Conditions de travail à l'UFC: «GSP a raison»

Georges St-Pierre milite pour que les athlètes les plus... (Photo David Boily, Archives La Presse)

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Georges St-Pierre milite pour que les athlètes les plus pauvres de l'UFC bénéficient de meilleures conditions de travail.

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La sortie de Georges St-Pierre, lundi, n'était pas seulement celle d'un athlète millionnaire contre une organisation milliardaire. Elle était aussi un cri du coeur pour de meilleures conditions de travail pour les athlètes les plus pauvres de l'UFC.

La longue entrevue de St-Pierre a fait plaisir à bon nombre de personnes, notamment celles qui sont en train de travailler à la mise en place d'un syndicat des combattants. Cette initiative vise à imiter, par exemple, les hockeyeurs de la LNH, regroupés au sein de l'Association des joueurs.

« Je l'applaudis pour cette sortie. Et j'espère qu'il va nous donner son appui », a dit hier,

lors d'un entretien avec La Presse, l'avocat Lucas Middlebrook, de la Professional Fighters Association (PFA).

Dans l'entrevue accordée lundi à un site spécialisé américain, St-Pierre a dénoncé le salaire des combattants à l'UFC, notamment ceux qui n'ont pas sa renommée. Il a aussi annoncé, à la suite de négociations houleuses pour un combat retour, être devenu agent libre et ne plus être lié contractuellement à l'UFC. L'organisation a démenti le tout quelques heures plus tard.

« Je suis quand même privilégié. Je suis en santé, je suis riche, j'ai la possibilité de dire non. La plupart des autres combattants n'ont pas la possibilité de dire non. Ça revient à des gars comme moi, comme Conor McGregor, comme Anderson Silva, comme José Aldo, de nous tenir debout pour ces gars qui n'ont pas l'option de dire non », a ajouté le Québécois.

St-Pierre a aussi dénoncé le partage des revenus à l'UFC. 

« La plupart des combattants à l'UFC crèvent de faim. C'est plus facile de contrôler tes employés quand ils crèvent de faim. Si on regarde la NBA, la NFL, la LNH... les revenus sont partagés à peu près également. Mais à l'UFC, les athlètes touchent environ 10 % des revenus. »

Ce chiffre n'a jamais été confirmé par l'UFC. Les contrats des combattants sont secrets. Mais selon la PFA, St-Pierre est dans le mille.

« GSP a raison, les autres sports majeurs partagent mieux leurs revenus avec les athlètes. C'est simple, c'est parce que leurs conditions de travail ont été négociées », lance Lucas Middlebrook.

« C'est difficile de savoir exactement quel est ce partage à l'UFC, parce que c'est une entreprise privée et qu'elle n'ouvre pas ses livres. Mais nos recherches suggèrent un partage de 10 à 15 % pour les combattants », ajoute-t-il.

Une campagne en marche

La PFA a commencé cet été les démarches pour former un syndicat. L'organisme doit faire signer des cartes d'accréditation par les combattants de l'UFC. Si 30 % d'entre eux le font, un vote devra avoir lieu.

« Les cartes rentrent tranquillement. Ça ne se fera pas du jour au lendemain. Plusieurs combattants démontrent de l'intérêt, assure Middlebrook. Mais honnêtement, très peu de combattants sont sortis publiquement pour donner leur appui à la PFA, de peur de subir des représailles de l'UFC. »

Middlebrook a toutefois bon espoir d'y arriver rapidement. Il note que les conditions de travail sont si mauvaises que les combattants veulent changer les choses. À l'heure actuelle, les nouveaux combattants à l'UFC remportent 12 000 $ par combat, et doublent la mise en cas de victoire. Ils doivent passer des semaines et des mois à s'entraîner avant un combat.

« Certains de ces combattants, dans cette industrie milliardaire, perdent de l'argent, payent pour se battre, une fois qu'ils ont payé leur camp d'entraînement et leurs dépenses », explique Lucas Middlebrook.

Georges St-Pierre gagne évidemment beaucoup plus pour un combat. Mais il estime néanmoins que c'est son devoir de dénoncer ce qu'il perçoit comme une injustice.

« Dana White ne sait pas ce que c'est que d'être un combattant. Je sais ce que c'est que d'être un combattant. Je suis un combattant et je vais toujours me tenir debout pour les combattants, a dit St-Pierre lundi. À mes débuts à l'UFC, je faisais 3000 $ par combat et j'avais deux boulots en même temps. Je sais ce que c'est que d'en arracher. »

« Ce qu'on fait, ce n'est pas un jeu, c'est très dangereux. Dans la situation actuelle, la plupart des gars vont sortir de cette carrière cassés mentalement, physiquement et financièrement », a ajouté l'ancien champion de 35 ans.

Cette partie de son entrevue - cet appel à l'union des combattants - a moins retenu l'attention du public et des médias. Mais elle n'a pas échappé à Lucas Middlebrook. Celui-ci aimerait que St-Pierre appuie publiquement le projet de syndicat.

Lorsque la question lui a été posée samedi, le Québécois l'a esquivée. « Plusieurs choses sont en marche présentement. J'aimerais mieux ne pas faire de commentaires », a-t-il dit.

En juillet dernier, l'UFC a été vendue pour la somme de 4 milliards de dollars. Le nouveau propriétaire est le groupe WME-IMG, une agence qui représente de stars d'Hollywood ainsi que d'athlètes de la NFL et de la LNH.

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