Marianne St-Gelais: «Je devrai prouver que je peux gagner»

Contrainte de rater les sélections olympiques, Marianne St-Gelais... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)

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Contrainte de rater les sélections olympiques, Marianne St-Gelais devrait néanmoins obtenir son laissez-passer pour PyeongChang, mais la pression sur ses épaules sera accrue.

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Ce devait être une semaine sans histoire. Championne du monde, triple médaillée olympique... Sur papier, Marianne St-Gelais n'aurait eu aucun mal à se classer parmi les trois meilleures au pays pour obtenir son billet pour les Jeux de PyeongChang.

Une commotion cérébrale l'empêche finalement de participer aux sélections olympiques canadiennes de patinage de vitesse courte piste, qui se tiennent jusqu'au 20 août à Montréal. St-Gelais a déposé une demande d'exemption, qui devrait logiquement être acceptée par le comité de sélection olympique de Patinage de vitesse Canada. Mais la Jeannoise ne s'en cache pas : cette exemption viendra avec de la pression.

«Comme ma place sera discrétionnaire, ma job sera d'être sharp, de prouver qu'il n'y a aucun malentendu, a expliqué St-Gelais hier, dans une rencontre avec les médias à l'aréna Maurice-Richard. Si la décision est que je participe aux trois distances, je devrai prouver que je peux gagner une médaille olympique sur chaque distance. Donc, je devrai continuer ce que j'ai fait l'an dernier, prouver que je suis la meilleure Canadienne et qu'ils ont pris la bonne décision.»

Selon plusieurs intervenants du milieu, la demande d'exemption ne sera qu'une formalité pour St-Gelais. La politique de Patinage de vitesse Canada établit les critères suivants, «sans ordre particulier», pour baser ses décisions: 

• la performance internationale dans le relais;

• les performances et l'expérience internationales individuelles;

• les performances nationales;

• les performances à l'entraînement;

• l'aptitude pour la compétition;

• l'impact dans la dynamique de l'équipe;

• l'engagement envers le programme d'entraînement;

• le statut médical et de santé.

Or, St-Gelais a terminé au premier rang de la saison 2016-2017 de Coupe du monde au 500 m. Elle a pris le sixième rang sur 1000 m et le neuvième sur 1500 m. Parmi les Canadiennes, elle était deuxième sur chacune de ces deux dernières distances. En termes d'expérience, elle a déjà deux participations aux Jeux olympiques (Vancouver et Sotchi) derrière la cravate.

«C'est un peu délicat parce qu'on veut toujours défendre notre place et que ce soit indéniable, a rappelé St-Gelais. Mais ces choses-là existent pour une raison, et on veut toujours protéger nos meilleurs. Dans les circonstances, j'ai eu de bons résultats dans le passé, qui justifient ma place aux Jeux. J'ai confiance dans le comité.»

Troisième commotion

Malgré sa blessure, c'est une St-Gelais rayonnante, comme à son habitude, qui s'est présentée devant les médias hier, deux jours après sa chute.

«Ce n'était pas une mauvaise chute, mais l'arrivée dans les matelas a été bizarre, donc ça a fait une sorte de whiplash », a-t-elle dit. «J'ai senti que quelque chose n'allait pas avec ma tête. Quand c'est une commotion, il n'y a aucun risque à courir.»

«J'ai surtout des maux de tête et une sensation d'altitude. J'ai comme les oreilles bouchées. C'est bizarre un peu, mais les symptômes ont vraiment diminué [hier] matin en me levant, et en me couchant [samedi]. Comme mes symptômes étaient modérés, j'espère une récupération rapide.»

L'athlète de 27 ans en est, selon son propre compte, à une troisième commotion diagnostiquée, après des incidents similaires en 2007 et en 2012. Elle assure toutefois ne pas craindre les répercussions à long terme.

«On n'est à l'abri de rien. C'est un sport de chutes, assez rock and roll. Je me suis surtout demandé: pourquoi maintenant? Je suis une des filles qui tombent le plus à l'entraînement, et c'est souvent sans conséquence. Mais je ne pense pas au passé, je suis une fille qui regarde vers l'avant. Il a fallu que je me rappelle que c'était ma troisième parce que je ne tiens pas le compte. C'est un sport risqué et c'est ce qui s'est passé vendredi.»

Kim Boutin, 22 ans, vise ses premiers Jeux... (PHOTO SIMON GIROUX, LA PRESSE) - image 2.0

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Kim Boutin, 22 ans, vise ses premiers Jeux olympiques.

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Quand le chat n'est pas là...

Jusqu'ici, Kim Boutin profite pleinement de l'absence de St-Gelais. La Sherbrookoise de 22 ans, qui vise ses premiers Jeux olympiques, a remporté trois des quatre premières finales qui ont été présentées, triomphant sur chacune des trois distances. Seul le deuxième 1500 m, disputé hier, lui a échappé, mais elle s'y est tout de même classée en deuxième place.

«Les gros points se sont libérés, donc je vise les premières positions, a convenu Boutin. On sait très bien qu'avec son bagage, Marianne a de très bonnes chances d'obtenir son [exemption]. Pour moi, ça ne change rien.»

L'autre victoire de cette première fin de semaine a été à la fiche de Valérie Maltais, qui a tout juste coiffé Boutin au fil d'arrivée. Mais elle assure elle aussi que l'absence de St-Gelais ne change en rien la donne.

«Il ne faut pas que ça change l'approche des courses, car tout ce qu'on peut contrôler, c'est nous-mêmes. Donc, c'est le même focus que si elle était présente. L'objectif demeure de gagner le maximum de courses.»




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