendant le championnat domestique, en raison de la violence des partisans des équipes locales.

«Les gens ne savent pas boire avec modération», explique Carlos Franca, un Brésilien de 48 ans portant un chapeau jaune et vert, qui a bu deux bières pendant France-Allemagne.

Diogo Albuquerque, un ingénieur de 33 ans vêtu aux couleurs de la Seleçao, fait valoir que «la sécurité est beaucoup plus forte» pendant le Mondial que durant le championnat brésilien.

«J'ai été impressionné par le niveau d'ébriété de nombreux partisans qui ne se comportent pas bien à cause de cela», avait confié le 1er juillet Jérôme Valcke, le numéro deux de la FIFA.

«Et quand on boit beaucoup d'alcool, cela peut augmenter le niveau de violence», avait-il déclaré lors d'une émission télévisée, précisant que si la sécurité l'exigeait, la FIFA prendrait des mesures pour contrôler la vente de bière.

Mais la FIFA n'a adopté à ce jour aucune mesure pour les demi-finales et la finale.

Une porte-parole de AB InBev au Brésil, Daiana Rodriguez, a déclaré à l'AFP que la bière continuerait à être en vente normalement pendant les matches parce que la FIFA n'a pas demandé de limiter les ventes. La compagnie ne diffuse pas de chiffres sur ses ventes.

Les verres rouges avec la date du match, le nom des équipes et leurs drapeaux respectifs dans la phase de groupes sont devenus des objets de culte pour les collectionneurs. Ils se vendent comme des petits pains sur Internet, jusqu'à 15 dollars le verre (vide).




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