Marianne St-Gelais: «J'avais besoin de grandir»

Marianne St-Gelais participera à la Coupe du monde... (Photo François Roy, La Presse)

Agrandir

Marianne St-Gelais participera à la Coupe du monde de patinage de vitesse courte piste de Montréal, qui se déroulera de vendredi à dimanche à l'aréna Maurice-Richard.

Photo François Roy, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Après deux saisons décevantes marquées par une perte de confiance et un conflit avec son entraîneur, Marianne St-Gelais a pris le virage le plus important de sa carrière, l'été dernier.

À part sa crinière blonde, qu'elle a fait tondre au printemps pour le Défi têtes rasées de Leucan, la patineuse de 24 ans recommence à ressembler à celle qui est devenue vice-championne olympique le soir de ses 20 ans à Vancouver: une battante qui n'a pas froid aux yeux.

Dominante aux sélections nationales de l'automne, St-Gelais a pu confirmer que son nouveau souffle n'était pas éphémère à la première Coupe du monde de patinage de vitesse courte piste de la saison, le week-end dernier, à Salt Lake City. Seule triple médaillée de l'équipe canadienne, elle a remporté l'or au 1000 mètres. Troisième au 500 m et au relais, elle a établi des records nationaux sur les deux distances.

«Ç'a juste confirmé que j'étais bien», a glissé St-Gelais, hier après-midi, après la conférence de presse d'ouverture de la Coupe du monde de Montréal, qui se déroulera de demain à dimanche à l'aréna Maurice-Richard. «J'étais bien sur la glace physiquement. J'étais bien mentalement.»

La deuxième partie de sa réponse est la plus importante. Pendant deux ans, la facette psychologique lui a fait défaut. «Ce qui me menait, c'étaient mes jambes, ma force physique, a-t-elle tranché. C'était rien que ça.»

«Je ne respire plus»

En 2012, le départ subit de l'entraîneur Sébastien Cros, un mentor en qui elle vouait une confiance presque aveugle, a été un tournant en ce sens. St-Gelais n'a jamais retrouvé la même chimie avec Frédéric Blackburn, successeur de Cros à la tête de l'équipe féminine.

Déjà peu confiante en ses moyens, elle s'est mise à douter un peu plus. Elle croyait avoir touché le fond aux Jeux de Sotchi et aux Mondiaux de Montréal, où elle n'a jamais été proche d'un podium individuel.

Après des vacances en Nouvelle-Zélande et en Californie, le retour à l'entraînement a été encore plus pénible. Non seulement Blackburn était toujours là, mais ses amies Marie-Ève Drolet, enceinte, Valérie Maltais, occupée par le patin à roues alignées, et Jessica Hewitt, retraitée, étaient toutes absentes. Après quelques semaines, elle a craqué. «Je sacrais ma vie, s'est-elle exclamée. J'ai dit à Charles: ça te dérange-tu si je m'en vais à Saint-Fé? Parce que là, je ne respire plus.»

Encouragée par son chum, le triple champion olympique Charles Hamelin, elle est retournée vivre chez ses parents à Saint-Félicien, désabusée. «Quand je suis partie, je me suis dit: ça se peut que je ne revienne pas», a-t-elle même affirmé.

Loin du patin, St-Gelais s'est mise au CrossFit, dans un garage, chez des amis de sa soeur. L'exigeante discipline l'a remise d'aplomb. «On était un crew de six, christie qu'on s'entraînait bien!»

La triple médaillée olympique a aussi eu un entretien déterminant avec son père, un contremaître forestier. «Il m'a toujours dit: "Marianne, je ne m'entends pas toujours bien avec mon boss, mais il faut que je travaille et que je fasse ma job." Au fond, il avait raison.»

Charles Hamelin: «Je l'ai rarement vue comme ça»

Trois semaines plus tard, St-Gelais est revenue à Montréal avec une nouvelle attitude. Elle s'est assise avec Blackburn et son psychologue sportif, avec qui elle voulait valider son plan d'action. Le but: retrouver sa fougue d'antan. «J'avais une énergie et de l'agressivité sur la glace, a-t-elle relaté à propos de cette rencontre. J'avais de la combativité. Là, je ne l'ai plus. Je n'ai plus de fun à m'entraîner, je n'ai plus le désir de me dépasser. Je n'ai plus rien.»

Avant de remettre les lames, elle a couché ses nouvelles résolutions sur papier et rétabli les ponts avec son entraîneur. «J'ai appris à travailler avec moi-même et à prendre ce dont j'avais besoin», a précisé St-Gelais, qui s'alignera sur 1000 et 500 m à Montréal. «Fred, ce n'est plus une source de distraction, ce n'est plus une source de conflits. (...) Je sais qu'il n'est pas parfait, je ne suis pas parfaite, mais on est capables de travailler sur des choses ensemble.»

Aux yeux de Charles Hamelin, qui a mis son grain de sel, l'attitude de sa blonde a changé «du tout au tout». «Elle est passée à autre chose totalement, a-t-il avancé. Elle est concentrée à 100% sur ce qu'elle a à faire. À l'entraînement, elle est tout le temps là, elle fait tous les tours (à fond). Je l'ai rarement vue comme ça.»

Le virage est bien amorcé, il faut maintenant en sortir à pleine vitesse à l'aube de ce nouveau cycle olympique. «Ça n'a pas été facile, a convenu St-Gelais. J'ai quand même sacrifié deux saisons. Il reste qu'il faut parfois descendre pour remonter. J'avais besoin de grandir et d'être plus autonome.»

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires : Sports

Tous les plus populaires de la section Sports
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer