Une Québécoise à Tokyo

Comme les sportifs de haut niveau, Véronique Rivest... (Maxime Sauvage)

Agrandir

Comme les sportifs de haut niveau, Véronique Rivest a dû réduire ses heures de travail pour se consacrer à temps plein à son entraînement. Elle a étudié dans le fin détail le monde du vin et des alcools.

Maxime Sauvage

Partager

Sur le même thème

Mercredi, tous les yeux du monde du vin seront tournés vers la compétition mondiale de sommellerie qui se déroule à Tokyo. Ce concours sera suivi de très près chez nous, car Véronique Rivest, de Gatineau, tentera d'y décrocher le titre de meilleure sommelière du monde.

Cette compétition, Véronique Rivest s'y prépare depuis 17 ans. Elle a participé à son premier concours de sommellerie en 1996 à Montréal. À sa grande surprise, elle s'est alors classée parmi les six finalistes et elle a ébloui les juges. Le sommelier François Chartier était l'un des membres du jury. «Elle était nerveuse comme ça ne se pouvait pas, relate-t-il. Mais on a vu à ce moment qu'elle avait beaucoup de talent.»

Véronique Rivest se souvient très bien de cette compétition de 1996. C'est à ce moment qu'elle a eu la piqûre pour les concours.

Depuis, elle a participé à 13 championnats et remporté plusieurs titres, dont ceux de la meilleure sommelière du Québec, du Canada et des Amériques. C'est la troisième fois qu'elle tente sa chance au concours mondial.

Pour apprendre à gérer son stress, elle a fait appel aux services d'un psychologue spécialisé dans la préparation des athlètes en vue des Jeux olympiques. Ce soutien lui a permis d'avoir davantage confiance en elle, juge son mari Dominique Maury.

«On se donne tous les moyens possibles pour gagner, explique-t-il. Alors, on s'est bien entourés. Le psy lui a donné des trucs et des exercices pour rester dans sa bulle pendant la compétition, au moment où le stress va monter.»

Cette préparation psychologique n'est pas le seul point commun avec la longue préparation des athlètes dans l'espoir de décrocher une médaille. Tout comme eux, Véronique Rivest est arrivée à destination plusieurs jours avant le début de la compétition.

«D'abord, il y a 12 heures de décalage, explique-t-elle. Il faut donc s'habituer au changement d'heure. Et aussi s'acclimater à l'eau et à l'air pour ne pas être malade au moment de la compétition. Pour tout ça, il faut arriver au minimum six jours d'avance.»

Entraînement intense

Comme les sportifs de haut niveau, la sommelière a dû réduire ses heures de travail pour se consacrer à temps plein à son entraînement. Elle a étudié dans le fin détail le monde du vin et des alcools, en plus de peaufiner son service aux tables.

Pour ce faire, elle achète une grande quantité de bouteilles et se déplace à New York ainsi qu'à Toronto pour s'entraîner avec d'autres sommités. À ses frais. Véronique Rivest estime accumuler des dettes de 30 000$ par année pour la préparation de chaque Mondial.

«Je traîne encore ma dette des deux championnats précédents», avoue-t-elle.

Son conjoint l'appuie. «On investit dans sa passion, dit-il. Comme certains parents qui investissent dans le sport de leurs enfants. Chez nous, on le fait pour la sommellerie.»

Trois jours de compétition

Près de 60 sommeliers se sont qualifiés pour le concours mondial. Le défi commencera le mercredi 27 mars au matin. Les participants recevront un examen théorique comprenant une centaine de questions sur le monde du vin. Ils devront démontrer leurs connaissances des régions viticoles, de la chimie, des méthodes de production, des différents terroirs et des cépages.

Ils doivent en savoir tout autant sur les bières, les spiritueux, les thés, les sakés, les eaux (tranquilles et gazeuses) et les cigares.

«C'est le gros morceau, explique François Chartier, qui a participé au Mondial à Tokyo en 1995. On met tout sur la table!»

Ce test, Véronique Rivest l'attend à la fois avec angoisse et confiance. Elle ne s'en cache pas: la théorie, c'est sa force.

Après l'examen, les sommeliers devront déguster des vins à l'aveugle, des mets et des eaux-de-vie. Ils auront ensuite une épreuve de service et un exercice-surprise.

Le lendemain, les 12 demi-finalistes recommenceront les mêmes épreuves: test écrit, dégustations à l'aveugle et épreuves de service.

Enfin, vendredi matin, 5000 personnes sont attendues pour la finale.

Dégustations à l'aveugle et service, les trois finalistes s'exécuteront sur scène. Le gagnant ou la gagnante sera couronné vendredi soir.

Les sommeliers à surveiller

Les experts s'entendent, Véronique Rivest est l'une des favorites de ce 14e championnat mondial. Mais elle n'est pas la seule.

Le Suisse Paolo Basso a terminé deuxième lors des deux derniers championnats mondiaux et s'est classé premier sommelier d'Europe en 2010. Le Britannique Eric Zwiebel, d'origine française, est entraîné par nul autre que Gerard Basset qui a remporté le plus récent concours mondial, précise François Chartier. « Il est très, très fort », juge-t-il.

Le Suédois Jon Arvid Rosengren s'est lui aussi entouré d'un entraîneur de choix : Andreas Larsson, aussi d'origine suédoise et vainqueur du Mondial de 2007. Le Japonais Satoru Mori, le Français David Biraud et l'Australien Franck Moreau figurent aussi parmi les aspirants au titre.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1892240:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Vidéo

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer