Déménagement: les chasseurs de trésors

Pour plusieurs, la période des déménagements rime avec... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE)

Agrandir

Pour plusieurs, la période des déménagements rime avec chasse aux trésors, alors que meubles et autres objets sont abandonnés par leurs propriétaires qui changent de logement.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La Presse

Chaises de cuisine. Cadres. Objets déco. Pendant la période des déménagements, les ruelles et les trottoirs sont souvent envahis de biens abandonnés par leurs propriétaires. Entrent alors en scène les chasseurs de trouvailles, qui en profitent pour dénicher la perle rare qui s'harmonisera à leur décor.

La déco récupérée

La maison de Stéphanie Guéritaud, située en plein coeur du quartier Villeray, n'a rien d'un atelier de brocanteur. Au premier coup d'oeil, impossible de deviner que, dans ce décor épuré, se trouvent plusieurs meubles et objets dénichés... sur le coin d'une rue.

«C'est vraiment un défaut que j'ai d'arrêter la voiture pour voir ce qu'il y a sur le trottoir», admet d'emblée cette journaliste et styliste pour les éditions Pratico-Pratiques. Et la saison des déménagements est une période particulièrement faste pour celle qui tient le blogue Déconome, où il est possible de piquer des idées de décoration à faibles coûts. Si le 1er juillet est une date clé, les semaines qui précèdent cette «journée nationale du déménagement» représentent également une période faste puisque, en faisant leurs boîtes, les gens en profitent pour se départir des biens dont ils n'ont plus besoin.

Chaque fois qu'elle fait une trouvaille, la styliste sait pertinemment quelle place occupera le nouvel objet dans son décor, comme ce support à journaux rouge trouvé dans la rue et qui fait maintenant office de bibliothèque dans la chambre de ses enfants. Même chose pour deux chaises en bois qu'elle a repeintes et qui complètent maintenant son mobilier de cuisine. En les apercevant, nul ne pourrait se douter qu'elles ont été trouvées dans les poubelles.

Il y a aussi ce buffet blanc avec son décapsuleur de bouteille en métal sur le côté, laissé dans le salon dans un appartement qu'elle venait de louer. Stéphanie Guéritaud, qui ne veut surtout pas surcharger son décor, prend toujours soin de ramasser les objets dont elle a vraiment besoin. Sinon, elle en fait bénéficier une amie.

Collecte sélective

Geneviève Corrivault, qui trépigne déjà d'impatience à l'idée de sillonner les ruelles de son quartier, dit elle aussi avoir ce souci du beau.

«Sinon, ma maison aurait l'air d'un dépotoir, lance cette mère de famille qui travaille comme étalagiste et conceptrice visuelle dans les boutiques. J'essaie de trouver des pièces que je ne trouverais pas ailleurs.»

Elle donne notamment en exemple ce petit meuble en bois massif trouvé il y a deux ans alors qu'elle faisait des courses qui se retrouve maintenant dans son entrée. Ses tiroirs servent de refuge aux tuques et aux mitaines. Il y a aussi cette vieille bobine de bois qui agit maintenant à titre de table d'appoint sur son balcon.

Cette passion pour le ramassage, elle la tient de son grand-père qui, la veille de la cueillette des ordures, se lançait à la recherche d'objets à sauver du dépotoir, au grand dam de sa grand-mère. Atteinte du même syndrome, Geneviève Corrivault dit «essayer de se contrôler». Il n'en demeure pas moins que l'un de ses «rêves» serait «d'avoir un vieux camion, de faire le tour des rues et de ramasser tout ce qui a de l'allure».

Donnez au suivant

Geneviève Corrivault et Stéphanie Guéritaud ne sont pas les seules à profiter du fait que bien des gens jettent leurs choux gras. Pour les magasins d'économie sociale et les organismes de charité, la saison des déménagements est presque aussi faste qu'à Noël. Cécile Carrasco, responsable du marketing et des relations publiques pour Renaissance, confirme que pendant cette période, les centres de dépôt reçoivent «un volume beaucoup plus important» d'articles. Les donateurs sont nombreux à vouloir à se départir de leurs meubles le 1er juillet. L'achalandage est tel que l'entreprise de réinsertion sociale doit engager plus d'employés uniquement pour cette période de pointe.

Les propriétaires de boutiques design qui se plaisent à donner une seconde vie à des lampes, des tables et autres commodes reçoivent eux aussi beaucoup d'offres de la part de gens prêts à vendre certains de leurs biens. «Ils veulent désengorger l'espace ou se faire des sous pour payer le déménagement», souligne Stéphane St-Arnaud, propriétaire de la boutique du Design, du Rétro et du Kitsch.

Il se réjouit d'ailleurs de cette tendance à vouloir éviter qu'un objet prenne le chemin du dépotoir. «La récupération est plus populaire qu'avant.»

Si plusieurs meubles aperçus sur le trottoir peuvent... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE) - image 2.0

Agrandir

Si plusieurs meubles aperçus sur le trottoir peuvent être attrayants, il faut tout de même faire attention à ceux que l'on ramasse, afin d'éviter les mauvaises surprises.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE

Éviter les mauvaises surprises

On trouve de tout dans les ordures... même des punaises de lit. La prudence est donc de mise. Certains objets laissés à l'abandon devraient ainsi rester dans la rue, estime David Kaiser, médecin-conseil au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal. Pour ceux qui songent à partir à la chasse aux trésors, voici quelques conseils pour réduire les risques.

1- Éviter de se laisser tenter par des matelas, sofas ou tout autre tissu rembourré. Il se pourrait bien que ces petites bestioles s'y cachent.

2- Les punaises aiment aussi le bois. La belle bibliothèque jetée au coin de votre rue est peut-être infestée. «S'il y a des taches noires dans les coins de meubles, ce sont des excréments de punaises», informe Stéphane St-Arnaud, propriétaire de la boutique du Design, du Rétro et du Kitsch, qui inspecte toujours les meubles en profondeur avant de les acheter.

3- Prendre le temps de bien inspecter son «butin». Stéphanie Guéritaud, journaliste et styliste pour les éditions Pratico-Pratiques, prend toujours le temps de bien regarder l'objet convoité. Il passera ensuite quelques jours dehors et sera bien nettoyé avant de passer le pas de sa porte. «Si c'est possible, on passe l'aspirateur [sur l'objet]», ajoute pour sa part le Dr Kaiser.

4- Les gens qui se départissent de leurs objets ont aussi une responsabilité, rappelle le Dr Kaiser. Si on met un matelas à la rue parce qu'il est infesté, il faut prendre la peine de le lacérer avec un couteau, de l'envelopper dans un plastique et d'indiquer clairement qu'il y a présence de punaises. Ce qui dissuadera quiconque de le ramener chez lui.




À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Maison

Tous les plus populaires de la section Maison
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer