Adonis Stevenson veut relancer la boxe au Canada

Adonis Stevenson (à droite) affrontera l'Américain Tommy Karpency... (Photo François Roy, La Presse)

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Adonis Stevenson (à droite) affrontera l'Américain Tommy Karpency (à gauche) au Ricoh Coliseum de Toronto le 11 septembre prochain.

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La Presse Canadienne

Adonis Stevenson et le Groupe Yvon Michel espèrent qu'en affrontant l'Américain Tommy Karpency à Toronto le 11 septembre prochain, ils pourront susciter l'intérêt du public et relancer la boxe au Canada.

Stevenson (26-1) défendra son titre des mi-lourds du World Boxing Council (WBC) contre le gaucher au Ricoh Coliseum de Toronto. Il s'agira alors de sa sixième défense du titre remporté par K.-O. dès le premier round face à l'Américain Chad Dawson en 2013. Le président de GYM, Yvon Michel, a toutefois tenu à rassurer les amateurs de boxe qui craignent de ne plus pouvoir assister à un combat de Stevenson au Québec.

«Nous ne quittons pas Montréal ni Québec, nous voulons juste apporter la boxe au reste du Canada», a expliqué Michel lors d'une conférence de presse tenue à Montréal jeudi en compagnie, notamment, de l'ex-champion du monde Lennox Lewis. Ce dernier, qui est partenaire dans l'entreprise de promotion Global Legacy Boxing (GLB) - impliquée dans l'organisation du gala «The Revival» à Toronto - a souligné l'importance de cet événement pour l'avenir de la boxe canadienne.

«Montréal a longtemps tenu seule le flambeau de la boxe au Canada, a-t-il d'abord rappelé. Je veux relever le défi et ramener la boxe à Toronto. C'est important que les amateurs de boxe canadiens réalisent que la boxe est accessible ici même, qu'ils n'ont pas à prendre l'avion pour se rendre à Las Vegas et assister à un gala.»

Ce sera d'ailleurs le premier combat de championnat à être présenté dans la Ville reine depuis la victoire du Torontois Nick Furlano contre Aaron Pryor chez les super-légers de la WBA le 22 juin 1984, au Varsity Stadium de l'Université de Toronto. Une disette de plus de 30 ans. Sauf que la tâche risque d'être dantesque pour convaincre les amateurs de boxe torontois que le duel sera relevé.

Karpency (25-4-1, 14 K.-O.) est un boxeur de 29 ans originaire de la Pennsylvanie. Son dernier combat fut le 16 mai, et il l'a emporté par décision unanime dans un affrontement de huit rounds contre Rayco Saunders. Au cours de sa carrière, Karpency a notamment subi des défaites contre Andrzej Fonfara, Nathan Cleverly et Karo Murat. Fonfara, que Stevenson a défait par décision unanime en mai 2014, a été le seul à passer le K.-O. à Karpency.

Michel a cependant rappelé que Karpency est celui qui a probablement mis un terme à la carrière de Dawson, lorsqu'il a remporté son combat par décision partagée en octobre 2014. Néanmoins, comme ce fut le cas pour ses combats précédents, «Superman» a de nouveau dû se défendre d'avoir choisi un adversaire de moindre calibre.

«Je me fous du monde qui critique, de ce qu'ils disent, a lancé Stevenson. J'ai travaillé fort pour arriver où j'en suis aujourd'hui, et personnellement je suis prêt à boxer contre n'importe qui. On me donne un adversaire qui est disponible, alors je le prends. De toute façon, il va toujours y avoir des critiques. Ç'a toujours été comme ça. Par exemple, Floyd Mayweather a battu tout le monde dans sa catégorie, et certains critiquent encore le choix de ses adversaires.»

Stevenson contre Pascal en Haïti en décembre?

L'escale torontoise de Stevenson n'est que la première étape d'un plan pancanadien, ce qui signifie que le public québécois risque de devoir patienter longtemps avant de le revoir en action au Québec. Après Toronto, Michel a indiqué que Stevenson devrait par la suite disputer ses combats suivants à Calgary et Vancouver, notamment, dans le cadre de la série Premier Boxing Champions (PBC).

«On mise beaucoup sur moi, et je suis vraiment chanceux d'être celui qu'on a retenu, a confié Stevenson. C'est sûr que je vais revenir boxer à Montréal un jour, mais présentement je souhaite boxer dans plusieurs autres villes et fonder une plate-forme pour promouvoir la boxe dans le reste du pays. Vous savez, chez les amateurs, il n'y a pas beaucoup de relève. Je veux que lorsque de bons boxeurs amateurs auront complété leur carrière, alors ils puissent profiter d'une plate-forme pour devenir des professionnels.»

Entre-temps, Stevenson et Michel ont indiqué que le pugiliste de 37 ans prévoyait réaliser un vieux rêve en se battant à Haïti «quelque part en décembre». Le projet n'est toutefois qu'à l'état embryonnaire, puisqu'aucun lieu ni aucun nom n'ont été avancés pour ce duel. Une chose est certaine, c'est qu'il ne voit pas l'autre réputé boxeur québécois d'origine haïtienne, Jean Pascal, l'affronter.

«(Pascal) suit un autre chemin. Je ne sais pas dans lequel il est, mais présentement il n'est pas de mon niveau, a lancé Stevenson, incisif. Il faut qu'il travaille pour devenir aspirant numéro 1. Vous vous rappelez, il a déjà dit que ça me prenait trois combats pour réussir à empocher autant d'argent que lui en un seul. Ç'a changé maintenant. C'est ça qui arrive quand on parle trop.»

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