Le Lowney, la fin d'une épopée

La réalisation du Lowney a permis de sauvegarder... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

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La réalisation du Lowney a permis de sauvegarder les deux anciennes usines de la fabrique de chocolat Lowney. Leur transformation en lofts a été la bougie d'allumage de la relance de Griffintown.

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En 2004, lorsque Prével a fait l'acquisition des deux anciennes usines de la fabrique de chocolat Lowney, habitées par des squatteurs, le nom de Griffintown n'évoquait rien de bon. Beaucoup de bâtiments industriels étaient abandonnés et les trottoirs étaient déserts.

Douze ans plus tard, le promoteur lance la 15e et dernière phase du complexe Lowney. Une fois le dernier immeuble du Lowney sur Ville achevé, au printemps 2018, il aura construit 1696 condos et lofts urbains entre les rues Notre-Dame et Ottawa, à l'est de la rue Peel.

Rien ne laissait présager un tel succès lorsque Prével a décidé de s'aventurer à quelques rues au sud-ouest de la Place Bonaventure.

«Le quartier faisait vraiment peur. Mais nous savions que les deux anciens bâtiments industriels étaient extrêmement bien placés. Ils nous permettaient de nous différencier en offrant de véritables lofts», se souvient Jacques Vincent, coprésident de Prével.

L'entreprise venait de terminer les cinq phases du Quai de la Commune, où elle s'était d'abord adressée à des jeunes pour lancer la revitalisation d'un secteur négligé du Vieux-Montréal. Le défi était toutefois encore plus grand.

«C'était le désert complet, se souvient M. Vincent. Après avoir sondé une clientèle jeune, nous avons décidé de créer quelque chose d'innovateur pour des gens qui avaient le goût d'être des pionniers.»

Cela a pris de l'audace, souligne Josée Lagacé, porte-parole du Fonds immobilier de solidarité FTQ, qui a avancé les premiers dollars nécessaires pour favoriser le démarrage du projet. «C'était trop risqué pour les banques, mais on y a cru», précise-t-elle.

Le partenariat avec le promoteur se poursuit, alors que sont proposés les 210 derniers condos du complexe.

Nouveau mode de vie

Prével, qui avait installé des piscines sur le toit des immeubles du Quai de la Commune, a construit son premier chalet urbain sur le toit de la première phase du Lowney, donnant naissance à un nouveau style de vie. 

«Les piscines servaient de lieu de rencontre et les gens trouvaient dommage que ce soit de si courte durée, précise Jacques Vincent. Nous y sommes allés timidement, car la clientèle visée avait un budget serré. Le premier chalet urbain est bordé de deux portes de garage vitrées, qui s'ouvrent sur la piscine et la terrasse, et renferme quelques fauteuils.

«Ç'a été une révélation, poursuit-il. La vie sur le toit a compensé le vide tout autour. Le chalet est devenu un lieu de rencontre encore plus fort que nous pouvions l'imaginer.»

Pour conserver les prix les plus accessibles possible, Prével a entrepris un exercice de rationalisation de l'espace avec l'agence Cardinal Hardy Architectes (devenue depuis Lemay+CHA). Graduellement, les condos ont rapetissé, tandis qu'apparaissaient des terrasses sur les toits, des chalets urbains et des centres de conditionnement physique plus spacieux et raffinés.

En 2004, le loft le plus petit de la phase 1 mesurait 698 pi2 et coûtait 136 900 $. Dans la dernière phase du Lowney sur Ville, de 20 étages, le plus petit condo a une superficie de 294 pi2 et un prix de 119 000 $ (taxes en sus).

Les plus petits condos

Prével détient d'ailleurs le record des plus petits condos à Montréal. Il en a construit de 267 pi2 dans la deuxième phase du Lowney sur Ville et dans la première phase du 21e Arrondissement, en bordure du Vieux-Montréal.

«C'est une grande fierté d'avoir permis à un grand nombre de jeunes d'accéder à la propriété», souligne Jacques Vincent.

La transformation des deux anciennes usines a été le coup d'envoi de la conversion de bâtiments abandonnés, note Benoit Dorais, maire de l'arrondissement Le Sud-Ouest. «Cela a permis de préserver à la fois ce patrimoine immobilier et la mémoire du passé», précise-t-il.

L'autre apport du promoteur, encore plus important à ses yeux, s'avère sa contribution au logement abordable. «On n'a pas eu à le convaincre que c'était une nécessité, précise-t-il. On a besoin de produits immobiliers différents et d'une mixité sociale. Depuis que je suis en poste, en 2009, ç'a toujours été facile de ce côté avec Prével.»

Pour les quatre phases du Lowney sur Ville, Prével versera 1 273 800 $ au fonds d'investissement de la Ville de Montréal pour la création de logements communautaires et sociaux. Pour les phases 8 à 11 du Lowney, il a cédé un terrain à l'angle des rues Wellington et Murray, d'une valeur de 900 000 $.

«C'est grâce à Jacques Vincent, de Prével, et Serge Goulet, de Devimco Immobilier, si Griffintown est devenu le quartier trendy qu'il est aujourd'hui, indique pour sa part Vincent Shirley, directeur, marché résidentiel chez Groupe Altus. Ils ont travaillé d'arrache-pied, avec le maire Dorais. Il y a 10 ans, on ne tapait pas Griffintown dans les moteurs de recherche. Il n'y avait rien!»

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