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Un très bon échange

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Dans le contexte actuel de rajeunissement de l'équipe, Marc Bergevin vient de réaliser un très bon échange avec Vegas.

Bergevin obtient comme il l'espérait pour Max Pacioretty un espoir de premier plan, Nick Suzuki, 19 ans depuis un mois, 100 points en 64 matchs l'an dernier avec Owen Sound dans la Ligue junior de l'Ontario. 

Suzuki a été repêché au 13e rang lors du repêchage de 2017. Il était l'un des plus jeunes joueurs de sa cuvée (il est né cinq semaines avant Brady Tkachuk, repêché en 2018). C'est un attaquant droitier caractérisé par son intelligence et sa créativité.  

Le Canadien obtient également un choix de deuxième ronde en 2019, celui des Blue Jackets de Columbus offert aux Golden Knights dans l'échange de David Clarkson.  

Marc Bergevin acquiert en outre un attaquant certes décevant à Vegas, Tomas Tatar, mais néanmoins capable de marquer entre 20 et 30 buts par saison, et âgé de seulement 27 ans.  

Le joueur clé demeure Suzuki. Le jeune homme peut jouer à l'aile comme au centre. Il s'ajoute à un nombre désormais impressionnant d'espoirs à l'attaque: Jesperi Kotkaniemi, Ryan Poehling, Jesse Ylolen, Jacob Olofsson, William Bitten, Cole Fonstad, Allan McShane, Cam Hillis et plusieurs autres. Si cinq jeunes parmi ce groupe émergent, l'attaque sera entre bonnes mains à moyen ou long terme.  

D'autant plus que le CH compte déjà sur de nombreux joueurs de 25 ans ou moins à Montréal: Jonathan Drouin, Max Domi, Charles Hudon, Philip Danault, Artturi Lehkonen, Nikita Scherbak et Jacob De La Rose. Brendan Gallagher a 26 ans. 

Il manque encore des éléments en défense, malgré la belle progression de Victor Mete et Noah Juulsen. Kotkaniemi possède un potentiel intéressant, mais le CH regrettera peut-être de ne pas avoir repêché le jeune Quinn Hugues, le partenaire idéal pour Shea Weber ces prochaines années, un défenseur gaucher au potentiel offensif inouï.  

Marc Bergevin semble néanmoins avoir compris finalement la nouvelle réalité de la LNH. Il a enfin décidé de procéder à un rajeunissement malgré son aversion pour l'expression «reconstruction».  

En amassant les choix au repêchage, Trevor Timmins a pu sélectionner onze joueurs en juin. C'est six de plus que lors des repêchages de 2008, 2010 et 2014. Dix de ces onze joueurs ont été choisis dans les cinq premières rondes.  

Plus on repêche, plus le taux de succès augmente. Prenez le repêchage de 2013. Le jeune gardien Zachary Fucale, fort prometteur à l'époque, a échoué dans sa tentative de percer la formation et il se retrouve désormais dans l'organisation de Vegas, mais il était l'un des trois choix de deuxième ronde cette année-là. Les deux autres, De La Rose et Lehkonen, ont réussi à accéder à la LNH.  

On n'échange évidemment pas deux marqueurs potentiels de 30 buts, Galchenyuk et Pacioretty, sans en ressentir les effets à court terme. Malgré les belles paroles des joueurs et de la direction ce matin au tournoi de golf, il faudra être patient. Les attentes doivent demeurer modestes pour 2018-2019.  

Malgré son potentiel, Kotkaniemi ne semble pas prêt à affronter les rigueurs de la LNH. Encore trop frêle, trop jeune. Lui aussi était l'un des plus jeunes joueurs de sa cuvée. Une année à Laval avec un extraordinaire pédagogue comme Joël Bouchard l'aiderait à progresser.  

Poehling, le choix de première ronde du Canadien en 2017, devrait rejoindre le club l'an prochain après sa troisième saison dans la NCAA. Suzuki aura une année supplémentaire d'expérience chez les juniors, et probablement un Championnat mondial junior à son palmarès.  

Domi, Drouin, Hudon, Lekhonen, Mete et Juulsen auront un an de plus. Shea Weber entamera la saison 2019-2020 dès le début, contrairement à cette année, et continuera d'assumer son leadership tranquille, entouré d'une bande de gazelles. Carey Price sera encore dans la force de l'âge.  

Marc Bergevin a fait une déclaration intéressante lors de son interview avec Marc Denis sur les ondes de RDS ce week-end: «Rick Dudley m'a appris quand j'ai commencé comme dépisteur en 2005 que si un jour je devenais directeur général, de ne jamais faire d'échanges pour sauver mon job. C'est une chose que j'ai toujours eue en tête.» 

En respectant ce principe, Marc Bergevin est peut-être en train justement de sauver son job.




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