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Coupe du monde de triathlon: du sable dans l'engrenage

Le président des Grands Prix cyclistes de Québec... (Photo Caroline Grégoire, Le Soleil)

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Le président des Grands Prix cyclistes de Québec et de Montréal, Serge Arsenault.

Photo Caroline Grégoire, Le Soleil

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La Coupe du monde de triathlon prévue à Montréal les 12 et 13 septembre ne fait pas que des heureux. L'organisation du Grand Prix cycliste WorldTour de Montréal s'oppose à la tenue de l'événement le même week-end que sa course.

«Il n'y a aucune logique et c'est presque autodestructeur, a tranché Serge Arsenault, président des Grands Prix cyclistes de Québec et de Montréal, hier matin. C'est une forme de bienvenue à la cannibalisation.»

L'International Triathlon Union (ITU) a annoncé mardi l'insertion de Montréal dans son calendrier de la Coupe du monde 2015. Les épreuves élites féminine et masculine doivent avoir lieu le samedi 13 septembre dans le Vieux-Montréal et le Vieux-Port, la veille du GP cycliste, qui se déroule autour du mont Royal. Le projet est mené par Triathlon Canada qui y voit une occasion exceptionnelle de poursuivre le développement du sport et d'en faire la promotion.

Surpris par l'arrivée de ce nouvel acteur, dont il ignorait l'existence jusqu'à hier matin, M. Arsenault juge «intenable» la cohabitation à long terme des deux événements, d'autant qu'il a des idées d'expansion pour son organisation, spécifiquement le samedi précédant la course.

«Il y a congestion et on ne peut pas faire deux sens uniques sur la même rue!, a lancé le promoteur avant d'ajouter: Ce serait ridicule d'avoir le Grand Prix de Formule 1 en même temps que le tournoi de tennis. J'applaudis et je suis très heureux de la création d'un autre événement sportif international, mais il faut le faire de façon intelligente et voir plus loin que le bout de son nez.»

Festival cycliste

Se décrivant comme un «partenaire» de la Ville de Montréal, M. Arsenault souligne que le succès du GP est tributaire de sa visibilité. «J'ai besoin des médias et de l'espace média le samedi pour avoir des gens sur le parcours le dimanche. Et nous avons aussi des projets pour le samedi.»

L'organisateur avait déjà annoncé sa volonté de bonifier son offre pour créer un véritable «festival cycliste» d'une semaine à Québec et Montréal. Ainsi, la cyclosportive La Montréalaise devrait avoir lieu le 12 septembre l'an prochain, plutôt qu'une semaine plus tôt. L'objectif est d'obtenir une sanction UCI World Cycling Tour (UWCT) pour en faire une épreuve qualificative pour les championnats du monde amateurs. Il caresse également le projet d'organiser un grand critérium nocturne au centre-ville le samedi.

Dans les circonstances, M. Arsenault s'interroge sur la place d'une Coupe du monde de triathlon se déroulant au même moment. «S'ils s'insèrent là pour profiter des journalistes internationaux et des touristes qui sont là, ils se trompent», prévient-il.

M. Arsenault veut discuter de la question avec le maire Denis Coderre, qu'il entendait déjà rencontrer dans les prochains jours. Manifestement prise de court par l'annonce de l'ITU, la Ville de Montréal a réagi de façon très prudente, indiquant «être au courant du projet» de Coupe du monde, mais que «rien n'a encore été décidé».

«La Ville n'est pas contre l'événement, bien au contraire, mais il est prématuré de prendre position, car nous n'avons vu ni le montage financier, ni le budget, ni le parcours, ni ce qu'attendent les promoteurs à l'égard de la Ville», a-t-on fait savoir dans un courriel du service des communications envoyé en début de soirée.

Étant donné «que l'événement se passe dans les rues, il faut analyser le projet, particulièrement le parcours, parce qu'il s'agit de fermeture de rues et, qu'en plus, c'est la même fin de semaine que le Grand Prix cycliste de Montréal», ajoute-t-on.

Intérêts communs

De son côté, Triathlon Canada tombe des nues. La fédération nationale dit négocier depuis des mois avec la Ville, de qui elle a obtenu une lettre d'appui, et la Société du Vieux-Port. «On en a parlé avec la Ville, on savait que le Grand Prix cycliste tombait autour de ces dates», a réagi Luc Landriault, président de Triathlon Canada.

Sans connaître les aspirations du GP cycliste pour la journée du samedi, M. Landriault estime que les deux organisations ont des intérêts communs. «Le Grand Prix a lieu le dimanche à Montréal, les courses élite de triathlon le samedi, a-t-il souligné. Logiquement, si des touristes arrivent de l'extérieur, ils en auront deux pour le prix d'un. Les propriétaires d'hôtels et les restaurateurs seront contents.»

Tenant à tout prix à conserver sa position stratégique dans le calendrier de l'UCI, à deux semaines des Championnats du monde, le patron des Grands Prix cyclistes suggère à ses homologues du triathlon de changer de date. Or, le calendrier de l'ITU est déjà bien chargé. Triathlon Canada se réjouissait aussi de se retrouver entre l'épreuve World Triathlon Series d'Edmonton (5-6 septembre) et la grande finale de Chicago (15-20 septembre). «En octobre, l'eau du fleuve serait trop froide», a relevé M. Landriault, avant de préciser: «Est-ce qu'on reviendra dans la deuxième ou la troisième semaine de septembre dans les années futures? Pas nécessairement.»

Le directeur général de Triathlon Canada, Tim Wilson, doit se rendre à Montréal dans les prochains jours pour discuter de la question avec les représentants de la Ville.

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