Anthony Calvillo: la fin d'une belle carrière

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«Je n'ai jamais été aussi nerveux de ma vie. Je pensais que ce serait beaucoup plus facile...»

Anthony Calvillo venait à peine d'ouvrir la bouche lorsque l'émotion lui a aussitôt noué la gorge. Le quart-arrière des Alouettes s'apprêtait alors à confirmer ce à quoi tout le monde s'attendait depuis un bon moment: la fin de sa carrière de 20 saisons dans la Ligue canadienne de football, dont 16 à Montréal.

> La carrière d'Anthony Calvillo en images

Devant un imposant parterre composé de sa famille, de coéquipiers et de représentants des médias, le numéro 13 des Oiseaux a annoncé mardi qu'il tournait la page après avoir remporté la Coupe Grey à trois reprises en huit participations à la finale, en plus d'établir bon nombre de records offensifs de la LCF et du football professionnel en général.

L'avenir de Calvillo, âgé de 41 ans, demeurait incertain depuis qu'il avait subi une commotion cérébrale, le 17 août dernier, contre les Roughriders de la Saskatchewan, dans ce qui allait être son dernier match dans la LCF. Il avait d'ailleurs dit «favoriser» la retraite lors du bilan d'après-saison des Moineaux.

«Il y avait probablement une bonne chance que je me retire de toute façon parce que je n'ai pas aimé la façon dont j'ai joué l'an dernier, et ce n'était pas plaisant du tout», a-t-il précisé en ajoutant être complètement rétabli de sa blessure.

Pluie d'hommages

Faisant honneur à sa classe habituelle, Calvillo a tenu à remercier tous ceux qu'il a côtoyés au cours de sa longue carrière, de même que le public montréalais pour lequel il a adressé quelques mots en français.

Celui que l'on surnomme A.C. a évidemment reçu sa part d'hommages à son tour. Le président des Alouettes, Mark Weightman, a parlé de «la fin d'une époque», et le propriétaire Bob Wetenhall a rappelé son «humilité». D'autres, comme l'ex-entraîneur des Als Marc Trestman et son ancien coéquipier Ben Cahoon, ont livré des témoignages sur vidéo.

De son côté, le directeur général Jim Popp a pleuré à chaudes larmes en louangeant Calvillo. Après avoir déroulé une liste de qualificatifs pour le décrire - allant de «courageux» à «sincère», en passant par «déterminé» et «merveilleux» -, il a comparé le nouveau retraité à d'autres quarts-arrière parmi les plus légendaires, dont Sam Etcheverry, Joe Montana et Peyton Manning.

«Mais il n'y a qu'un seul Anthony Calvillo. C'est un grand de tous les temps, et je l'aime», a sangloté Popp avant de serrer son ex-joueur dans ses bras.

Entraîneur, mais pas tout de suite

Calvillo ne sera peut-être plus en uniforme sur le terrain, mais il continuera de travailler dans l'organisation des Alouettes en tant qu'ambassadeur, en plus d'être stagiaire dans le service du recrutement et auprès du directeur général. Il a également repris ses études en ligne et terminera son baccalauréat sous peu.

Il a de plus mentionné qu'il comptait devenir entraîneur un jour. Mais ce ne sera pas cette saison, a-t-il signalé.

«Malgré tout ce que je sais sur le football, je ne connais pas l'aspect de l'atmosphère du coaching. Oui, j'ai déjà choisi mes propres jeux par le passé, mais ils avaient été préparés par les entraîneurs. Je sens que j'en ai beaucoup à apprendre.»

Chose certaine, c'est uniquement avec les Alouettes qu'on reverra Calvillo sur les lignes de côté. «Je ne veux pas aller nulle part. C'est ma maison. Je veux rester ici. Je veux être entraîneur dans cette ville et je veux être entraîneur pour les Alouettes», a-t-il martelé.

D'ici là, il profitera d'un premier été de congé depuis longtemps pour jouer au golf et passer du temps avec sa femme Alexia et leurs filles, Olivia et Athena.

