L'acquisition de Gomez: quel impact?

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Le contrat de Scott Gomez atteint la somme de 25,5 millions US pour les quatre prochaines années.

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J'ai longtemps cru que Bob Gainey avait réussi un bon coup en allant chercher Scott Gomez. Lentement mais sûrement, je suis en train de changer d'avis. Et ça n'a rien à voir avec les trois petits points de Gomez en 11 matchs.

Résumons. En juin 2009, Gainey décide qu'il a besoin d'un joueur d'impact pour relancer son club. Peut-être ébranlé par ses échecs du passé sur le marché des joueurs autonomes, il discute avec les Rangers de New York afin de mettre la main sur un gros nom, Scott Gomez. La discussion n'est pas bien longue puisque les Rangers ne veulent plus rien savoir de Gomez... et du salaire qui vient avec.

Au final, les Rangers refilent le joueur américain au CH, en plus de Tom Pyatt, en retour de Chris Higgins, Ryan McDonagh et Pavel Valentenko.

Oui, j'ai longtemps cru qu'il s'agissait d'un bon coup. Pour plusieurs raisons. Un, cet échange a permis de sortir Chris Higgins de Montréal, un joueur nettement surévalué, et en plus, une mauvaise influence dans le vestiaire. Mais surtout, j'ai cru que l'échange de Gomez avait ensuite permis au CH d'attirer des joueurs autonomes de renom: Mike Cammalleri, Brian Gionta, et Hal Gill (j'oublie volontairement et gentiment le nom de Jaroslav Spacek).

De toute évidence, cette théorie relève bien plus du mythe que de la réalité.

«Hal Gill n'a pas accepté l'offre du Canadien à cause de Scott Gomez, m'a expliqué son agent Mark Witkin. Bien avant que Gomez n'arrive à Montréal, Hal avait déjà décidé qu'il voulait jouer pour le Canadien. Parce qu'il aimait la ville, parce qu'il aimait l'organisation. Ça n'avait rien à voir avec Scott Gomez.»

Brian Gionta, pourtant un bon ami de Gomez, m'a confié sensiblement la même chose lui aussi.

«L'échange impliquant Scott n'a jamais affecté ma décision, m'a confié le capitaine. Je voulais jouer pour le Canadien de toute façon. Bien sûr, l'acquisition de Scott laissait croire à un changement de direction, ça prouvait que le club voulait gagner tout de suite. Mais ça n'a pas influencé ma décision.»

L'autre erreur du Canadien dans cette affaire aura été de croire que Gomez est un joueur d'impact. Bien sûr, il est payé comme tel. Mais les chiffres ne mentent pas: au cours des quatre dernières saisons, le joueur de centre a franchi le cap des 70 points une seule fois.  

Pierre McGuire, l'un des analystes de hockey les plus respectés dans le milieu, estime que le Canadien a commis une gaffe de taille en acceptant la proposition des Rangers.

«Tous les dirigeants de la LNH étaient en état de choc quand cet échange-là a été annoncé, soutient-il. Je ne connais pas un seul directeur général qui pensait que les Rangers allaient être capables d'échanger Scott Gomez. Pas un.»

Le plus gros défaut de Gomez, c'est évidemment son salaire. Le Canadien est pris avec cet énorme contrat qui vaut 25,5 millions US pour les quatre prochaines années. On ajoute à ces chiffres monstrueux une production en déclin, et on réalise que le joueur d'impact a plutôt un impact négatif sur son équipe.

Sans compter que Ryan McDonagh et Pavel Valentenko, les deux espoirs envoyés aux Rangers dans la transaction, pourraient avoir une belle carrière dans la Ligue nationale, selon Pierre McGuire.

«McDonagh joue présentement dans la Ligue américaine, mais il va jouer dans la Ligue nationale cette saison. Je crois qu'il va devenir un bon quatrième défenseur dans cette ligue. Il est un peu comme François Beauchemin, mais avec un meilleur coup de patin. Valentenko, lui, peut devenir un troisième ou un quatrième défenseur, mais il va falloir qu'il apprenne à mieux se comporter à l'extérieur de la patinoire.»

