Russell Martin a réalisé un rêve au Stade olympique

Russell Martin... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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Russell Martin

Photo Bernard Brault, La Presse

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Frédéric Daigle
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Comme les 46 314 spectateurs réunis vendredi soir, le Québécois Russell Martin attendait ce premier match au Stade olympique depuis fort longtemps. L'accueil qu'il a reçu a dépassé ses attentes.

«J'ai été quand même surpris, a-t-il déclaré à l'issue de ce match remporté 2-0 par les Reds de Cincinnati face aux Blue Jays de Toronto. C'était beaucoup d'énergie de la part des spectateurs. J'ai reçu plein d'ovations, ça n'arrêtait plus. Je ne m'attendais pas à quelque chose comme ça. Mais on voit que les gens ont beaucoup de passion pour le baseball et qu'ils apprécient qu'un jeune d'ici joue au plus haut niveau.»

Même s'il avait eu un petit avant-goût la veille, au Centre Bell, Martin n'avait pas idée des émotions qu'il allait vivre vendredi.

Il a d'abord longuement été ovationné pendant les présentations d'avant-match, puis quand on l'a montré à l'écran géant, pendant l'interprétation des hymnes nationaux par son père, Russell Martin père, au saxophone, un moment fort émouvant pour lui.

«Il a joué avec son coeur et c'est venu me chercher. J'ai trouvé ça beau, c'était le fun.»

Martin s'est ensuite amené derrière le marbre pour y recevoir les lancers du partant Mark Buerhle et de nouveau, les partisans l'ont chaleureusement applaudi.

Puis, au moment de sa première présence au bâton, la foule s'est levée d'un bond, lui réservant une ovation longue d'une bonne minute, soit jusqu'à ce Jason Marquis lui offre son premier lancer. La foule a d'ailleurs longuement hué l'officiel au marbre quand celui-ci a appelé une prise.

«Je voulais bien faire, faire quelque chose de spécial, mais ça ne s'est pas passé comme ça. C'est Jason Marquis qui l'a été davantage.»

Martin n'a pas récolté de coup sûr en trois présences à la plaque. En début de huitième, il est venu recueillir les lancers d'échauffement d'Aaron Loup sans équipement, signe que sa soirée de travail était terminé. Beau joueur, le gérant John Gibbons l'a laissé aller s'entretenir avec le gaucher avant de se présenter sur le terrain pour le retirer du match, ce qui a donné place à une dernière ovation.

«Nous en avions discuté, Alex (Anthopoulos, le DG des Jays) et moi avant la rencontre, a expliqué Gibbons. Nous voulions lui offrir l'occasion de recevoir une dernière ovation. On n'a pas raté notre coup. (...) C'est une journée que je n'oublierai jamais.»

Martin non plus.

«Je n'ai jamais eu une journée aussi émouvante. Je me sentais comme un enfant, c'était presque aussi intense qu'à mon premier match dans les Majeures. Je ne pensais pas qu'après neuf saisons et plus de 1000 matchs, je vivrais ça de nouveau, mais c'est arrivé.»

Souvenirs d'enfance

La journée de vendredi lui a d'ailleurs permis de revivre plusieurs bons souvenirs d'enfance, alors qu'une équipe tournant un documentaire l'a accompagné pendant son trajet en métro jusqu'au stade.

«Je me suis rappelé avoir pris le même chemin en venant au stade avec mon père, s'est-il souvenu avant la rencontre. Ensuite, je suis entré et je suis immédiatement allé voir le terrain, avant d'aller dans le vestiaire. Il me fait toujours le même effet que quand j'étais jeune. Il n'a pas vraiment changé, c'est vraiment cool.»

Martin a d'ailleurs été fort généreux avec les médias au cours de cette longue journée. Mais toujours, il a affiché un sourire radieux. Malgré l'imposante demande médiatique à son endroit, on l'a senti heureux et serein, mais juge-t-il qu'il fait l'objet d'une trop grande attention?

«Il y a plein de nouvelles choses qui arrivent: ma première saison avec les Jays, mon premier match à Montréal. Je suis conscient qu'il y a beaucoup d'attention médiatique, mais ça fait partie de la job. Ça peut parfois être difficile, mais une fois que la partie commence, c'est mon refuge. Pourvu que je puisse jouer, la vie est belle. Mais je comprends que sans ça, je ne peux pas parler aux gens. C'est un travail, ça prend du temps, mais ça me permet de connecter avec les gens.»

Martin ne s'en cache pas: il aimerait que Montréal obtienne une deuxième chance. Il est même prêt à s'impliquer.

«Ça fait partie de ma vie, de mon cheminement. Mes rêves sont nés des Expos. S'ils peuvent avoir un club, je suis à l'écoute. (...) Je peux prendre de mon temps pour aider de n'importe quelle façon. (...) Il y a plusieurs personnes qui s'ennuient du baseball. Il faut leur montrer à quel point ça peut être beau.»

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