«Je sais que je vous rends folles depuis que je suis à la maison et que vous voulez que je sorte, mais ce sera comme ça pour encore un bout de temps», leur a-t-il lancé à la blague.

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Ils ont dit

MARC TRESTMAN, ancien entraîneur des Alouettes (2008-2012)

«Nous sommes tous devenus meilleurs parce qu'Anthony nous montrait comment nous comporter sur une base quotidienne tout au long d'une saison. Tous les jours, il montrait le chemin.»

* * *

BEN CAHOON, demi inséré (1998-2010)

«Ce (qu'il) a accompli durant 19 ans dépasse le cadre du football. Comment y est-(il) parvenu? Par (sa) façon de se présenter au travail chaque jour, de guider par l'exemple et par les actions sans attirer l'attention ou (se) bomber le torse. Ou encore par le travail dans la préparation ou par le respect de l'organisation, des coéquipiers et du football.»

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LUC BRODEUR-JOURDAIN, centre des Alouettes (2009-présent)

«La première fois que je lui ai parlé, je ne savais même pas qu'il était Américain. J'avais essayé de lui parler en espagnol et il ne comprenait pas tant que ça. Ses limites au niveau linguistique ont peut-être réduit les possibilités pour les Québécois de découvrir l'homme. Il m'a influencé à 100% au niveau de ma préparation. C'est un joueur d'exception.»

* * *

MARK WEIGHTMAN, chef des opérations des Alouettes

«Des grands noms qui ont fait partie des Alouettes au fil des années, celui qui vient le premier à l'esprit est Anthony Calvillo. Il a changé la façon de percevoir notre sport et notre club en fracassant presque tous les records possibles.»

* * *

MARK COHON, commissaire de la Ligue canadienne de football

«Nous savons tous qu'il a réécrit le livre des records, complété des passes, réussi des touchés et mené ses équipes à des victoires, à des conquêtes de championnat, léguant ainsi un héritage unique. Il est impossible de quantifier le nombre de vies qu'il a influencées en faisant preuve d'autant de courage et de détermination. Il est plus que l'un des meilleurs quarts-arrière à avoir pratiqué notre sport. Il est l'une des personnes les plus remarquables à s'être jointes à la Ligue canadienne de football.»

* * *

SCOTT FLORY, garde (2001-2013)

«Être un professionnel, c'est savoir faire face à la musique. Dans les bons comme dans les mauvais moments, il était toujours debout et il faisait face à la situation. C'est un fait qu'il a pris plus de blâme qu'il aurait dû et qu'il n'a pas reçu suffisamment de louanges. Il ne s'est jamais plaint et c'est la raison pour laquelle la salle était pleine (mardi).»

* * *

CHRIS BERMAN, animateur sur ESPN

«Nous connaissons tous les statistiques et les conquêtes de la Coupe Grey, mais les gens de Montréal, du Québec, du Canada et même des États-Unis savent comment (il) se comportait dans la victoire comme dans la défaite. (Ses) propres souvenirs et ceux qu'(il) a procurés au public dureront éternellement.»

* * *

ÉRIC LAPOINTE, ancien porteur de ballon des Alouettes, des Tiger-Cats de Hamilton et des Argonauts de Toronto (1999-2006)

«Chaque année, en arrivant au camp d'entraînement, on savait qu'on avait une chance de gagner et d'être des champions. Les gens disent que c'est facile de gagner dans la Ligue canadienne, mais personne ne l'a fait autant que nous avec Anthony.»

* * *

ADRIAN McPHERSON, ancien quart-arrière des Alouettes (2008-2012)

«Nous savons tous qu'il est un grand joueur, mais il est une meilleure personne encore. Il est tellement humble. Selon moi, il est l'un des meilleurs joueurs à avoir joué dans cette ligue en raison de son éthique de travail et de sa préparation.»