Au bout du compte, la venue de Scott Gomez n'a pas changé grand-chose, même si Mike Cammalleri répète toujours que c'est à cause de Gomez qu'il a accepté l'offre du CH. «Mike est un gars de Toronto, rappelle Pierre McGuire. Si les Leafs lui avaient offert autant d'argent, peut-on vraiment croire qu'il serait venu à Montréal? Cammalleri et Gionta ont accepté l'offre du Canadien parce qu'ils ne pouvaient pas avoir autant d'argent ailleurs. Le Canadien leur a donné une année de contrat de plus que n'importe quel autre club, et un million de dollars de plus par saison également. Personne d'autre ne voulait leur offrir des contrats comme ça.»

Le Canadien va devoir apprendre à vivre avec Scott Gomez, parce qu'il est ici pour encore longtemps. Pourra-t-il redevenir celui qui avait récolté 84 points il y a cinq ans? C'est la grande question.

Et le Canadien a bien hâte de connaître la réponse.

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Le directeur général des Maple Leafs de Toronto, Brian Burke.

Photo: Bernard Brault, La Presse, archives

Burke est prêt pour un échange

Imaginez un peu Pierre Gauthier qui affirme publiquement qu'il est disposé à procéder à quelques échanges. Impensable, non? Tout d'abord parce que Gauthier s'adresse aux médias environ deux fois par année, mais aussi parce que les DG de cette ligue, généralement, ne sont pas du genre à livrer leurs secrets.

C'est pourtant ce que Brian Burke a fait.

En pleine radio la semaine dernière, le directeur général des Maple Leafs de Toronto a clairement laissé savoir qu'il est prêt à faire des échanges. Je sais bien que les joueurs sont grassement payés, mais quand même... un DG qui dit ça comme ça, ce n'est sans doute pas très bon pour le moral du club, non?

«Ça fait plusieurs années que je joue pour Burkie, et il a toujours été prêt à brasser des affaires, me racontait au téléphone le gardien Jean-Sébastien Giguère. Il est comme ça, toujours prêt à améliorer son équipe. Alors, je ne suis pas surpris de savoir qu'il a dit ça. C'est comme ça que ça marche dans cette ligue.»

Reste à voir si les Leafs vont bouger ou non. Le club à la feuille d'érable connaît un bon début de saison, même s'il vient de subir deux défaites de suite. Pas si mal pour une bande que tous les experts, ou presque, voyaient en 15e place.

Jean-Sébastien Giguère, lui, n'est pas surpris.

«On avait  bien joué en fin de saison dernière, note-t-il. On a fait quelques échanges depuis, on a ajouté trois ou quatre bons joueurs à notre équipe, et ça paraît. On est plus compétitifs cette saison. Notre force, c'est notre défense. On ne donne pas beaucoup de chances de marquer.»

Du reste, le gardien québécois ne s'en fait pas avec son statut au sein de l'équipe.

«Il faut être réaliste, il y a un jeune gardien ici (Jonas Gustavsson), et il va jouer souvent. Je me contente d'être prêt. C'est un rôle différent pour moi, mais ça me convient. Quant à savoir qui est le gardien numéro un du club, je ne porte pas trop attention à ça. J'ai assez d'expérience pour savoir que ça change vite dans cette ligue.»

Martin Biron... (Photo: PC) - image 3.0

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Martin Biron

Photo: PC

Pourquoi Alex Auld et pas Martin Biron?

Juste avant l'ouverture du marché des joueurs autonomes cet été, les Islanders de New York ont donné la permission à Martin Biron de discuter avec d'autres équipes. Biron est un gars d'ici, il avait presque éliminé le Canadien à lui seul il y a deux ans. Pour toutes ces raisons, je croyais bien que Pierre Gauthier allait tout faire pour aller le chercher et lui donner le rôle de substitut derrière Carey Price cette saison.

