Vote sur le déni d'intérêt: quatre questions pour comprendre

La LNH approche du point de rupture, celui... (Photo: AP)

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La LNH approche du point de rupture, celui où on doit conclure une nouvelle entente avec les joueurs afin de pouvoir présenter une saison de 48 matchs, un minimum auquel tient mordicus le commissaire Gary Bettman.

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C'est aujourd'hui que doit se conclure le vote de l'Association des joueurs de la Ligue nationale de hockey sur la proposition du déni d'intérêt, un vote qui, dit-on, sera majoritairement en faveur de ladite proposition. Qu'est-ce que cela représente dans le cadre de l'actuel conflit de travail qui oppose les joueurs aux propriétaires? Nous avons posé nos questions à l'avocat Mathieu Fournier, ancien joueur de hockey junior devenu avocat exerçant en droit du travail.

Q: À quoi peut servir le déni d'intérêt aux joueurs dans cette cause?

R: C'est une notion éminemment différente de ce qu'on a ici... Ce que je comprends, c'est que les joueurs peuvent ainsi mettre une très forte pression sur les propriétaires de la Ligue nationale. Si le syndicat des joueurs disparaît, il va y avoir une pression sur les dirigeants, et les tribunaux auront à trancher. Si le syndicat disparaît, c'est le modèle qui change. Les joueurs, individuellement, pourraient prendre des recours contre les propriétaires.

Q: Dissoudre le syndicat, pour les joueurs, c'est avant tout une menace?

R: Mais c'est une menace bien réelle. En plus, à l'avenir, même si le syndicat disparaissait, rien n'empêcherait les joueurs d'en créer un autre. Alors, c'est une menace, oui, mais dans le sport en Amérique du Nord, ce serait une première. Les joueurs des autres ligues ne sont jamais allés aussi loin. Je ne crois pas que ce sont des paroles en l'air de la part des joueurs; d'ailleurs, la ligue a répliqué [la semaine dernière] en cour en voulant prouver la légalité du lock-out. S'il n'y a plus de syndicat, c'est dur de faire reconnaître la légalité d'un lock-out.

Q: Pour les joueurs, dissoudre le syndicat et aller en cour pour contester la légalité du lock-out, ça prendrait beaucoup de temps?

R: Ici, les délais sont assez longs. Aux États-Unis, je ne sais pas. Peut-être que cette cause pourrait être entendue en urgence? Ce qui est sûr, c'est que ça engendrerait plusieurs poursuites. J'imagine que c'est une bataille judiciaire qui prendrait beaucoup de temps. Si les joueurs vont de l'avant avec cette menace, ils savent sans doute que ça va mener à l'annulation de la saison.

Q: Les joueurs et les propriétaires peuvent-ils vraiment se lancer dans une telle guerre juridique?

R: Le modèle actuel de la LNH fonctionne, et je crois qu'il va rester. Dans le sport nord-américain, une telle bataille devant les tribunaux, ce serait une première. Je ne suis pas sûr que les joueurs ou les propriétaires ont le goût d'être des précurseurs à ce chapitre. Les répercussions, ça se mesurerait en pertes de plusieurs dizaines de millions de dollars, en incluant les pertes indirectes comme les revenus de télé et les revenus aux guichets. Et quelle serait la réaction des partisans? La dissolution du syndicat, c'est une arme de destruction massive pour faire bouger les propriétaires... Je pense que le prix à payer serait immense pour les deux parties.

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