* * *

JOCK CLIMIE, ancien demi inséré des Alouettes (1996-2001)

«Quand il est arrivé à Montréal, j'ai pu voir à quel point il a été en mesure de transformer l'attaque. Comme tout au long de sa carrière, il l'a fait en rendant les autres meilleurs. Oui, il était un quart-arrière fantastique. Il a débuté à Montréal en tant que remplaçant de Tracy Ham et il a fait en sorte que Ham lui-même améliore son professionnalisme.»

* * *

JOHN BOWMAN, ailier défensif (2006-présent)

«Il y a tellement d'expressions positives pour décrire Anthony, et Jim Popp aurait pu choisir beaucoup d'autres mots durant la conférence. Pour moi, l'adjectif qui résume A.C. est loyal. Il est resté loyal envers les Alouettes, ses coéquipiers, sa famille et Dieu.»

* * *

ANWAR STEWART, ailier défensif avec les Alouettes et les Stampeders de Calgary (2001-2013)

«Quand tu te donnes à fond, que tu as tout gagné et que tu as été le capitaine du navire pendant si longtemps, tu mérites ce genre de sortie. Il le mérite, sa famille le mérite, et les Alouettes le méritent.»

* * *

ÉRIC DESLAURIERS, receveur de passes (2007-présent)

«Ce n'est pas quelqu'un qui élevait la voix, mais si tu ne faisais pas la bonne affaire, il te lâchait un petit cri. Il te faisait comprendre que c'est toi qui avais mal fait, mais toujours dans le respect. C'était un vrai leader, un général qui arrivait avant les entraîneurs et qui partait après.»

* * *

RICKY RAY, quart-arrière avec les Eskimos d'Edmonton et les Argonauts de Toronto (2002-présent)

«Ce que j'admirais le plus chez A.C., c'était sa constance. Toutes les années, il faisait en sorte que son équipe termine à la première place, puis il la conduisait jusqu'à la Coupe Grey. La plupart des joueurs aimeraient disputer quelques bonnes saisons comme ça dans leur carrière et, lui, il le faisait chaque année.»

* * *

DANNY MACIOCIA, entraîneur-chef des Carabins de l'Université de Montréal

«Anthony était un joueur toujours très professionnel. Il arrivait toujours bien préparé. Il était toujours le premier arrivé et le dernier à quitter. C'était un gars respecté et j'ai beaucoup appris de ma relation avec lui, alors que je faisais mes débuts comme entraîneur. Ç'a été bon pour ma carrière et j'ai pu partager ses connaissances au cours de mon cheminement.»

* * *

BOB WETENHALL, propriétaire des Alouettes

«Anthony a tant fait pour tout le monde. Il est un standard d'excellence. Il a marché parmi nous avec humilité et il a eu un parcours merveilleux jusqu'à cette étape de sa vie.»

* * *

DANNY DESRIVEAUX, entraîneur des receveurs des Carabins et ex-joueur des Alouettes (2007-2011)

«Il est impossible de nier la contribution d'Anthony à la popularité du football au Québec. C'était un joueur exceptionnel, le meilleur des exemples à suivre à mon arrivée chez les professionnels. Si on demande à n'importe qui de nommer un joueur des Alouettes, on pense à Anthony Calvillo.»

* * *

NIK LEWIS, demi inséré des Stampeders de Calgary, sur Twitter

«Ce fut un véritable honneur de le rencontrer pour la première fois à Ottawa lors du match de la Coupe Grey en 2004. C'est incroyable de savoir que j'ai partagé le même terrain qu'Anthony Calvillo. Il est l'un des plus grands. J'ai le plus haut niveau de respect pour lui. Que Dieu continue de bénir ses pas.»

* * *

TANNER MARSH, quart-arrière des Alouettes, sur Twitter

«Je ne pourrais remercier suffisamment AC pour tout ce qu'il m'a appris cette année. Comment étudier, me préparer et être un quart-arrière professionnel... Le meilleur quart-arrière à avoir joué!»

- Pascal Milano et Jean-Philippe Arcand







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