JO 2022: Pékin et Almaty, deux projets, deux philosophies

Le projet d'Almaty s'appuie sur de nombreuses infrastructures... (Photo Shamil Zhumatov, Reuters)

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Le projet d'Almaty s'appuie sur de nombreuses infrastructures existantes ou rénovées en 2011 pour les Jeux asiatiques d'hiver.

Photo Shamil Zhumatov, Reuters

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Eric Bernaudeau
Agence France-Presse
Kuala Lumpur, Malaisie

Les projets de Pékin et d'Almaty pour l'organisation des Jeux olympiques de 2022 sont construits sur deux philosophies différentes: le premier parie sur le développement du secteur des sports d'hiver et le second est basé sur 80% d'infrastructures existantes.

Les rapports d'évaluation des deux candidatures ont été présentés début juin aux membres du CIO, qui voteront vendredi.

Les deux dossiers mettent en application l'un des points-clés de l'Agenda 2020, vaste train de réformes engagées par le président du CIO Thomas Bach: la flexibilité. Objectif final: réduire les coûts et privilégier le développement durable.

Ainsi, le projet d'Almaty, «un concept compact», selon le rapport, s'appuie sur de nombreuses infrastructures existantes ou rénovées en 2011 pour les Jeux asiatiques d'hiver: la station de ski de Shymbulak, construite en 1950, le Palais des sports Baluan Sholak, édifié en 1967 ou les sites déjà opérationnels de biathlon, ski de fond, ski acrobatique et surf des neiges.

Le dossier kazakh s'appuie «sur huit sites de compétition existants et deux qui seront construits pour l'Universiade d'hiver 2017. Trois autres sites, dont les pistes de ski alpin, seront construits en cas de désignation d'Almaty», souligne la commission d'évaluation.

«Cela offre une bonne expérience pour les athlètes, une efficacité en termes de coûts et d'exploitation avec un impact environnemental bas», estime le rapport qui met en avant à Almaty «les abondantes chutes de neige naturelle qui réduisent les besoins en eau et en énergie nécessaires pour la neige artificielle».

«Tous les athlètes seront hébergés entre 20 et 55 minutes du site de la cérémonie d'ouverture», souligne le rapport qui met en avant les faibles distances, tout au plus 40 km, entre les sites des épreuves et l'ex-capitale.

Pékin: favori, mais...

Dans cette course à deux, Pékin semble partir avec le statut de favori. Elle mise sur un projet éclaté et propose «un concept régional qui vise à développer un marché des sports d'hiver au profit de plus de 300 millions de personnes vivant dans le nord de la Chine», selon le rapport.

Mais si la capitale chinoise peut recycler une partie des sites des JO de 2008 et présente dans son projet six installations déjà existantes, elle ne possède en revanche pas d'installations de haut niveau pour les compétitions à l'air libre.

En dehors de Pékin où se tiendront les épreuves de hockey, patinage artistique et de vitesse, il lui faut donc construire des installations sur deux sites: à Yanqing (ski alpin, bobsleigh et luge) et à Zhangjiakou (biathlon, ski de fond, saut à ski...). Certaines installations seront construites, que Pékin obtienne ou non les JO, précise le rapport. Car la vision de Pékin est de «faire entrer les sports d'hiver dans la vie des gens».

Reste un gros point noir, peu cohérent par rapport à l'Agenda 2020 et son souci de développement durable: le faible enneigement et «l'importante dépendance en neige artificielle dans tous les sites». Soit un mètre de neige environ chaque année sur les montagnes au nord de Pékin et une moyenne de 21 cm à Zhangjiakou. Yanqing, où sont prévues les épreuves de ski de descente, ne reçoit qu'à peine plus de 5 cm de neige.

«En dehors des sites des épreuves, notamment à Yanqing, il risque de n'y avoir aucune neige», s'émeut la commission d'évaluation.

«La dépendance à la neige artificielle nécessiterait de détourner de l'eau des réservoirs actuels et pourrait avoir des impacts sur l'agriculture», met en garde la commission d'évaluation qui s'interroge aussi sur la qualité de l'air, problème récurrent à Pékin.

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