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Faire du ménage, des boîtes, nettoyer le logis où l'on s'installera, organiser le déménagement, puis se réinstaller. A priori, rien ne semble très agréable dans le fait de déménager. Il y a pourtant des gens pour qui c'est rendu la routine, ou presque. Et qui ont développé d'excellents trucs pour bien s'en tirer. Rencontres.

Ils ont beau qualifier les déménagements de «corvées» et de «stressants», reste que Pascale Arès et Dominic Vézina ont derrière eux des dizaines d'expériences de changements de maison. Heureusement, ils peuvent compter sur les amis, la famille et une organisation rodée au quart de tour.

«Mon père m'a dit: "l'an prochain, je ne suis pas là le 1er juillet!"» Il y a deux ans, Pascale Arès a découvert que son déménageur de prédilection ne reprendrait pas de contrat de sitôt. Cinq déménagements en sept ans, ça use l'amour inconditionnel d'un père.

On pourrait qualifier la jeune femme de 27 ans de professionnelle du déménagement. Auprès de ses amis, sa réputation est bien assurée: elle est celle qui change toujours de logis.

Elle fait le compte: 15 fois en 27 ans. «Veux-tu vraiment que je les énumère tous?», demande-t-elle, presque d'un air de défi. Elle parle vite et, une minute plus tard, sa vie a déjà défilé, de Québec à Sherbrooke, en passant par la France, Trois-Rivières, Terrebonne, et quelques quartiers de Montréal.

«Mes parents déménageaient souvent. Jusqu'à 18 ans, je n'avais pas vraiment de pouvoir décisionnel. Je n'avais pas de parents diplomates, c'est la vie qui a fait en sorte qu'on a déménagé.»

«Le travail, l'achat d'une maison, un divorce, ils avaient juste une vie mouvementée», poursuit Pascale Arès.

Pascale Arès a déménagé 15 fois en 27... (PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE) - image 2.0

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Pascale Arès a déménagé 15 fois en 27 ans.

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

Les choses ne se sont pas calmées pour autant lorsqu'elle a quitté le nid familial. En sept ans à Montréal, elle a vécu dans cinq appartements différents. Cette fois, c'est l'amour et ses ratés qui ont beaucoup influencé ses choix.

Elle touche du bois. «Ça fait quatre ans que je suis avec mon copain, deux ans au même appartement! J'ai un bel appart, ça va bien, on a nos repères dans le quartier...»

Comme Pascale Arès, Dominic Vézina profite aussi d'un répit depuis six ans, après avoir connu 12 endroits différents en 15 ans. «Un concours de circonstances», dit-il. Un déménagement de ville, puis une séparation, un CPE trouvé dans un quartier qu'il n'habitait pas, autant de raisons qui l'ont poussé à bouger.

Au fil des années, ses techniques se sont raffinées. Il fait toujours appel à des amis, mais les appâte différemment. «Je n'ai jamais fait affaire avec des déménageurs. J'ai amélioré ma version déménagement: je suis passé de la bière et de la pizza aux sushis et vin blanc! On a tous vieilli...», dit l'homme de 41 ans.

Si la manière de nourrir ses amis-déménageurs a changé, il a toujours été prêt quand le grand jour arrive. «Tout est organisé en aval. Je fais du Tetris dans le camion. Les boîtes et les meubles sont placés dans l'appartement de la manière dont ils doivent entrer dans le camion. Quand mes amis arrivent, j'essaie de les rendre les plus efficaces possible», dit-il. Une équipe se dirige vers l'appartement à vider, l'autre attend au nouvel endroit. En deux heures, tout est généralement bouclé.

Les déménageurs aguerris laissent peu de choses au hasard. «Je suis très organisée», dit Pascale Arès, qui s'autoproclame Miss Listes. «Six mois avant le déménagement, je commence à noter d'où provient le courrier que je reçois pour faire mes changements d'adresse.»

Dominic Vézina profite aussi d'un répit depuis six... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE) - image 3.0

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Dominic Vézina profite aussi d'un répit depuis six ans, après avoir connu 12 endroits différents en 15 ans.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Les imprévus

Malgré l'expérience, les imprévus arrivent parfois. «Même après 15 déménagements, je ne savais pas que les espaces prévus pour l'installation du réfrigérateur ne sont pas standards...» Elle l'a découvert une fois le frigo arrivé dans l'appartement. «Voir que je ne savais pas ça...», s'étonne-t-elle encore. C'est son père qui est venu à son secours, troquant son frigo contre le sien.

Même si tout se passe généralement bien, «le changement me stresse», convient Pascale Arès. «Je ne sais pas si on peut dire que j'aime déménager, mais il y a certainement une partie de ça que j'aime, celle qui fait qu'on repart à neuf.»

Un aspect qui plaît également à Dominic Vézina. «Déménager, c'est un peu comme si tu refaisais ton jardin intérieur. C'est assez inspirant, parce qu'on déménage habituellement pour mieux, que ce soit à l'échelle géographique ou dans l'aménagement du lieu physique.»

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il songe à quitter sa coopérative d'habitation pour s'installer avec sa famille reconstituée dans une maison, où il se voit jusqu'à la retraite. Quant à Pascale Arès, elle vient de signer son bail pour une nouvelle année, mais pourrait bouger en septembre si l'emploi de son copain le requiert. Reste seulement à voir si son père répondra à l'appel...

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