Cinq questions à Dany Rolland

Dany Rolland élabore les vins des réputés châteaux... (Photo fournie par Dany Rolland)

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Dany Rolland élabore les vins des réputés châteaux Le Bon Pasteur et Fontenil, et veille aux vinifications d'une dizaine de vignobles dans le monde.

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Karyne Duplessis Piché, collaboration spéciale
La Presse

Le nom de Michel Rolland est bien connu dans le milieu du vin. Les façons de faire de ce célèbre oenologue sont tout aussi réputées que controversées. On connaît toutefois moins sa femme, Dany Rolland, qui mène une carrière tout aussi florissante: elle élabore les vins des réputés châteaux Le Bon Pasteur et Fontenil et veille également aux vinifications d'une dizaine de vignobles dans le monde. Rencontre avec l'autre Rolland.

Michel Rolland et vous avez obtenu le même diplôme d'oenologie à Bordeaux en 1970. Vous avez le même parcours. Pourquoi est-ce lui, l'oenologue-vedette, et pas vous?

La dégustation, c'est comme le sport: plus on pratique, meilleur on devient. Michel a une grande capacité à travailler, à déguster. Il a aussi beaucoup de talent. Je ne sais pas si j'aurais eu ce talent à déguster autant et à trouver les différences, la signature et le goût dans les échantillons. Quand Michel a eu la possibilité de travailler à l'étranger, je l'ai encouragé. De mon côté, il fallait bien que quelqu'un reste derrière pour diriger nos affaires et notre laboratoire. Je suis un peu la cheville ouvrière de notre entreprise.

Vous êtes venue à Montréal pour présenter vos cuvées 2010, une année encensée par les critiques. Les commentaires sont toutefois moins élogieux à propos des vins de la plus récente récolte. Comment qualifiez-vous les 2012?

Disons-le, 2012 n'est pas un grand millésime. En revanche, les vins de cette vendange seront faciles à boire et à consommer plus rapidement. Ils ont moins de matière et de densité. Dans un sens, c'est bien, car les gens ne veulent plus attendre des dizaines d'années avant d'ouvrir les bouteilles.

Est-ce que cette tendance à la consommation plus rapide des vins vous incite à élaborer vos cuvées différemment?

Non. Ce qui a changé au cours de ma carrière, c'est la maturité des raisins. Avant, on vendangeait tôt, parce qu'on avait peur de la pluie et aussi parce qu'on avait peur que les vins soient trop chargés en alcool. Ça donnait des vins plus durs au départ. On attend maintenant la bonne maturité des raisins avant de les ramasser. Ça permet aux vins de Bordeaux d'être plus accessibles en jeunesse qu'il y a 20 ans, même s'ils ont toujours le potentiel de vieillir.

Que pensez-vous de l'agriculture biologique et des vins nature?

Si on laisse le vin se faire tout seul, il fait du vinaigre. Alors les vins nature, je n'y crois pas. Il y en a qui font des vins dans lesquels on trouve à boire et à manger. C'est gazeux. Ce type de vin est à la mode à Paris. Je les appelle les vins «bo-bo bio» ! Parce que c'est à la mode, c'est bon? Je crois par contre à la protection raisonnée du vignoble. Il ne faut plus utiliser les produits chimiques comme une précaution. Il faut réfléchir avant de les mettre.

Est-ce que vous pratiquez l'agriculture biologique?

Je la pratique à Val de Flores, en Argentine. Le climat est sec. Ce sont de très vieilles vignes. On fait tout à la main. C'est notre petit jardin. À Bordeaux, on pratique plutôt l'agriculture raisonnée. On respecte la terre. Le climat est plus difficile et humide, ce qui fait qu'on doit parfois utiliser des produits chimiques.

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