Enfin un BlackBerry qu'on a le goût d'avoir

Le PDG de BlackBerry John Chen.... (PHOTO DAVE CHIDLEY, ARCHIVES PC)

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Le PDG de BlackBerry John Chen.

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Chaque personne a une réaction différente en voyant le BlackBerry Passport pour la première fois, mais c'est rarement de l'envie. Son format carré, très différent de ce à quoi on est habitués, n'est pas du genre à vous attirer spontanément. Et pourtant.

J'ai eu la même réaction la première fois que j'ai vu une photo du PDG de l'entreprise avec l'appareil en main, il y a quelques mois. J'ai changé d'idée depuis que je l'ai dans mes propres mains, soit depuis une dizaine de jours.

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Oui, j'aime l'idée de l'écran carré. Il y a l'évidence, bien sûr: plus d'espace pour afficher du contenu, que ce soit des courriels ou des documents « sérieux », notamment des feuilles de calcul. J'aime bien l'effet sur les pages Web.

Il y a aussi le moins évident. Plus large, l'appareil est à mon avis plus facile à utiliser à deux mains. Son clavier physique bénéficie aussi de l'espace supplémentaire pour élargir un peu ses boutons.

Je devine votre inquiétude: ça se glisse dans une poche? Oui, étonnamment. J'ai douté chaque fois que Samsung a agrandi ses modèles, j'ai douté encore, mais la réponse est toujours oui. À croire que les poches de jeans sont infinies. Ça se glisse dans un veston aussi, ce qui est probablement plus important compte tenu du public visé en priorité par BlackBerry. En fait, le nom n'est pas vraiment un hasard, ça a presque exactement la largeur et la hauteur d'un passeport.

Ça n'en a pas la même épaisseur, par contre, et c'est l'un des rares inconvénients de cet appareil. Je le trouve un peu épais et lourd, même si on en ressent facilement deux avantages: il semble très solide et sa batterie est énorme.

J'ai aussi remarqué qu'il devenait parfois (pas toujours), étonnamment chaud dans ma poche, au point à un certain moment de vraiment le sentir sur ma cuisse.

Le clavier

Le format n'est pas la seule originalité matérielle du Passport. BlackBerry innove aussi en rendant son traditionnel clavier physique sensible au toucher. En plus d'appuyer sur les touches comme un clavier normal, vous pouvez aussi « flatter » ces mêmes touches un peu comme vous le feriez avec le pavé tactile d'un ordinateur portable.

Cette fonction peut être utilisée de différentes façons. On peut faire défiler l'écran de haut en bas ou de gauche à droite dans une page Web, par exemple. Une « double touche » active à l'écran une sorte de bulle qui sert à placer votre curseur précisément. Un balayage vers la gauche en tapant efface le dernier mot. On peut aussi d'un simple balayage vers le haut insérer l'un des trois mots que le système nous suggère toujours au fur et à mesure que l'on tape. Le pavé tactile est alors divisé en trois zones (gauche, centre, droite) correspondant à l'espace attribué à chacune des trois suggestions affichées à l'écran.

Parlant de suggestions, celles faites par le système de BlackBerry sont toujours fameuses, les meilleures parmi tous les systèmes mobiles à mon avis, même si j'ai développé une étroite relation avec le correcteur intelligent de mon iPhone.

Notons aussi que le clavier de ce BlackBerry est en quelque sorte hybride, puisque les touches ne comportent que les lettres. Tous les signes de ponctuation, et même le bouton de majuscules, apparaissent à l'écran.

Les applications

Le Passport est le premier appareil de BlackBerry à être livré avec l'Amazon Appstore. Celui-ci donne accès à une collection de quelques milliers d'applications Android. Le choix est loin d'être aussi complet que sur le Play Store de Google, mais c'est déjà un net progrès par rapport au BlackBerry World.

On peut aussi installer à peu près n'importe quelle appli Android qu'on ne retrouverait pas dans la boutique d'Amazon « à la mitaine », à condition de trouver le fichier .apk correspondant quelque part sur les Internets. La méthode n'est toutefois pas à la portée du premier venu et, surtout, elle ouvre toute grande la porte aux applications malicieuses. Si vous vous lancez dans cette voie, faites très attention à la source de vos téléchargements.

Bref, le Passport n'offre pas toutes les possibilités d'un iPhone, d'un Galaxy ou d'un Nexus, mais il y a eu de grands progrès.

En vrac

Dès le lancement de la plateforme BlackBerry 10, j'ai aimé ce nouveau système d'exploitation certes un peu différent de ce qu'offrent iOS et Android, mais néanmoins très pratique. Son esthétisme est loin d'iOS, mais il offre certains raccourcis et fonctionnalités (dont le Hub) additionnels. Je le préfère par ailleurs à Android, si on exclut le critère non négligeable du nombre d'applications disponibles.

J'ai aussi été impressionné par l'application de cartes, dont je ne me souvenais plus vraiment. Je l'ai employée pour la première fois en voiture hier et non seulement m'indiquait-elle le chemin avec justesse, elle m'a averti (oralement) d'un bouchon et d'un accident de la circulation qui se trouvaient sur ma route.

Le haut-parleur du Passport est d'ailleurs puissant, 350 % plus que celui du S5 de Samsung, selon BlackBerry. En voiture, on l'entend donc parfaitement nous donner les instructions, même si le radio joue.

L'entreprise nous a aussi expliqué la présence d'un micro près du haut-parleur que l'on place près de son oreille pour parler au téléphone. Celui-ci a pour mission de capter les rebonds du son sur notre oreille, afin d'ajuster le volume en fonction de la proximité de celle-ci. Le tout aurait été pensé pour compenser le fait qu'il est effectivement un peu malhabile d'essayer de placer le haut-parleur d'un téléphone si large au bon endroit au-dessus de notre oreille pour bien entendre. Difficile pour moi de bien en évaluer le fonctionnement, mais je n'ai pas souffert de ne pas entendre mes correspondants lors de mes appels.

Je m'en voudrais aussi de ne pas faire mention de BlackBerry Blend, un nouveau logiciel qui s'installe sur votre PC, Mac, appareil iOS ou Android et permet d'avoir accès à distance à votre téléphone.

Dans un contexte corporatif, ce sera utile pour avoir accès sur un autre appareil aux informations (courriels, contacts, agendas, etc.) auxquels seul votre BlackBerry peut normalement accéder, pour des raisons de sécurité.

Dans un contexte plus « tous les jours », l'utilité est moins évidente, mais serait apparente si, par exemple, vous deviez oublier votre téléphone à la maison. Il serait toujours possible, depuis le travail, d'avoir accès à vos courriels, agendas, SMS ou fichiers qui y seraient entreposés.

Est-ce que le Passport permettra à BlackBerry de sortir la tête du trou? C'est certes une excellente première étape, mais avoir un bon produit pourrait très bien ne pas suffire. Je ne serais pas surpris que les grands gagnants soient plutôt ceux qui finiraient par copier ses innovations.




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