Adonis Stevenson est nerveux, estime Sakio Bika

Sakio Bika et Adonis Stevenson vont disputer un combat... (Photo Yan Doublet, Le Soleil)

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Sakio Bika et Adonis Stevenson vont disputer un combat de championnat du monde des mi-lourds WBC, samedi, au Colisée de Québec.

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Martin Ouellet
La Presse Canadienne
Québec

Derrière son air détendu, Adonis Stevenson est nerveux et redoute l'issue du duel de samedi, pense son adversaire Sakio Bika.

À trois jours de leur combat de championnat du monde des mi-lourds WBC au Colisée de Québec, les deux boxeurs ont rencontré la presse locale et posé pour les photographes, mercredi. Les échanges ont été courtois, polis, presque chaleureux.

Mais pour Bika (32-6-3, 21 K.-O.), le sourire et l'allure décontractée de «Superman» Stevenson dissimulent mal sa nervosité en prévision de l'affrontement.

«Il est nerveux, il est nerveux, comme j'ai voulu dire, il a peur, il est sous pression», a déclaré à l'issue de la rencontre de presse le Camerounais installé en Australie. Je ne sais pas s'il va résister à la puissance (de mes coups) et à la pression».

Ex-champion du monde WBC des super moyens (2013-2014), «The Scorpion» Bika tentera samedi après-midi de détrôner Stevenson (25-1-0, 21 K.), qui en sera à la cinquième défense de son titre mondial obtenu par K.-O. en 2013 à Montréal, contre l'Américain contre Chad Dawson.

Bika sera en terrain hostile au Colisée mais il insiste pour dire que cela n'aura aucun impact sur l'allure du combat. La pression repose sur le champion, a-t-il martelé.

«J'ai boxé presque partout, au Japon, en Europe, aux États-Unis, en Afrique, aux quatre coins du monde. La pression ne me dit absolument rien, je suis un boxeur habitué à aller chez les gens à domicile», a affirmé l'aspirant en français.

«Il ne m'intimide pas, a-t-il ajouté. C'est un adversaire coriace, un adversaire que je vais mettre au sol».

Seulement 3500 billets ont trouvé preneurs jusqu'ici pour le gala de samedi. Sakio Bika est un boxeur talentueux et sympathique mais n'a pas le panache de Sergey Kovalev, le tombeur de Jean Pascal qui pourrait affronter Stevenson pour l'unification des titres des mi-lourds à l'automne.

Mais avant d'en arriver à ce combat ultra lucratif, Stevenson devra disposer de Bika, qui affiche 250 rounds au compteur et qui n'a jamais été couché en carrière.

Devant les journalistes, «Superman» a assuré qu'il était dans un état de préparation optimal et qu'il cherchera à passer le K.-O à son adversaire à la première occasion venue.

«Je ne me mets aucune pression, je vise le K.-O. Si ça dure 12 rounds, ça ira à 12 rounds mais moi, je regarde pour le K.-O.: K.-O. sell!», a-t-il lancé, reprenant à son compte la formule du défunt entraîneur auréolé Emmanuel Steward.

La pression et la nervosité? Connais pas, a fait comprendre le boxeur québécois, renvoyant la balle à Bika.

«C'est lui qui est vraiment nerveux parce que moi, je suis confortable, je suis bien, je suis préparé mentalement, physiquement, alors je n'ai aucun problème», a-t-il dit. Je ne sais pas à quand remonte le dernier K.-O. de Bika, à quelle année, mais ce n'est pas ça qui va m'impressionner bien bien».

Vérification faite, la dernière victoire de Bika par mise hors de combat, un K.-O. technique, remonte à 2012 contre Dyah Davis.

Plus tôt cette semaine, Stevenson a dit craindre des coups bas de la part du scorpion. Ce dernier s'est vivement défendu de boxer de façon déloyale et a mis les commentaires du champion sur le compte de la pression.

«Je ne suis pas un boxeur salaud, je suis un bon boxeur mais mes adversaires n'aiment pas la pression. Quand ils disent que je suis un boxeur salaud, c'est qu'ils ont peur un peu de la pression, peut-être est-ce une excuse, un prétexte. Je mets la pression sur mes adversaires», a-t-il soulevé.

En demi-finale du gala, les amateurs auront l'occasion de revoir à l'oeuvre le Montréalais d'origine russe Artur Beterviev (7-0-0, 7 K.-O.), un solide cogneur de 30 ans qui évolue dans la division des mi-lourds.

Classé au 7e rang de la WBC, Beterviev sera «testé» par l'ancien champion WBA (2009-2010), l'Espagnol Gabriel «The Handsome Man» Campillo (25-6-1, 11 K.-O.). L'enjeu du combat est la deuxième position au classement de l'IBF.

En décembre dernier, Beterviev avait infligé une râclée au deuxième round à l'Américain Jeff Page fils, jusque là invaincu en 15 combats.

Un autre Québécois, Kevin Bizier, sera à l'oeuvre et tentera de renouer avec la victoire depuis sa deuxième défaite par décision partagée contre son compatriote Jo Jo Dan, en décembre.

Bizier (23-2-0, 16 K.-O.) sera opposé au Français Fouad El Massoudi, qui présente une fiche de 12 victoires, quatre défaites et une seule mise hors de combat.

Les principaux combats de l'après-midi seront diffusés gratuitement sur TVA Sports et CBS.

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