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Florence Arthaud, éternelle «Petite Fiancée de l'Atlantique»

Florence Arthaud en 1997.... (Archives AFP)

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Florence Arthaud en 1997.

Archives AFP

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Hervé GUILBAUD
Agence France-Presse
Paris

«J'ai eu une vie de patachon et d'aventurière»: Florence Arthaud, décédée lundi en Argentine dans un accident d'hélicoptère, était l'une des plus grandes navigatrices au monde et avait réussi à ouvrir aux femmes ce milieu réputé macho.

«Ce n'est pas un métier de femme. C'est un univers rude, dur, où on est tout le temps sur les mers», avait confié la navigatrice de 57 ans à l'AFP en octobre 2014, avant le départ de la Route du Rhum, qu'elle regardait en spectatrice.

C'est cette épreuve qui l'avait faite entrer dans la légende de la voile: elle avait en effet remporté en 1990 la plus prestigieuse des transats en solitaire entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre (en 14 j 10 h et 10 min), à la barre d'un trimaran de 18,28 m (Pierre Ier) et face à certains des meilleurs skippers français et étrangers.

De quoi justifier encore un peu plus son célèbre surnom de «Petite fiancée de l'Atlantique».

Liberté 

Personnage haut en couleur à la forte personnalité et à la langue bien pendue («grande gueule», diront certains), «Flo» faisait partie de cette génération de marins surdoués et passionnés qui ont accumulé les succès sur l'Atlantique et autour du monde à partir des années 1970, inspirés par le maître Eric Tabarly, Olivier de Kersauson, Alain Colas et leurs équipiers.

«On n'avait rien, on n'avait pas de maison, on vivait sur nos bateaux. On avait une bande de copains qui était notre famille», avait-elle encore raconté à l'AFP. «Moi, j'ai fait ma fille à 36 ans. Avant, je n'ai pas eu une vie de femme. J'ai eu une vie de patachon et d'aventurière.»

Quitte à parfois déraper, comme en 2010, lorsqu'elle avait été interpellée en état d'ivresse au volant dans le Var et placée en garde à vue.

Comme ses glorieux prédécesseurs, elle était avide de liberté et ne rechignait jamais à battre en brèche l'écrasante domination anglo-saxonne sur les courses de voile de l'époque. Ainsi, elle évoquait avec délectation la victoire d'Eric Tabarly dans la Transat anglaise de 1964.

«Le "Petit Corse" s'était fait "mettre minable" par Nelson mais Eric nous a vengés», avait-elle déclaré avec humour lors de son entretien avec l'AFP avant la dernière Route du Rhum.

Au fil des ans, cette navigatrice dure au mal, courageuse et extraordinairement attachante ne mâchait pas ses mots, à des années-lumière du politiquement correct.

«Quand on a peur des icebergs, on ne fait pas le Vendée Globe», avait-elle ainsi lâché lors de la dernière course autour du monde en solitaire et sans escale à propos des «portes de glace», ces marques de parcours virtuelles au sud desquelles les navigateurs ne doivent pas descendre.

«Miracles» 

Florence Arthaud a inspiré de nombreuses autres navigatrices françaises, qui ont écumé toutes les mers du monde dans son sillage. Isabelle Autissier, Catherine Chabaud et bien d'autres sont ses héritières.

En 1989, alors qu'elle était au sommet de sa popularité, Pierre Bachelet lui avait consacré la chanson «Flo», qu'elle avait enregistrée en duo avec lui.

Née le 28 octobre 1957 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), Florence Arthaud était la fille de Jacques Arthaud, le directeur de la maison d'édition du même nom.

Avant de remporter le "Rhum" en 1990, la jeune femme avait participé à trois éditions de cette course mythique. Dont la première, en 1978, à l'âge de 20 ans seulement. Elle avait fini onzième.

Lors de la Route du Rhum 1986, à sa troisième participation, elle s'était déroutée pour porter assistance au Français Loïc Caradec, qui était parti à la barre du maxi catamaran Royale. Elle retrouvera le multicoque retourné mais pas Caradec, disparu comme Alain Colas avant lui (1978).

Florence Arthaud avait été élue Championne des champions français par le journal L'Equipe en 1990.

En octobre 2011, elle avait par miracle échappé à la mort, après être tombée de son bateau en pleine nuit au large du Cap Corse. Equipée d'une lampe frontale et d'un téléphone portable étanche, elle avait réussi à donner l'alerte.

Deux heures après son appel, elle avait été récupérée saine et sauve par un hélicoptère, consciente mais en état d'hypothermie. «Ce n'était pas mon jour, il y a eu de vrais miracles», avait-elle alors lâché à son retour chez elle, à Marseille.

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