Dopage: le Kenya promet de se plier aux exigences de l'AMA

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Une quarantaine d'athlètes kényans ont été impliqués dans des affaires de dopage au cours des trois dernières années.

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Ailéen Kimuta
Agence France-Presse
Nairobi, Kenya

Au lendemain du rejet de sa nouvelle loi antidopage, le Kenya a promis vendredi de se plier aux moindres exigences de l'Agence mondiale antidopage (AMA) afin d'éviter aux athlètes kényans une éventuelle interdiction de participer aux Jeux olympiques de Rio.

La promesse émane du vice-président kényan William Ruto en personne: «La communauté sportive doit savoir que le gouvernement fera tout ce qui sera demandé par l'AMA (...) afin qu'ils (les athlètes kényans, ndlr) puissent continuer à montrer leur talent», a-t-il déclaré lors d'un déplacement dans l'Est du pays.

Jeudi, l'AMA a estimé que la nouvelle loi antidopage kényane, adoptée à la fin avril, ne correspondait pas à ses attentes, et a déclaré le pays non-conforme avec sa réglementation antidopage.

Le texte doit donc être modifié au plus vite si le Kenya veut éviter tout risque de voir ses athlètes interdits de participation aux JO (5-21 août).

«Je tiens à assurer aux Kényans et aux athlètes que nous prenons la question très au sérieux. Si la loi doit être ajustée d'une manière ou d'une autre, nous le ferons», a affirmé M. Ruto. «Les Jeux seraient bien pâles sans la participation des Kényans», renommés mondialement pour leurs coureurs de fond et demi-fond, a estimé M. Ruto.

Des «inconsistances» dans la loi antidopage

Le président de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF), Sebastian Coe, avait menacé de  suspendre les athlètes kényans si le pays était reconnu non conforme par l'AMA, ce qui est le cas depuis jeudi.

Vendredi, l'IAAF s'est montrée plus pragmatique en soulignant que la décision finale sur une suspension était du ressort du Comité olympique international (CIO), puisqu'elle concerne tous les sports et pas seulement l'athlétisme.

Preuve que la question occupe le gouvernement kényan au plus haut niveau, le président Uhuru Kenyatta avait convoqué dans l'urgence, vendredi matin, son ministre des Sports Hassan Wario, et le directeur de l'Agence kényane antidopage (AMAK), Japhter Rugut.

Assurant ne pas savoir pourquoi la loi avait été déclarée non conforme, M. Wario a par ailleurs annoncé vendredi qu'il se rendrait ce week-end au Canada en compagnie de la ministre des Affaires étrangères, Amina Mohammed, afin de rencontrer des responsables de l'AMA dont le siège est à Montréal.

Il souhaite «éclaircir les zones d'ombre», a-t-il déclaré.

Le rejet du texte de loi par l'AMA a été une surprise: le Kenya avait rédigé la loi en concertation avec l'AMA elle-même. Mais l'agence antidopage y a relevé des «inconsistances», un faux-pas pour lequel les principaux acteurs kényans du dossier se sont rapidement rejetés mutuellement la faute.

«Effectuer les rectifications nécessaires»

«Il semble que le ministère des Sports ait changé le document avant de le présenter au parlement», a accusé le chef du Comité olympique kényan, Kipchoge Keino. «La seule manière d'avancer maintenant, c'est de se pencher sur le document original et d'effectuer les rectifications nécessaires pour sauver la jeunesse de ce pays», a-t-il déclaré à l'AFP.

L'athlète Wesley Korir, sélectionné pour le marathon olympique de Rio et membre du comité parlementaire en charge des Sports, a lui jugé «inacceptable» la modification du texte de loi: «M. Wario doit dire aux Kényans qui a ajouté ces amendements rejetés par l'AMA».

Une quarantaine d'athlètes kényans ont été impliqués dans des affaires de dopage au cours des trois dernières années. À la fin février, le directeur général de la Fédération kényane (AK), Isaac Mwangi, a été suspendu pour six mois, soupçonné de corruption dans la couverture de cas de dopage.

Le Kenya est mondialement renommé pour ses athlètes et ses marathoniens. Le pays a terminé en tête du tableau des médailles des Mondiaux 2015 d'athlétisme à Pékin pour la première fois de son histoire.

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