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Statistiques avancées dans la LNH: la guerre des chiffres

Les organisations des Maple Leafs et des Devils... (Photo: Reuters)

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Les organisations des Maple Leafs et des Devils ont toutes les deux récemment engagé des analystes de données.

Photo: Reuters

Kyle Dubas, Sunny Mehta, Eric Tulsky... Ces noms ne diront rien à l'amateur de hockey moyen, mais dans les cercles de la Ligue nationale, ils sont synonymes d'une ère nouvelle.

Les statistiques avancées fascinent bon nombre de partisans et d'experts du monde du hockey, mais voilà que les équipes de la LNH reconnaissent de plus en plus leur utilité.

Les Maple Leafs de Toronto ont recruté la semaine dernière Dubas, directeur général des Greyhounds de Sault-Sainte-Marie, au poste d'adjoint au directeur général. Dubas est vu comme un gourou des statistiques, même si son travail de DG dans les rangs juniors était nettement plus complexe.

Mehta, qui s'est notamment fait connaître comme blogueur, vient d'être embauché par les Devils du New Jersey comme analyste de données. Tulsky refuse quant à lui de dévoiler l'identité de son nouvel employeur, mais ce blogueur a lui aussi été engagé par une équipe de la LNH.

Kyle Dubas... (Photo: PC) - image 2.0

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Kyle Dubas

Photo: PC

Les Penguins de Pittsburgh ont récemment embauché Jason Karmanos pour «remodeler l'analyse de données». À Detroit, Mike Babcock a affirmé assister à plusieurs présentations sur le sujet.

«L'analyse de données semble être le mot à la mode (buzz word), mais ça fait longtemps qu'on parle de statistiques», explique le DG des Devils, Lou Lamoriello.

«C'est un peu la saveur du mois, les équipes en parlent beaucoup plus publiquement», ajoute son homologue des Stars de Dallas, Jim Nill.

La publication par la LNH, depuis 2007-2008, d'un rapport détaillé de chaque action d'un match, avec la liste des joueurs sur la patinoire pour chacune d'elles, a rendu possibles des analyses statistiques plus poussées.

Et, selon Nill, un autre facteur a contribué à leur essor.

«Dans le contexte du plafond salarial, tout le monde part à égalité, donc on essaie de trouver le 1% qui peut nous démarquer des autres. Il faut commettre le moins d'erreurs possible, et ces chiffres sont un outil de plus pour notre compréhension.»

Résultats concluants

Nill fait partie de ces dirigeants d'équipe qui s'intéressent aux Corsi, Fenwick et autres indicateurs de possession de rondelle. Et dans une entrevue récente au Sporting News, il a même admis qu'il consultait les blogues et sites internet de statistiques avancées.

C'est que les résultats des dernières années donnent de la crédibilité à ces chiffres. Comme l'indice Corsi, qui compile les tirs au but, bloqués par des patineurs adverses et hors cible. À ce chapitre, les deux meilleures équipes la saison dernière étaient les Kings de Los Angeles et les Blackhawks de Chicago, finalistes dans l'Association de l'Ouest. Les représentants de l'Est en finale de la Coupe Stanley, les Rangers de New York, ont terminé en 6e place.

Lors de la saison 2013 écourtée, les Blackhawks et les Bruins de Boston, participants à la grande finale, ont terminé respectivement en 3e et en 4e place.

À l'inverse, ces statistiques avancées ont fait dire à plusieurs que les Maple Leafs se dirigeaient tout droit vers l'abîme, malgré leur présence en séries éliminatoires en 2013. Cette saison-là, leur indice Corsi était le pire de la LNH. En 2013-2014, la formation torontoise a croupi au 29e rang à ce chapitre et a raté les séries par neuf points.

Malgré ces résultats, Lamoriello demeure prudent quant à l'importance à accorder aux chiffres.

«Il reste des facteurs impondérables: le joueur a-t-il du coeur, du caractère? Ce n'est pas comme au baseball, où tu analyses les coups sûrs d'un frappeur ou le répertoire d'un lanceur. Tu dois être prudent et ne pas réagir de façon exagérée à un phénomène nouveau. Mais on ne veut pas être en retard dans cette tendance, donc on a engagé un jeune homme», raconte le vétéran DG.

Des chiffres accessibles

Avec des sites comme Extraskater.com et Behindthenet.ca, les amateurs de chiffres peuvent aller au-delà des buts et des aides ou du différentiel de buts, une statistique souvent critiquée.

Ces sites font aussi en sorte que les amateurs ont accès à plus de données pour émettre leur opinion, ce qui fait sourire Jim Nill.

«En ce moment, le partisan moyen a autant d'informations qu'une équipe de la Ligue nationale! Mais c'est facile pour un partisan de prendre ces chiffres et dire: embauchez tel ou tel gars. Si ça ne fonctionne pas, il peut fermer son ordinateur. S'il se trompe, il peut dormir la nuit. Pas nous. Nos décisions viennent avec des contrats.»

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Motus et bouche cousue chez le CH

Chez le Canadien, le sujet des statistiques avancées n'est pas discuté publiquement, pour cause «d'avantage compétitif», a fait savoir Donald Beauchamp, vice-président principal aux communications du Tricolore.

Pas moyen, donc, de savoir qui parmi les dirigeants de l'équipe supervise cet aspect du jeu ou si le CH a embauché des consultants externes pour y parvenir. «Mais nos dirigeants sont à la page», assure M. Beauchamp.

La confidentialité était aussi importante pour Jim Nill et Lou Lamoriello, qui refusent par exemple de préciser quels indices ils préfèrent parmi la panoplie d'options (Corsi, Fenwick, localisation des mises en jeu, entrées de zone en possession de rondelle...).




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