Lucian Bute mis K.-O. par Eleider Alvarez

Lucian Bute, qui aura 37 ans la semaine... (Photo Jean Marie Villeneuve, Le Soleil)

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Lucian Bute, qui aura 37 ans la semaine prochaine, menait un bon combat jusqu'à la combinaison décisive.

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(QUÉBEC) Il y a des combats qui ne sont rien d'autre que des combats. Puis il y a ceux qui sont beaucoup plus, qui ont des airs de passage du flambeau, qui sentent la fin d'une époque et le début d'une autre.

Le combat entre Lucian Bute et Eleider Álvarez, présenté devant 7842 spectateurs vendredi soir au Centre Vidéotron, était de ceux-là. La victoire impressionnante d'Álvarez, par K.-O. technique au cinquième round, vient confirmer sa place parmi les meilleurs de la boxe québécoise. La défaite de Bute, sa deuxième par K.-O., sa quatrième en carrière, avait quant à elle des airs de chant du cygne.

Comme toujours après ses revers, Lucian Bute a dit vouloir continuer. Mais pour la première fois de sa carrière, le boxeur qui aura 37 ans la semaine prochaine, a dit ne pas exclure la retraite.

« Je ne peux pas dire maintenant si je prends ma retraite. Là, je peux dire non, je ne prendrai pas ma retraite. Mais je ne sais pas ce qui va arriver après deux mois de repos. En ce moment je peux dire que j'ai envie de continuer. Mais on ne sait pas », a dit Bute (32-4-1), qui doit devenir père en mars.

« Même après 20 ans de boxe, j'ai été champion pendant cinq ans, je me suis battu 13 fois pour le championnat... mais ça fait mal, une défaite comme ça », a dit Bute.

« Toutes les défaites sont difficiles. On ne peut dire qu'une est plus dure que l'autre. C'est une défaite qui fait mal. »

- Lucian Bute

Bute espérait montrer avec ce combat qu'il avait encore sa place parmi les grands. Il a bien failli le faire : il avait bien commencé l'affrontement, et menait sur la carte de deux des trois juges au début du cinquième round.

Mais lors de ce round ultime, Eleider Álvarez, 32 ans, a réussi une superbe combinaison. Il a servi trois coups au corps de Bute pour lui faire baisser sa garde. Puis, il a enchaîné avec un moulinet de la droite, et un direct. Bute s'est écroulé, avec au visage un air perdu qui rappelait un certain soir de 2012 à Nottingham... L'arbitre a mis fin au combat.

Álvarez a donc conservé son titre d'aspirant obligatoire au titre des mi-lourds (175 livres) du WBC, détenu par Adonis Stevenson. Celui-ci doit se battre en avril contre un autre adversaire à déterminer. « Peu importe qui aura le titre, Eleider va l'affronter. Son prochain combat, c'est un combat de championnat du monde qui aura lieu en 2017 », a assuré Yvon Michel.

LA PROMESSE

Cette victoire est un soulagement pour Eleider Álvarez (22-0), qui a mis sa vie à pause, a quitté la Colombie et sa famille pour s'expatrier au Québec en 2009.

« J'ai fait une promesse à Eleider quand il a décidé de venir au Québec, a raconté son entraîneur, Marc Ramsay. Il y avait beaucoup d'offres sur la table. Moi, je lui ai fait la promesse qu'il allait se rendre en championnat du monde. Et qu'il allait gagner. Là, on se rapproche de la promesse. »

Il y avait quelque chose de symbolique dans cette victoire amplement méritée : Álvarez l'a obtenue contre un autre « boxeur immigrant », qui comme lui a fait beaucoup de sacrifices pour réaliser ses rêves.

Lucian Bute a eu l'une des plus belles carrières de toute l'histoire de la boxe québécoise. Le moment est peut-être venu de tourner la page et de quitter la tête haute. Le moment est peut-être venu de passer le flambeau.

Eleider Álvarez, lui, a montré vendredi qu'il avait de belles années devant lui. À lui, maintenant, de porter ce flambeau bien haut.




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