Yvan Cournoyer dit avoir perdu son idole

Yvan Cournoyer dans l'uniforme du Canadien en 1973.... (Archives La Presse)

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Yvan Cournoyer dans l'uniforme du Canadien en 1973.

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Michel Lamarche
La Presse Canadienne
Montréal

Pendant la quinzaine de saisons qu'il passées dans l'uniforme du Canadien de Montréal, Yvan Cournoyer a été reconnu comme l'un des patineurs les plus électrisants de son époque. Or, selon celui qui a hérité du surnom de «Roadrunner», Gilles Tremblay était dans une classe à part à cet égard.

L'ancien marchand de vitesse du Canadien a appris la nouvelle du décès de Tremblay vers 15h30, mercredi, alors qu'il descendait de l'avion après un périple à Winnipeg. La tristesse était encore bien audible dans sa voix lorsque La Presse Canadienne l'a rejoint à son domicile, en début de soirée.

«J'ai perdu mon idole. Gilles Tremblay était mon idole. J'étais avec le Canadien junior et je regardais Gilles Tremblay patiner, et je trouvais que c'était de toute beauté à voir. Il avait un coup de patin fantastique. C'est pour ça que j'ai toujours aimé Gilles Tremblay et sa façon de patiner.

«Quand je suis arrivé avec le Canadien, je lui ai demandé s'il faisait des efforts pour patiner car c'était tellement naturel», a enchaîné l'ancien ailier droit vedette, dont la carrière à Montréal a commencé trois ans après celle de Tremblay.

Il y a un peu plus de 50 ans, Cournoyer a vécu l'un des grands moments de sa carrière de hockeyeur alors qu'il a eu l'occasion de disputer son premier match dans la LNH, au sein d'un trio que pivotait Robert Rousseau et que complétait Tremblay, sur le flanc gauche.

En rendant hommage à son bon ami, mercredi, Cournoyer se souvenait des détails comme si l'événement remontait à quelques jours ou quelques semaines à peine. C'était en novembre 1963.

«Il (le Canadien) m'avait appelé pour aller jouer à Detroit. Gilles était blessé et il revenait au jeu ce soir-là. Nous étions partis ensemble. J'avais 19 ans à l'époque et Gilles était mon guide car je n'étais jamais allé à Detroit. Ce soir-là, on avait gagné 7-3», s'est remémoré l'ancien numéro 12 du Tricolore.

Lors de ce premier match, Cournoyer avait d'ailleurs trouvé le fond du filet.

«J'ai toujours dit que j'avais obtenu le filet victorieux, car j'ai marqué le 7e but!», lance-t-il, en rigolant.

S'il peut être difficile d'extrapoler sur les statistiques finales d'un joueur dont la carrière est écourtée par les blessures ou une santé déficiente, ce n'est pas le cas pour Tremblay, du moins aux yeux de Cournoyer.

«Il aurait pu être au Temple de la Renommée, affirme-t-il sans une seule seconde d'hésitation. Il était l'un des excellents joueurs du Canadien, surtout défensif, mais aussi offensif. Il n'avait pas la chance de jouer régulièrement sur le jeu de puissance, mais Gilles était le genre de joueur qu'un entraîneur aime avoir dans son équipe. C'était un gars régulier, qui se donnait à 100 pour cent», énumère Cournoyer, non sans oublier les nombreuses missions où Tremblay devait épier les moindres faits et gestes des plus grands ailiers droits rivaux, incluant Gordie Howe.

Cournoyer avait été attristé de voir la carrière de Tremblay se terminer aussi hâtivement, mais il a été heureux de le voir connaître autant de succès derrière le micro.

«C'est dur à accepter, car on est là et on assiste à la transition, a noté Cournoyer en se rappelant le jour où son complice avait été contraint d'accrocher les patins. Mais j'étais content pour lui, car il a très bien fait à la radio et à la télévision. On peut dire que c'est une deuxième carrière qu'il a très bien réussie.»

Si Tremblay a si bien négocié cette seconde phase de sa vie professionnelle, c'est parce qu'il était apprécié de tous, selon Cournoyer.

«Gilles est un homme qui respectait beaucoup les joueurs et les joueurs le respectaient beaucoup. Il n'y a personne qui détestait Gilles Tremblay. Tout le monde l'aimait.»

Cournoyer sait aussi que Tremblay a consacré beaucoup d'efforts pour devenir une voix crédible et respectée à La Soirée du Hockey.

«Il a fallu qu'il travaille très fort. Gilles se donnait à 100 pour cent avec le Canadien et comme commentateur, il faisait la même chose. Il a voulu apprendre. Gilles était un travaillant, et je savais qu'il allait réussir.»

Le bureau de la LNH, par l'entremise du commissaire Gary Bettman, n'a pas manqué de souligner l'apport de Tremblay à la LNH.

«Un ailier efficace des deux côtés de la patinoire, Gilles a contribué à quatre conquêtes de la coupe Stanley entre 1965 et 1969. Pendant ses 27 années à La Soirée du Hockey, dont plusieurs au sein d'une formidable équipe avec René Lecavalier, l'expertise de Gilles a permis de relater à un auditoire de partout au pays les faits marquants de centaines de matchs et de huit autres titres du Canadien. Nous acheminons nos sincères condoléances à la famille et aux amis d'un homme qui a apporté beaucoup de dignité et de professionnalisme à ses tâches, sur la glace et à l'extérieur.»

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