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Steven Stamkos ne devrait pas être de retour cette saison

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Steven Stamkos amorcera mardi sa rééducation à la suite d'une opération visant à enrayer un problème de caillot sanguin.

Photo Mark Blinch, Reuters

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John Chidley-Hill
La Presse Canadienne
Toronto

Même si le Lightning de Tampa Bay atteint la finale de la Coupe Stanley, deux experts doutent que Steven Stamkos soit prêt à effectuer un retour au jeu à ce moment-là.

Sa rééducation à la suite d'une opération visant à enrayer un problème de caillot sanguin et qui aurait nécessité le retrait d'une côte, le 4 avril dernier, devrait commencer au moment où le Lightning sautera sur la glace pour le quatrième match de sa série contre les Red Wings de Detroit, mardi.

Raj Suppiah, un physiothérapeute qui a aidé d'autres athlètes à se remettre d'un caillot sanguin, dit qu'il est primordial pour Stamkos d'amorcer immédiatement sa récupération.

«Je tente de promouvoir une mobilisation précoce à la suite d'une intervention chirurgicale, a indiqué Suppiah, propriétaire et directeur de Foundation Physiotherapy, à Toronto, et associé professionnel à l'Université McMaster, de Hamilton. Nous tentons de nous assurer que les patients ne demeurent pas immobiles. Nous voulons qu'ils bougent le plus rapidement possible, car nous voulons que le sang circule et que les articulations bougent.

«Nous voulons également nous assurer qu'il n'y a pas trop de cicatrisation, car nous pouvons développer beaucoup de tissus cicatriciels près des zones opérées. Plus il y a de tissus cicatriciels, moins il y a de mobilité.»

Le Dr Thomas Forbes, chirurgien vasculaire au Centre cardiaque Peter-Munk de Toronto, croit que Stamkos a développé ce caillot à l'épaule droite en raison de traumatismes répétés subis par la veine. Le vaisseau affecté se trouve entre la clavicule et la première côte. Il est sans équivoque compressé, voire même cicatrisé, à chaque fois que Stamkos lève son bras droit au-dessus de son épaule, ce qu'il a fait des milliers de fois dans sa vie en prenant son élan pour un lancer frappé.

«L'un des collègues a dit à la blague que ça doit venir de ses célébrations après avoir marqué. Il doit marquer moins souvent, a raconté Forbes. Ce ne sont pourtant pas aux hockeyeurs auxquels vous pensez quand vous songez aux athlètes qui travaillent à bout de bras et qui développent habituellement des caillots. Ce sont plutôt les lanceurs au baseball et les joueurs de volleyball qui viennent en tête.»

L'effet de cette compression entre la clavicule et la première côte est ressentie par «le commun des mortels» quand on dort avec un bras au-dessus de notre tête. Les picotements alors renssentis sont causés par l'écrasement de la veine par les deux os. En retirant la côte, la clavicule ne peut plus resserrer le vaisseau sanguin.

Le caillot développé par Stamkos est bien différent de ceux dont ont souffert Pascal Dupuis, Tomas Vokoun et Kimmo Timonen. Dupuis a dû prendre sa retraite à la suite de complications provoquées par une importante intervention chirurgicale au genou, qui ont entraîné un caillot aux poumons. Vokoun souffrait d'une condition génétique qui s'est détériorée en raison des nombreux voyages, tandis qu'un tir bloqué jumelé à un désordre sanguin héréditaire ont tenu Timonen à l'écart du jeu.

La récupération d'une blessure comme celle qu'a subie Stamkos comprend quatre étapes.

Premièrement, les médecins administrent un médicament pour dissoudre les caillots directement dans la veine affectée, le point d'entrée se situant dans l'aisselle, entre la clavicule et la cage thoracique. Deuxièmement, l'intervention chirurgicale retirera une portion de la première côte, un os en forme de C de la taille de l'index au pouce d'un adulte, afin d'éviter de futurs traumatismes et la formation de nouveaux caillots.

Troisièmement, le patient est soumis à un traitement d'anticoagulants qui peut durer jusqu'à trois mois. Il est fort improbable qu'un hockeyeur soit autorisé à jouer, voire même s'entraîner, tout en prenant des anticoagulants puisque toute hémorragie interne à la suite d'une mise en échec ou d'une chute serait alors beaucoup plus dangereuse.

Finalement, un physiothérapeute guidera le patient au travers une série de mouvements visant à prévenir la cicatrisation et la restauration de la masse musculaire dans la région opérée. Dans le cas de Stamkos, cela pourrait signifier de réapprendre à décocher un lancer frappé.

«Même si l'épaule ne sera peut-être pas remise à 100 pour cent, il y a beaucoup d'autres muscles qui peuvent reproduire le mouvement d'un lancer frappé, a expliqué Suppiah. L'effet produit par le lancer frappé peut provenir du mouvement du tronc. Les muscles du haut du dos sont également très impliqués dans ce geste sportif.

«Si on peut faire en sorte que ces muscles compensent pour que ceux des épaules n'apporteront plus, il pourrait même disposer d'un tir plus puissant.»

De ne pas avoir d'effets secondaires après cette opération sera la principale source d'inquiétudes pour Stamkos, qui doit devenir joueur autonome sans compensation en juillet et qui a déjà été nommé au sein de la formation canadienne en vue de la Coupe du monde de hockey de septembre.

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