Le «Gros Bill» marque encore l'imaginaire collectif

Les joueurs du Canadien Max Pacioretty, David Desharnais... (Photo Ryan Remiorz, PC)

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Les joueurs du Canadien Max Pacioretty, David Desharnais et Pierre-Alexandre Parenteau ont offert leurs condoléances à la femme de Jean Béliveau, Élise, lundi matin.

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Alexandre Geoffrion-McInnis
La Presse Canadienne

Le décès de Jean Béliveau a endeuillé des générations d'amateurs de hockey, et il a aussi rappelé à quel point le Canadien est une grande famille dont les liens sont tissés serrés.

Guy Lafleur, Serge Savard, Stéphane Richer, Vincent Damphousse et Donald Audette ont tous tenu à rendre un dernier hommage à celui qui était considéré par plusieurs comme étant «le plus grand capitaine de l'histoire» lundi. Le plus ému semblait toutefois être Lafleur, qui a rendu visite à son vieil ami en fin d'après-midi.

«C'était une idole de jeunesse. Toute mon enfance j'ai porté le no 4, a confié «Flower', qui avait les larmes aux yeux et le trémolo dans la voix. J'ai eu la chance de le rencontrer à l'âge de 10 ans, et ça m'avait énormément marqué. J'ai essayé tout au long de ma carrière d'être à son image. Ç'a été très difficile, bien qu'il ait été une grande source de motivation.»

Le «Démon Blond» a d'ailleurs rappelé que c'est M. Béliveau qui avait accueilli Lafleur chez lui quand celui-ci est arrivé avec le Canadien au début de sa carrière.

«Quand je suis arrivé à Montréal en 1971, la famille Béliveau m'a hébergé pendant deux semaines, a-t-il poursuivi. Son épouse (Élise) m'a aidé à trouver un appartement à Longueuil. Vous savez, lorsque j'étais assis devant mon idole au déjeuner, je ne parlais pas beaucoup. C'était vraiment impressionant. Ç'a été comme une famille pour moi.»

Damphousse, le dernier capitaine québécois du Canadien, fut l'un de ceux qui ont grandement profité du riche héritage de la plus vieille concession du hockey professionnel. Comme pour Lafleur, l'homme de 46 ans s'est d'ailleurs inspiré de M. Béliveau lorsqu'on lui a accordé le privilège de porter le «C' sur son chandail à compter de 1996.

«C'était vraiment la façon qu'il avait de se comporter à l'extérieur, avec les médias et les amateurs, qui m'a frappée, a mentionné Damphousse. Ça m'a beaucoup aidé dans mon rôle de capitaine. Je me suis fait un devoir de l'imiter, parce que ça fait partie du rôle de capitaine ici. Il faut respecter ce que les autres avant nous ont fait.»

Savard, un autre ex-coéquipier qui a joué pendant quatre saisons avec M. Béliveau, a admis après avoir rencontré la famille du défunt qu'il venait de vivre de dures semaines. L'homme de 68 ans a notamment honoré la mémoire de l'ex-joueur du CH Carol Vadnais, qui est décédé d'un cancer un mois avant son 69e anniversaire, le 31 août dernier.

«C'est difficile de voir partir de si grands joueurs, a-t-il confié, visiblement ému. Dans mon cas à moi, en plus de Jean Béliveau et Gilles Tremblay, j'ai perdu Carol Vadnais, qui est parti il y a déjà quelques semaines. Carol était un, sinon mon meilleur ami. C'était comme un frère. Ce sont des périodes difficiles, quand on voit tout ce monde-là partir.»

Au-delà des performances sportives du «Gros Bill», c'était son côté humain qui a contribué à le placer sur un piédestal. Audette, qui a été victime d'une profonde lacération de l'avant-bras gauche il y a une dizaine d'années alors qu'il était avec le Canadien, s'est souvenu des mots d'encouragements de M. Béliveau lors de sa pénible convalescence - comme le ferait un père pour son fils.

«Vous savez, c'est une grande famille le Canadien de Montréal, a-t-il tenu à dire. Et quand tu embarques dedans, avec des personnes comme lui et M. Lafleur, au fond tu essaies avec les jeunes aujourd'hui de leur inculquer les mêmes valeurs.»

De nouveaux adeptes

La chapelle ardente organisée par le Canadien était également l'occasion pour plusieurs d'entre eux de célébrer sa vie et de convertir de nouveaux adeptes.

Bravant le froid mordant qui sévissait devant l'entrée principale du domicile du Tricolore situé sur l'avenue des Canadiens-de-Montréal, quelques centaines d'amateurs ont fait la file dès l'aube afin de rendre hommage à M. Béliveau. Si la majorité d'entre eux avaient la tête grise - et l'avaient probablement vu donner des coups de patin au Forum - quelques petites familles s'étaient aussi déplacées pour l'événement.

Parmi elles se trouvait celle de Sacha Cevahirciyan, qui a décidé de prendre congé lundi afin d'assister à l'événement en compagnie de sa femme, Anna, et de leur fille de quatre ans et demi, Maya.

«On est des partisans du Canadien, a confié M. Cevahirciyan. Mon grand-père est allé aux funérailles de Howie Morenz en 1937 quand il était jeune. Donc je voulais créer le premier moment (de ma fille) au Centre Bell. Ce sera une belle opportunité, une belle expérience pour elle de voir Jean Béliveau et sa famille.

«Jean Béliveau, c'est un des piliers de l'histoire du Canadien. Avec lui, on a gagné 17 coupes Stanley, dont 10 quand il était sur la patinoire, et il fait partie de l'histoire de Montréal. Donc j'ai pris ma journée de congé et j'ai sorti (Maya) de la garderie pour vivre ce moment-là avec elle. C'est un beau moment en famille.»

La chapelle ardente en l'honneur de M. Béliveau, décédé mardi soir à l'âge de 83 ans, s'est poursuivie lundi jusqu'à 18 h. Les funérailles nationales de M. Béliveau seront célébrées mercredi, à la Cathédrale Marie-Reine-du-Monde.

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