Le magnétisme de Vladimir

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Vladimir Guerrero, qui sera honoré ce soir lors d'un gala organisé par Projet Baseball Montréal, reste un favori dans le coeur des amateurs québécois.

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Derek Aucoin se souvient de sa première rencontre avec Vladimir Guerrero. C'était peu avant que ce dernier amorce sa carrière dans le baseball majeur, alors que les deux étaient coéquipiers en République dominicaine.

Bien qu'il eût perçu chez le jeune Guerrero un talent indéniable, il ne savait pas s'il parviendrait à connaître du succès dans les rangs professionnels.

«Vlad n'était pas mince, découpé ou bien musclé. Mais il jouait à 110 milles à l'heure. Il faisait tout avec un maximum de puissance. Mais avec le corps qu'il avait, il ne semblait pas être quelqu'un qui allait pouvoir durer. Je ne sais pas s'il a levé un poids une fois dans sa vie», raconte l'ex-lanceur en entrevue avec La Presse.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que Guerrero s'est chargé de dissiper tout scepticisme à son endroit!

Vladimir Guerrero est arrivé hier à l'aéroport Montréal-Trudeau.... (Photo Marco Campanozzi, La Presse) - image 2.0

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Vladimir Guerrero est arrivé hier à l'aéroport Montréal-Trudeau.

Photo Marco Campanozzi, La Presse

Débarqué chez les Expos en 1996, le puissant cogneur n'a pas tardé à s'imposer comme l'un des meilleurs de sa profession. On lui a parfois reproché son style trop agressif au marbre, mais c'est précisément ce qui a fini par faire sa renommée.

«Il n'avait pas de discipline au marbre. Il s'en allait là pour frapper. Normalement, un frappeur s'élance quand il peut frapper la balle avec aplomb, mais Vladimir ne faisait pas ça. Il frappait la balle peu importe où elle était», se rappelle Jacques Doucet, qui a décrit les matchs des Expos à la radio de 1972 jusqu'à leur départ, en 2004.

Qu'il s'agisse d'un lancer trop à l'extérieur ou d'une balle qui rebondit au sol, Guerrero ne se gênait pas pour l'attaquer à plein régime, une stratégie qui lui a permis de récolter des statistiques enviables, au vif plaisir de ses partisans.

«Vladimir avait un magnétisme qui se reflétait non seulement sur les spectateurs, mais aussi sur les autres joueurs. Ce ne sont pas seulement les gens dans les gradins qui arrêtaient de manger leur hot-dog en le voyant», illustre M. Doucet.

Barrière linguistique

Mais de l'avis de certains, une tache subsiste au dossier de Vlad. Une tache qu'on s'explique parfois bien mal. On parle ici du fait que malgré 16 saisons passées à jouer au baseball en Amérique du Nord, il semble incapable de s'exprimer en anglais, encore moins en français.

«Il ne parlait pas anglais et je ne parlais pas espagnol. On ne pouvait pas converser ni faire d'entrevues. Le contact humain était beaucoup plus difficile. [...] Je m'étais juré d'apprendre l'espagnol et je ne l'ai pas fait. Je m'en veux aujourd'hui», déplore Jacques Doucet.

Cette barrière linguistique entre Guerrero et ses admirateurs, qu'ils soient de Montréal ou d'ailleurs, a souvent donné l'impression qu'il ne voulait rien savoir de s'intégrer à son milieu d'adoption. Mais Derek Aucoin croit plutôt qu'il souhaite simplement éviter de se mettre les pieds dans les plats en tentant de parler une langue qu'il ne maîtrise pas tout à fait.

«Je pense qu'il parle davantage l'anglais et le français qu'il ne le laisse entendre, affirme-t-il. C'est une question de confiance. Il sait que lorsqu'il est dans sa bulle, il est à l'aise. C'est une question d'orgueil et de confort.

«J'ai joué en République dominicaine une saison et j'ai appris l'espagnol très rapidement, ajoute Aucoin. Il ne peut pas avoir passé huit ans à Montréal sans apprendre le français ou l'anglais.»

Malgré tout, Vladimir Guerrero reste un favori dans le coeur des amateurs de baseball montréalais. Il sera d'ailleurs honoré ce soir, en compagnie de trois autres anciens Expos, au gala organisé par Projet Baseball Montréal. Puis, le public aura l'occasion de l'applaudir encore une fois peu avant le début du premier match entre les Blue Jays de Toronto et les Reds de Cincinnati, vendredi au Stade olympique.

«J'espère qu'un jour, des gars comme Vladimir Guerrero, Tim Raines et peut-être Larry Walker vont entrer au Temple de la renommée avec la casquette des Expos. Car je sais qu'ils sont des Expos au fond de leur coeur», conclut Jacques Doucet.

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La carrière de Vladimir Guerrero

> 16 saisons dans le baseball majeur: Expos de Montréal (1996-2003), Angels d'Anaheim (2004-2009), Rangers du Texas (2010), Orioles de Baltimore (2011)

> Moyenne au bâton: ,318

> Coups sûrs: 2590

> Coups de circuit: 449

> Participations au match des Étoiles: 9

> Bâtons d'argent: 8

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