Pat Burns est décédé

Burns aimait la discipline et n'hésitait pas à... (Photo: archives La Presse)

Agrandir

Burns aimait la discipline et n'hésitait pas à asseoir son autorité lors des crises mémorables. Parfois, un regard suffisait, comme lors de cet entraînement en avril 1990, alors que le CH tirait de l'arrière 2-0 dans sa série contre les Bruins.

Photo: archives La Presse

la liste:7755:liste;la boite:1352461:box

En photos

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Après deux victoires contre le cancer, Pat Burns a perdu son dernier combat. Il est décédé vendredi le 19 novembre, à la Maison Aube-Lumière, située à Sherbrooke. Il était âgé de 58 ans.

Né à Montréal le 4 avril 1952, Burns a travaillé comme policier pendant 16 ans dans la région de Gatineau. C'est là-bas qu'il a entrepris sa carrière d'entraîneur d'une équipe de hockey, les Olympiques, de la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Le Canadien l'a ensuite accueilli dans son giron. Il a dirigé le Canadien de Sherbrooke, de la Ligue américaine, pendant une saison avant d'accéder à la Ligue nationale.

 

Burns a passé quatre ans à Montréal, conduisant le Canadien à la finale contre les Flames de Calgary en 1989, au terme de sa première saison. Les trois années suivantes, le Tricolore a été éliminé en deuxième ronde, chaque fois par les Bruins de Boston.

Il s'est retrouvé par la suite derrière le banc des Maple Leafs de Toronto, des Bruins et des Devils du New Jersey.

L'apparition d'un deuxième cancer - du foie, après celui du côlon - l'a incité à renoncer au métier d'entraîneur en 2004. Il était prêt à revenir en scène lorsqu'un cancer du poumon s'est déclaré.

«J'avais des entrevues prévues et j'avais obtenu l'autorisation des Devils d'étudier les offres», a-t-il dit à François Gagnon, de La Presse, en février 2009.

«Le job d'entraîneur est dans notre sang, avait-il déclaré plus tôt. C'est de la caféine pour nous.»

Dans ses malheurs, comme entraîneur ou dans la vie, Burns n'a jamais cherché l'apitoiement des autres. «Je ne suis pas le seul à vivre avec le cancer, a-t-il indiqué en septembre 2009 sur les ondes de CKAC Sports, une station radiophonique à laquelle il collaborait. Je ne cherche pas de pitié et je ne veux pas en avoir. Que les journalistes ne m'appellent pas, car je ne leur parlerai plus. C'est fini, ne m'appelez pas. Ne perdez pas votre temps. Certaines personnes veulent faire du sensationnalisme avec la maladie d'une personne, et je trouve ça bas en maudit. Parfois on se demande pourquoi on n'aime pas les journalistes. Ce sont des mangeux de... Ils veulent vendre des journaux.

«Je vous le dis tout de suite, les gens de Montréal, ne m'appelez-pas, car vous n'aurez qu'une seule chose, un son de téléphone qui fait clic.»

Burns démontrait alors l'homme qu'il était: franc, direct et droit.

«Un policier ne parle pas»

Une fois dans la LNH, les médias ont fait partie de la vie de Pat Burns. Il s'attendait à leur omniprésence.

«C'est comme je pensais que ce serait, a-t-il avoué à Réjean Tremblay, chroniqueur de La Presse, moins d'un mois après sa nomination à la barre du Canadien. On me l'avait dit. Je ne suis pas surpris, mais c'est quand même très différent de ce que j'ai connu. À Sherbrooke, Pierre Turgeon, de La Tribune, était roi et maître. Il était seul, il suivait le club en autocar. Quand on passe 10 ou 12 heures avec un gars dans un autocar, on entretient une nouvelle relation. Il sait ce qu'il peut écrire, ce qui est personnel. À Montréal, les règles sont bien différentes.»

Burns a succédé à Jean Perron, intarissable en entrevue. «On trouve que je ne parle pas. Je n'aime pas me prononcer sur un sujet tant que je n'ai pas tous les éléments en main. Je suis habitué comme ça. Un policier ne parle pas. En cour, on ne parle pas, ça fait que l'avocat de la défense a moins de chances de nous mettre en boîte.»

Pourtant, Burns s'est déjà servi des médias pour faire passer son message. Après une autre incartade de Shayne Corson, il avait dit, tel que relaté par Denis Arcand, dans La Presse, en février 1992: «Je suis tanné, qu'y mange de la marde. Je ne veux même pas lui parler! Les bars, c'est censé être une place pour s'amuser. Lui, il prend ça comme une arène de boxe... Ça fait qu'il s'arrange. Demandez-lui sa version, moi, je ne le protège pas.» Il a même admis avoir déjà sorti Corson de prison.

Le bouillant Burns avait aussi lancé un appel aux propriétaires de bars de Montréal. «Si c'est si pire que ça, je demande aux hôteliers de Montréal de le barrer! Qu'ils ne le laissent pas entrer. La chose va s'arrêter là. S'il est barré partout à Montréal, il va rester dehors, il va rester chez eux. Moi, je vais être bien content.»

Burns aimait bien Corson, le joueur. «Son caractère le sert dans les matchs. Je ne pense pas qu'on pourrait gagner avec 20 enfants de choeur. Nos chances sont meilleures avec des gars comme Carbonneau, Corson et Nilan. Ce sont tous des joueurs de caractère. Pour gagner, ça prend des individus aux styles différents.»

Différent? Burns ne prisait pas toujours le comportement de ses équipiers. Un soir à Calgary, Claude Lemieux était resté étendu au centre de la patinoire pendant que le jeu se poursuivait. Les Flames avaient failli marquer. À l'arrêt, le soigneur avait voulu se porter au secours de Lemieux. «Reste ici, lui avait dit Burns. Il ne souffre pas.»

Burns avait aussi surnommé Russ Courtnall le Chevreuil à cause de sa timidité dans la circulation.

Corson et Courtnall ont été échangés respectivement aux Oilers d'Edmonton et aux North Stars du Minnesota en août 1992... deux mois après la démission de Burns.

L'après-Montréal

L'aventure terminée à Montréal, Burns a aussi gagné avec régularité à Toronto, à Boston et au New Jersey. Les Maple Leafs ont été éliminés en finale de la conférence Clarence-Campbell en 1993, l'année de la dernière conquête de la Coupe Stanley par le Canadien.

Burns a brandi la Coupe une fois, en 2003, chez les Devils, la seule équipe avec laquelle, paradoxalement, il n'a pas gagné le trophée Jack-Adams. Il est d'ailleurs l'unique entraîneur à avoir obtenu le trophée Adams trois fois.

La ville de Stanstead, située en Estrie, à proximité de la frontière avec le Vermont, a choisi de nommer son aréna en l'honneur de Pat Burns. L'amphithéâtre devrait être inauguré en 2011. «Je ne verrai pas le produit final, a dit Burns, amaigri, la voix chevrotante, en conférence de presse, le 26 mars dernier, mais j'espère voir (de là-haut) un autre Mario Lemieux, Wayne Gretzky ou Sidney Crosby.»

Il laisse dans le deuil sa femme, Line, et ses enfants, Maureen et Jason. Les détails des funérailles seront connus au cours des prochains jours.




À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Sports

Tous les plus populaires de la section Sports
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer