Rome et l'Italie se lancent vers les Jeux olympiques de 2024

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Emmanuel BARRANGUET
Agence France-Presse
Rome

Rome, avec toute l'Italie, est la première ville officiellement candidate à l'organisation des Jeux olympiques 2024, a annoncé lundi le chef du gouvernement Matteo Renzi, défiant les difficultés budgétaires et les scandales.

«J'annonce que l'Italie présente sa candidature aux JO-2024» avec «Rome au centre du projet», a dit le président du Conseil italien au siège du Comité olympique italien (Coni).

Autour de la Ville Éternelle «toutes les villes, Florence, Naples ou la Sardaigne, peuvent être impliquées, le Coni décidera», a ajouté M. Renzi, tirant profit de la décision du Comité international olympique (CIO) de rendre les JO plus flexibles, plus souples et moins coûteux.

Ces règles de l'Agenda-2020, plébiscitées le 8 décembre lors de la 127e session du CIO, permettent de recevoir les épreuves dans des sites éclatés dans un même pays.

Première à se lancer officiellement, Rome devrait affronter Paris, probable candidate, Bakou et Doha, battues par Tokyo pour les JO 2020, une ville américaine entre Los Angeles, San Francisco, Boston ou Washington.

Une ville allemande entre Berlin et Hambourg, voire une candidature conjointe des deux, pourrait également prétendre aux Olympiades, et peut-être une ville africaine, Durban ou le duo Johannesburg-Pretoria, en Afrique du Sud.

Le CIO prendra sa décision à l'été 2017 à Lima.

Malgré la crise et «Mafia Capitale»

L'Italie tente sa chance malgré sa crise budgétaire et son endettement qui dépasse déjà les 130% de son Produit intérieur brut (PIB).

Deux ans et demi plus tôt, le gouvernement d'austérité de Mario Monti avait préféré renoncer à une candidature de Rome pour 2020, arguant qu'elle ne «serait pas raisonnable».

Leader d'un pays affrontant la crise économique, M. Renzi a présenté cette candidature comme une chance pour dynamiser les volontés, et également effacer la mauvaise impression du renoncement pour 2020.

M. Renzi a fait allusion aux difficultés budgétaires, et même au scandale de corruption «Mafia Capitale» qui éclabousse Rome, mais affirmé que «l'Italie réunit toutes les conditions pour se mettre en jeu, sans laisser nos problèmes nous empêcher de rêver».

Le chef du gouvernement italien a assuré que le projet pour 2024 «n'est pas fait de grandes infrastructures ou de grands rêves, mais de grandes personnes», et promis que l'Italie serait «à l'avant-garde dans le système technique de contrôle des dépenses».

Outre les incertitudes financières, la Ville Éternelle a une vraie épine dans le pied avec «Mafia Capitale».

Une enquête policière sur ce réseau fait trembler la classe politique et révèle pour la première fois l'existence d'un système de type mafieux à Rome.

Ne pas être «résigné»

Une centaine d'entrepreneurs et de responsables politiques romains, dont l'ex-maire Gianni Alemanno (2008-2013), sont visés.

L'Italie a également été frappée cette année par des scandales de corruption autour de l'Exposition Universelle de Milan 2015 et des digues géantes Moïse, censées protéger Venise des inondations.

Le leader du parti de droite de la Ligue du Nord, Matteo Salvini, a relevé pour sa part que l'Italie payait encore les dettes contractées pour les Mondiaux de natation à Rome (en 2009).

«Notre pays trop souvent semble résigné, semble avoir réduit son ambition», a lancé pour sa part M. Renzi. Le chef du gouvernement a pris en exemple la «volonté» des champions à qui il venait remettre les «collari d'oro», la plus haute distinction pour un sportif italien.

Le pari de ramener les JO à Rome, 64 ans après 1960, colle aussi à la personnalité de Matteo Renzi, 39 ans, au pouvoir depuis dix mois. Un de ses modèles, Tony Blair, avait réussi à porter les Jeux à Londres pour 2012.

Il a évoqué une candidature «non pas dans l'esprit de Coubertin, pour participer, mais pour gagner. Ce défi nous remplit le coeur d'orgueil, et de difficultés, mais nous le faisons pour nous, pour nos enfants, pour l'Italie», a-t-il assuré.

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