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Commotions cérébrales: des médecins lancent un signal d'alarme

Patrik Elias, des Devils du New Jersey, a... (Photo: AP)

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Patrik Elias, des Devils du New Jersey, a subi une commotion cérébrale après avoir été durement frappé par le défenseur Ryan Wilson, de l'Avalanche du Colorado, le 16 janvier 2010, à Denver.

Photo: AP

Ken Dryden est loin d'être le seul à recommander à la Ligue nationale de hockey de régler rapidement le problème des commotions cérébrales.

Le neurochirurgien Michael Cusimano dirige un groupe de médecins qui a lancé un percutant signal d'alarme lors d'une importante conférence de presse tenue à l'hôpital St. Michael's de Toronto, il y a une dizaine de jours.

L'un des disciples de Cusimano, le Dr Michael Hutchison, y a indiqué que 260 joueurs de la LNH avaient souffert d'une commotion cérébrale entre octobre 2006 et janvier 2010. La plupart étaient le résultat d'un coup direct à la tête.

Argument supplémentaire pour ceux qui veulent bannir la bagarre: 10% des commotions cérébrales sont survenues à la suite d'un combat, selon une analyse des bandes vidéo des matchs menée par le Dr Hutchison. Parmi les 260 commotions, 199 ont été captées par les caméras.

«On commence tranquillement à faire bouger l'éléphant, confie Michael Cusimano au bout du fil, mais ce n'est pas assez. On ne peut se permettre d'attendre encore 10 ans. Et je ne parle pas seulement des effets pervers pour les joueurs de la LNH. Selon nos prévisions, de 15 000 à 20 000 jeunes vont souffrir d'une commotion cérébrale l'hiver prochain. Et ce sont des prévisions conservatrices.

«La LNH doit absolument prendre le leadership dans ce dossier parce que les professionnels ont un impact majeur sur tous ces jeunes qui rêvent de jouer pour le Canadien ou les Leafs, ajoute-t-il. Beaucoup de parents en rêvent aussi et ça crée une culture particulière.»

Sanctions musclées

Selon le médecin, la Ligue nationale de hockey ne pourra enrayer le fléau autrement que par des sanctions musclées.

«Je n'ai pas suivi de près le travail de Brendan Shanahan depuis une semaine, mais s'il impose des suspensions exemplaires comme on le dit, je ne peux qu'applaudir. C'est la seule façon de changer la culture du hockey. Les pénalités mineures comme celle imposée à Dave Steckel pour son coup à l'endroit de Crosby n'y changeront rien. Mais si Steckel ratait autant de temps que Crosby, ç'aurait un effet. Si l'équipe se voyait imposer une amende de 5 millions, on verrait la culture changer radicalement.»

Le docteur Cusimano estime que la LNH se tire dans le pied si elle ne règle pas le problème rapidement. «La LNH ne croit pas que le phénomène peut la menacer sur le plan financier, au contraire, elle estime que la violence l'aide à mieux vendre son produit. Mais de récents sondages indiquent que les mères de jeunes hockeyeurs songent dans une proportion de 70% à retirer leurs fils du hockey en raison du fléau des commotions cérébrales. À long terme, cela aura un impact sur le noyau de fans, car les enfants se tourneront vers d'autres sports.»

Michael Cusimano estime qu'il fallait qu'un joueur comme Sidney Crosby subisse un accident malheureux pour enfin faire bouger un peu les choses.

«C'est tragique qu'il se soit blessé, mais ça fait passer le message. On entend tellement souvent Don Cherry et les autres culpabiliser la victime, n'est-ce pas? Mais ici vous avez le meilleur joueur du monde qui souffre d'une commotion, et ce n'est pas sa faute, il n'a rien fait de mal, ce n'est pas comme s'il ne savait pas comment recevoir une mise en échec. Je me sens mal pour lui et ç'aura une incidence sur le reste de sa carrière, mais de nombreux changements sociaux majeurs tirent leur origine d'un incident vécu par un personnage important.»

La position du docteur Cusimano sur les bagarres au hockey est facile à deviner.

«La présence des bagarres en dit long sur l'esprit sportif. Est-ce que les combats sont tolérés aux Jeux olympiques? Est-ce que le hockey aux JO est moins intéressant parce qu'il n'y a pas de bagarres? Et voulons-nous encourager nos jeunes à se battre? Si deux enfants se battent dans la cour d'école et que l'un des deux se blesse sérieusement, vous croyez qu'un parent accepterait ça? Mais parce qu'ils sont sur la glace, on tolère. C'est complètement ridicule. Quelle mère laisserait son enfant se blesser ainsi?»




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