Les Pervenches: le meilleur viticulteur du Québec

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Les propriétaires du vignoble des Pervenches, Véronique Hupin... (Photo Olivier Pontbriand, La Presse)

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Les propriétaires du vignoble des Pervenches, Véronique Hupin et Michaël Marler, pratiquent une agriculture certifiée biologique depuis 2005.

Photo Olivier Pontbriand, La Presse

 

Karyne Duplessis Piché, collaboration spéciale
La Presse

On ne s'arrête pas au vignoble des Pervenches pour admirer son château ni pour savourer un repas à sa table champêtre. Les installations du domaine sont simples: un vieux bâtiment de tôle sert à la fois de boutique, de chai et d'entrepôt. L'arrêt vaut néanmoins le coup. Car c'est le seul endroit où l'on peut se procurer les cuvées de Véronique Hupin et de Michaël Marler.

Cette passion pour le vin, Michaël et Véronique l'ont découverte lors d'un échange étudiant à Toulouse, en France, en 1995. Michaël étudiait l'agroéconomie et ses collègues de classe étaient tous fils de vignerons. Ils ont partagé avec lui leur amour du métier, mais aussi de grandes cuvées. Le projet est devenu évident: il voulait faire du vin.

Le couple a d'abord rêvé de s'installer dans les vignobles du Chili.

«On ne pensait pas que ça se faisait au Québec, explique Véronique. Il y avait déjà l'Orpailleur, mais ce n'était pas très répandu.»

Leur expérience en Amérique du Sud n'a pas eu le succès espéré. Les producteurs racontent qu'il était difficile de trouver du travail auprès des vignerons chiliens. Ils sont donc rentrés au bercail avec une seule idée en tête: amasser des sous pour démarrer leur vignoble ici.

C'est finalement la mère de Véronique qui a déniché une annonce dans le journal local. Un petit vignoble était à vendre à Farnham. Le domaine comptait trois hectares de vignes dont les plants de seyval blanc et de chardonnay étaient âgés de près de 10 ans.

«C'était un Français qui possédait la terre, se souvient Véronique. Lorsqu'il nous l'a vendue, il nous a conseillé d'arracher le chardonnay. Il disait qu'il s'était cru plus malin que les autres et que ça ne marchait pas. Mais nous, c'est ce qui nous intéressait dans ce vignoble.»

Et ils ont relevé le défi. Michaël est d'ailleurs allé aux États-Unis afin d'apprendre comment protéger ses plants pendant l'hiver et mieux exposer les grappes au soleil durant l'été. Les vignes de chardonnay sont maintenant âgées d'une vingtaine d'années. Elles sont les plus vieilles du Québec. Et les viticulteurs élaborent avec celles-ci une cuvée québécoise unique, produite à 100% avec du chardonnay.

Mais ce n'est pas tout. Le couple essaie maintenant de relever un nouveau défi: vinifier une cuvée 100% vinifera en rouge, soit un rouge du Québec ne contenant aucun cépage rustique. Pour ce faire, ils ont planté du zweigelt, variété utilisée entre autres en Autriche, et du pinot noir. Si les quantités sont suffisantes, ils tenteront le coup dès l'automne.

Bio et biodynamie

Bien qu'ils en font peu la promotion, Véronique et Michaël pratiquent une agriculture certifiée biologique depuis 2005. Ils appliquent également les principes de la biodynamie. Une façon de faire qui est devenue une évidence selon eux lorsqu'ils se sont attardés aux méthodes d'application de certains produits pour la vigne.

«C'est notre jardin, c'est l'endroit où l'on vit [leur maison est située à côté des vignes], dit l'agricultrice. Selon les instructions de certains produits [chimiques], il ne faut pas aller dans le champ sept jours suivant l'application. Mais nous, on sait très bien que les employés doivent y aller le lendemain.»

Le meilleur vigneron du Québec

L'expertise du jeune vigneron suscite d'ailleurs la fierté de ses confrères. Yvan Quirion, du Domaine St-Jacques, n'hésite pas à qualifier Michaël de meilleur viticulteur de la province.

Michaël attribue son succès à son terroir qui apporte, selon lui, un côté pur et net à ses vins. Il ajoute que la taille de son entreprise y est aussi pour quelque chose.

«Ça nous permet de ne pas couper les coins ronds, dit-il. Ça nous permet de faire les vins que l'on veut.»

Le talent du vigneron est aussi reconnu par de nombreux restaurateurs d'ici. Une centaine d'entre eux proposent les bouteilles des Pervenches sur leur carte. Cette vitrine incite aussi de nombreux clients à se déplacer au vignoble. Lors de notre passage, un couple avait parcouru les 500 km qui séparent Le Bic et Farnham afin de se procurer une caisse de la bouteille qu'ils avaient dégustée quelques jours plus tôt à l'auberge le Mange Grenouille.

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