Mais ce n'est pas arrivé. En fait, à peine une minute après l'ouverture du marché des joueurs autonomes, le 1er juillet, Biron disait oui à un contrat de deux ans (875 000$ par saison) avec les Rangers.

Ce qui ne veut pas dire que Biron ne voulait pas venir jouer à Montréal. Bien au contraire.

«En fait, il était intéressé à jouer pour le Canadien, m'a confirmé son agent Mark Witkin. Mais Martin ne voulait pas attendre. Il savait très bien que pour les gardiens, cet été, le marché allait être très hasardeux. C'est comme le jeu de la chaise musicale; tu attends, tu attends, et à la fin, tu n'as plus de place. Martin ne voulait pas prendre cette chance.»

Ceci explique cela. J'insiste pareil: Pierre Gauthier aurait pu prendre les devants dans ce dossier. Entre Biron et Alex Auld, le choix, il me semble, ne faisait aucun doute. Même si Auld en a volé une l'autre soir à Uniondale.

Hal Gill... (Photo: Bernard Brault, La Presse) - image 4.0

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Hal Gill

Photo: Bernard Brault, La Presse

Hal Gill veut rester à Montréal

Mark Witkin est aussi l'agent du défenseur Hal Gill. Le vétéran de 35 ans, on le sait, est sans contrat en vue de la prochaine saison.

Mais Witkin assure que Gill ne veut pas quitter Montréal.

«Je pense que oui, Hal aimerait rester avec le Canadien, a affirmé l'agent. Si les dirigeants du club veulent nous soumettre une nouvelle offre cette saison, nous allons discuter. Je pense que Hal peut jouer pendant encore trois ou quatre ans. Quand un club approche un joueur en cours de saison, des fois, ça peut faciliter les négociations.»

Pierre Gauthier n'a toujours pas contacté l'agent de Hal Gill pour discuter affaires. Le fera-t-il lors de la saison? On le sait, ce n'est pas le style de la maison.

«Hal aime la ville de Montréal, il aime ses coéquipiers, a ajouté Mark Witkin. Alors oui, je crois qu'il aimerait poursuivre sa carrière avec l'équipe. On verra bien.»

Reste à voir si l'équipe souhaite le revoir la saison prochaine.

La citation de la semaine

«Le docteur a compris ce que je désirais. Je lui ai dit que je me balançais pas mal de savoir si j'allais pouvoir marcher dans cinq ans, mais que je voulais jouer au hockey pour les cinq prochaines années».

Le gardien Ray Emery sur ESPN.com. Emery essaie de se remettre d'une délicate opération à la hanche, et espère toujours effectuer un retour dans la LNH.

La statistique digne d'intérêt

La fiche de Tim Thomas à ses six premiers matchs devant le filet des Bruins cette saison: 6-0-0.Qui a dit que ce gars-là était fini?

Le bout d'information digne d'intérêt

Bruno Gervais est d'ordinaire défenseur, mais vendredi soir face au Canadien, le joueur des Islanders s'est retrouvé à jouer en attaque. Gervais n'avait pas joué comme attaquant une seule fois au cours des 14 dernières années...

À l'extérieur de la patinoire...

> La saison des Cowboys de Dallas était terminée bien avant la blessure à Tony Romo. Mais dimanche face aux Jaguars de Jacksonville, on a vu une équipe qui a carrément abandonné. Et on a vu une défense en déroute. Face à cette défense-là, j'ai l'impression que JaMarcus Russell pourrait obtenir 400 verges de gains.

> Brett Favre en est probablement à sa troisième saison de trop.

> Randy Moss à son retour à Foxboro, dimanche: un attrapé pour huit verges de gains. Rien d'autre à ajouter, votre honneur.

> La citation de la semaine dans la NFL nous vient de Mike Shanahan, entraîneur des Redskins, après avoir envoyé Donovan McNabb sur le banc au profit de Rex Grossman face aux Lions de Detroit, dimanche: «Je croyais qu'il nous offrait la meilleure chance de gagner», a-t-il dit, en parlant de Grossman. À la place de McNabb, me semble que je serais un peu froissé.

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