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Les frappeurs de puissance refusent de s'ajuster à la défensive spéciale

«Frapper plus de circuits et de doubles et... (Photo d'archives, Reuters)

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«Frapper plus de circuits et de doubles et soutirer davantage de buts sur balles; voilà ma solution», a indiqué Mark Teixeira, des Yankees de New York.

Photo d'archives, Reuters

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Frédéric Daigle
La Presse Canadienne

Les frappeurs du Baseball majeur refusent de s'ajuster aux défensives spéciales que leur présentent les équipes adverses, même si leurs statistiques en souffrent.

Ces stratégies proposent une défensive où les joueurs d'avant-champ se déplacent d'un côté ou de l'autre du deuxième sac, la plupart du temps vers le premier but, puisque celles-ci sont majoritairement utilisées contre les frappeurs gauchers, selon la firme Baseball Info Solutions.

Cette façon de faire prive les frappeurs d'une large part de leur arsenal, les incitant à y aller d'élans en puissance, puisque toute balle tirée au sol trouvera forcément un joueur défensif sur son chemin.

Certains avaient espéré que l'arrivée en poste d'un nouveau commissaire, Rob Manfred, mettrait un terme à cette pratique. Manfred avait d'ailleurs laissé entendre qu'il s'attaquerait à ce phénomène à son arrivée en poste, afin de permettre à l'attaque de reprendre davantage le haut du pavé. Mais quelques jours plus tard, il s'est rétracté.

«Vous ne savez jamais quand les gens s'ajusteront. Peut-être que plusieurs frappeurs sont rentrés chez eux cet hiver et qu'ils ont trouvé la façon de frapper au champ opposé lorsque cette défensive est déployée contre eux, a déclaré le commissaire dans un entretien accordé à Fox Sports.

«Mais nous regardons ces changements et nous croyons que c'est sain de leur porter une attention particulière. Nous croyons que c'est important de songer à toutes les solutions possibles, même si au bout du compte on découvre que nous n'avons pas de problème.»

En résumé: les frappeurs de puissance devront se trouver un autre appui que le commissaire Manfred. Même si l'impact sur leurs statistiques personnelles est... frappant.

En 2014, Ryan Howard, des Phillies de Philaldelphie, David Ortiz, des Red Sox de Boston, et Chris Davis, des Orioles de Baltimore, sont les trois gauchers ayant fait face le plus souvent à cette défensive spéciale. Plus de 400 fois chacun selon les chiffres de Baseball Info Solutions. Leurs statistiques en pareilles situations? ,201 pour Ortiz (sa moyenne globale a été de ,263), ,167 pour Howard (,223) et ,121 pour Davis (,196).

Depuis que ces stratégies défensives ont été utilisées, les commentateurs et les partisans ne cessent de répéter à ceux qui en sont victimes qu'ils devraient se concentrer à frapper au champ opposé ou encore mieux: déposer un amorti!

«C'est facile de l'extérieur d'avoir ce genre d'opinion, a expliqué Howard à l'Associated Press. Mais c'est beaucoup plus difficile à mettre en pratique.»

Selon STATS, Howard a frappé 15 roulants à droite pour des simples en 2010. Ce nombre est passé à sept l'an dernier. Quant à déposer l'amorti, Howard n'a jamais réussi à en transformer un en simple en 1331 matchs dans les Ligues majeures, tous à Philadelphie. Ortiz en compte six, dont deux au cours des cinq dernières campagnes.

Comme eux, la plupart des frappeurs refusent obstinément de s'adapter.

«Frapper plus de circuits et de doubles et soutirer davantage de buts sur balles; voilà ma solution», a indiqué Mark Teixeira, des Yankees de New York.

«Je ne vais pas changer mon approche seulement parce qu'on amène tout le monde à gauche, a fait valoir Albert Pujols, l'un des rares droitiers à goûter à cette médecine. C'est comme ça que ça fonctionne.»

«Les frappeurs sont des êtres routiniers ('creatures of habits'), a fait valoir un dépisteur du Baseball majeur rejoint par La Presse Canadienne. (...) Ils ne veulent pas changer. Mais même s'ils disent que les sept ou huit coups sûrs dont ils sont privés par cette tactique ne sont pas importants, il faut être capable de bien lire chaque situation et s'adapter.

«Cela vaut pour le Baseball majeur: les matchs de 1-0 qui durent trois heures, le partisan moyen n'aime pas cela. Aux équipes de rapprocher les clôtures pour créer plus d'attaque ou qu'on abaisse encore le monticule. Mais il n'y a pas de règle qui empêche un gérant de tenter de museler les meilleurs éléments adverses.»

Tony La Russa, un ancien gérant élu au Temple de la renommée, comprend que les frappeurs de puissance ne souhaitent pas changer leur mentalité et leur approche. En même temps, il prédit que certains d'entre eux le feront, ce qui forcera les clubs à reconsidérer cette tactique en certaines situations.

«Certains diront que si vous les forcez à modifier leur élan, vous avez accompli quelque chose et ils ont probablement raison. Mais quand vous menez par un point et qu'ils frappent une balle au champ opposé et vous perdez cette rencontre, qui perd vraiment? Dans ce sport, les extrêmes sont rarement admis. Les gens vont s'ajuster, j'en suis persuadé.»

En attendant, les équipes ne comptent pas utiliser cette pratique moins souvent en 2015.

«Au contraire, elle le sera davantage, tant que les frappeurs ne nous forceront pas la main, a indiqué à MLB.com le gérant des Diamondbacks de l'Arizona, Chip Hale. Quand ils auront déposé quatre ou cinq amortis, ce sera à nous de décider si nous nous ajustons. Mais peut-être que nous préférerons qu'ils frappent un amorti. Peut-être leur dirons-nous: «Allez-y, prenez votre petit simple'.»

- Avec l'Associated Press

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