L'incroyable durabilité des toitures d'ardoises

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L'ardoise trône au sommet des demeures victoriennes de Westmount et d'Outremont.

Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse

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André Dumont

Collaboration spéciale

La Presse

Élégante, chargée d'histoire et pleine de cachet. L'ardoise, comme matériau de recouvrement de toit, est aussi très durable... et très coûteuse. Après 100 ans, son remplacement peut devenir inévitable.

Elle trône sur les jolies mansardes du Plateau Mont-Royal, au sommet des demeures victoriennes de Westmount et d'Outremont et sur les toits de maisons ici et là dans les Cantons-de-l'Est. Plus d'un siècle s'est écoulé et elle a encore fière allure.

L'ardoise est une roche métamorphique sédimentaire. Elle se laisse façonner aisément en dimensions variées. On la retrouve en plusieurs couleurs : teinte noire et grise, bleue, pourpre, verte, rouge.

La plupart des ardoises résistent parfaitement à l'usure du temps. Cependant, certaines carrières ont livré des pierres moins dures et plus poreuses, qui absorbent l'humidité et finissent par s'effriter et se détacher des toits.

La principale cause de détérioration des toitures d'ardoises est surtout la détérioration des clous qui la retiennent au pontage du toit.

«À l'époque, la plupart des entrepreneurs ont utilisé des clous en acier plutôt qu'en cuivre. Les clous ont rouillé et ils sont rendus minces comme un cheveu», indique Pierre St-Jean, président des Toitures Tôle-Bec.

Ces clous devenus fragiles compliquent le travail de ceux qui voudraient effectuer des réparations ponctuelles sur un toit d'ardoises, explique Pierre St-Jean, dont l'entreprise est spécialisée dans la restauration de toitures anciennes. «Quand on vient frapper du marteau pour remplacer quelques ardoises, les attaches des autres cèdent. Dans les mois qui suivent une réparation, d'autres ardoises tombent.»

Étanchéité

De nos jours, les toitures d'ardoises sont toujours installées sur une membrane d'étanchéité qui couvre l'ensemble du toit. Des tôleries exposées ou recouvertes d'ardoise doivent protéger les noues et toutes les jonctions avec d'autres sections de toit ou d'autres éléments, comme une cheminée ou des boiseries. Les risques d'infiltration d'eau sont ainsi éliminés.

Sur les bâtiments anciens, l'ardoise ne convient qu'aux toits à forte pente (45 degrés ou plus). L'étanchéité est assurée seulement par le chevauchement de pierres. Sur une pierre longue de 50 cm, le pureau (la partie exposée) fait environ 20 cm.

De nos jours, les toitures d'ardoises sont toujours... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE) - image 2.0

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De nos jours, les toitures d'ardoises sont toujours installées sur une membrane d'étanchéité qui couvre l'ensemble du toit.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Le toit se retrouve presque entièrement recouvert de trois épaisseurs de pierre. Lorsque seules quelques ardoises sont manquantes ici et là, les risques d'infiltration d'eau sont minimes. Si plusieurs ardoises voisines sont tombées, une réparation s'impose.

L'ardoise de moindre qualité peut se délaminer sous l'effet de l'humidité soumise au gel. Si elle a été peinte, cette détérioration peut s'accélérer.

La toiture peut aussi avoir subi des bris d'impact, par exemple, sous le choc d'une branche. Élaguer les arbres à proximité est un bon moyen de prévenir les dommages.

La fragilité de ce matériau peut être comparée à celle du verre. «On la laisse tomber à plat au sol et elle se brise. On la laisse tomber debout dans le gazon et elle s'y enfonce comme une hache», illustre Pierre St-Jean. Les rayons du soleil et les intempéries ne provoquent pas d'usure.

On doit éviter d'appuyer une échelle directement contre l'ardoise et de circuler sur la toiture. Même les meilleurs travailleurs brisent des ardoises lors de la pose, explique Pierre St-Jean. «Chaque clou doit être enfoncé au marteau, juste comme il faut. Trop enfoncé, on casse l'ardoise. Pas assez enfoncé, la tête du clou brisera l'ardoise qui viendra par-dessus.»

L'ardoise en tant que telle n'est pas hors de prix. C'est l'installation qui est très coûteuse. Les artisans spécialisés sont rares et le travail est plus long que pour les autres types de toiture.

Le remplacement d'une toiture d'ardoises s'accompagne habituellement de réparations au platelage, aux solins métalliques, aux boiseries et à d'autres éléments comme des ornements en fer forgé, un balcon ou une cheminée.

La restauration complète d'une mansarde de 28 pieds de large peut facilement coûter plus de 25 000 $. Sur une grande maison à pignons, la facture de remplacement de la toiture peut s'élever à 80 000 $. C'est cher, mais vous serez mort depuis longtemps quand ce sera à refaire.




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