Rawdon: quand la famille est tricotée serré

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On ne voit ici que la façade et une infime partie de la forêt qui entoure la propriété. Les propriétaires ont choisi des couleurs sobres qui traverseront le temps.

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L'expression « pas capable » n'existe pas dans le vocabulaire de Sylvain Lefebvre. Les défis, il en mange. Pourtant, Sylvain et sa famille ont connu leur lot de moments creux. Le diplômé en agriculture, ancien propriétaire de fermes porcines, a subi la crise économique qui a frappé durement cette industrie au début du millénaire.

Les tuiles d'ardoise viennent d'une entreprise de Prévost.... (Photo fournie par Vendirect) - image 1.0

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Les tuiles d'ardoise viennent d'une entreprise de Prévost. Elles ont été découpées et assemblées méticuleusement par les artisans de l'entreprise. Les portes en bois viennent d'une grange de Québec bâtie en 1893 et qui appartenait à la soeur du propriétaire.

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Aménagé dans la partie de droite, le salon... (Photo fournie par Vendirect) - image 1.1

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Aménagé dans la partie de droite, le salon est caractérisé par l'imposant foyer au bois dont on peut voir les flammes de tous les angles.

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Puis, en 2013, quelques jours avant Noël, un incendie a détruit la maison de Rawdon que sa femme, Manon Deroy, et lui avaient amoureusement construite six ans auparavant. En quelques minutes, le feu a dévoré 25 ans de la vie du couple et de ses trois filles.

« Il ne restait rien de rien. D'abord, ç'a été la stupéfaction, puis la peine de voir notre vie réduite en cendres. Mais il fallait continuer. On a rapidement trouvé un endroit pour se loger, puis on s'est mis au travail », se souvient Sylvain.

Un travail qui s'est fait à huit, puisque les filles et leurs copains vivaient sous le même toit. « Tout le monde a participé », explique fièrement le père de famille.

D'ABORD, LE TERRAIN

La famille avait acheté le terrain de près de 200 acres en 2006. Sylvain parle de la famille parce que ce sont les filles qui ont trouvé le lieu. « Je ne me souviens plus si c'est Kim, Kathleen ou Sophie, mais elles étaient toutes d'accord pour qu'on achète ce bout de terrain. On habitait en ville [Rawdon] à ce moment, mais on voulait retourner dans le bois. » Le grand terrain de 12 hectares était recouvert d'arbres.

Manon aurait préféré qu'on construise la maison au bord de la route, surtout qu'il n'y avait pas de chemin menant vers la forêt. « Elle vient de la ville, note en souriant son mari, un brin taquin. Moi, un chemin, ça ne m'énervait pas. Je pensais qu'on devait plutôt placer la maison près des arbres, dans un angle qui procurerait de l'ensoleillement toute la journée. »

Fin négociateur, Sylvain a planté quatre piquets délimitant le périmètre de la future maison. Puis, il a suggéré à sa femme de s'asseoir sur une chaise, au beau milieu de la forêt, et de suivre le soleil. L'entrepreneur, qui était dans le coup, s'est empressé de minimiser les coûts liés à la construction d'un chemin. « Elle a vite compris mon stratagème, et j'ai été démasqué. Mais j'ai gagné mon pari ! »

La maison, la première, a donc été construite à quelques centaines de mètres de la route. Après l'incendie, les propriétaires ont choisi de déboiser un autre secteur, tout près, pour bâtir leur seconde maison.

« Cette fois, on savait ce qu'on voulait et, surtout, ce qu'on ne voulait pas », explique Sylvain. Le couple a embauché le même entrepreneur qui avait bâti sa première maison. « J'ai fait venir un plan que j'ai modifié selon nos goûts et nos besoins. » Les filles étaient plus vieilles et les parents savaient que les copains seraient toujours les bienvenus. Il fallait un espace ouvert, avec des refuges un peu partout dans la maison.

Sylvain s'est occupé d'acheter tous les matériaux et Manon a vu aux milliers de détails de la construction. Chaque centimètre a été étudié, jaugé, puis soumis au comité familial. « Nos filles ont toujours fait partie de nos décisions. »

Une fois la maison construite (en un temps record de quatre mois et demi), la famille a concentré ses efforts sur le terrain. Au fil des ans, Manon et Sylvain ont adapté la forêt. « On a aménagé 6 km de sentiers et on a planté un verger. » Il y a un grand potager de fruits et légumes, et la forêt, laissée en majorité à l'état vierge, constitue un formidable terrain pour la chasse qui, avec la pêche, constitue un passe-temps pour tous les membres de la tribu.

CHALET MODERNE

La maison allie rusticité et modernité. La cuisine, très fonctionnelle, est particulièrement intéressante pour recevoir les groupes d'amis. Tout a été pensé en fonction de la commodité. Il y a un tiroir ou une armoire pour chaque outil, un immense îlot, des électros haut de gamme. Le rêve de tout cuistot.

Ailleurs, on a pensé aux détails, grâce aux soins méticuleux de Manon. Il y a une pièce pour les jeunes, pas très loin du rez-de-chaussée, mais juste assez pour que les ados se sentent chez eux. Le rez-de-chaussée lui-même est vaste et ouvert. La mezzanine, rêve de Sylvain, lui permet d'y travailler. Et les cinq chambres peuvent recevoir les amis à coucher sans problème.

Celles de deux des filles sont maintenant vides, puisqu'elles ont quitté le nid et acheté leur propre maison. La plus jeune fera de même sans doute d'ici quelque temps. La maison est devenue trop grande. « On veut bâtir une autre maison tout près, dans le bois, selon le même plan, mais en plus petit. » Un défi irrésistible, quoi.




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