De la prison au vignoble

C'est en 1999 que les premières vignes de... (PHOTO FOURNIE PAR FRESCOBALDI)

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C'est en 1999 que les premières vignes de vermentino et d'ansonica ont été plantées dans l'île de Gorgone.

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Plutôt que de passer leurs journées derrière les barreaux, les prisonniers de l'île de Gorgone élèvent des porcs et de la volaille, font pousser des légumes, produisent du fromage et pressent de l'huile d'olive. Depuis quelques années, ils font aussi du vin ! Ce vin, dont on produit seulement 2700 bouteilles par année, se trouve sur les grandes tables d'Italie et d'ailleurs. Mais on peut aussi l'acheter à la SAQ Signature.

C'est en 1999 que les premières vignes de vermentino et d'ansonica ont été plantées dans l'île. Le petit vignoble compte à peine deux hectares, cultivés de manière biologique. Au départ, les fruits ont servi à produire un petit jus bien discret. Puis, en 2012, le gouvernement a fait appel au géant Frescobaldi, afin qu'il veille à la production et à la commercialisation d'un vin de qualité supérieure.

La maison toscane, qui veillait déjà sur plus de 1000 hectares de vigne, a accepté d'embarquer dans ce projet un peu fou aux procédures administratives fort complexes. Pour se rendre dans l'île la plus au nord de l'archipel toscan, par exemple, il faut obtenir des permissions spéciales et prendre l'un des rares bateaux de police qui y font le voyage, à partir de la ville de Livourne.

« C'est pour la bonne cause », affirme Stefano Benini, directeur export de la maison. Le membre de la 30e génération de la famille Frescobaldi vient régulièrement à Montréal. Il était ici il y a quelques semaines, entre autres pour présenter le millésime 2014 du Gorgona.

«En Italie, les prisons débordent et nous avons un grave problème de récidivistes. Les prisonniers qui se retrouvent dans l'île sont en fin de leur peine. Ils ont souvent commis des crimes graves, mais là-bas, on leur offre la chance d'être réhabilités.»

Stefano Benini

Déjà, depuis le début du programme, trois ex-détenus auraient trouvé du travail dans des vignobles. Chez Frescobaldi, on a également l'intention d'embaucher les meilleurs candidats dans les prochaines années, le contrat entre la maison et l'État étant d'une durée de 15 ans.

Depuis que la grande dynastie toscane du vin s'en mêle, le Gorgona a pris du galon. La bouteille scellée à la cire jaune est entourée d'un beau parchemin racontant l'histoire du vin. Et le liquide en question ? Il est ample et racé, avec une petite amertume finale pas désagréable. Mais on aurait pris un peu plus d'acidité.

Le vin vaut-il 99 $ la bouteille ? Jamais de la vie ! Mais si les plus fortunés de ce monde souhaitent encourager une initiative originale et valorisante, pourquoi pas.

Marchesi de Frescobaldi Gorgona 2014, 750 ml, 99 $ (12817384)

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