La maison à toute épreuve: les pieds bien au sec

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André Dumont

Collaboration spéciale

La Presse

Devant les rigueurs des éléments, tous les bâtiments ne sont pas égaux. Nous avons suivi de près la construction d'une maison la mieux adaptée possible aux caprices du climat. Visite de chantier.

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Un rouleau de drain de fondation recouvert d'une toile géotextile.

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La pierre concassée est livrée et épandue par un camion épandeur de pierres équipé d'un convoyeur.

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Dans la rue Alexis-Galipeau, à Beloeil, les maisons poussent comme des champignons. Parmi les entrepreneurs actifs dans ce nouveau lotissement, on retrouve Éric Robert. « Je peux vous énumérer tout ce que je fais pour que mes maisons soient de qualité supérieure », dit-il, admettant du même souffle que ses constructions se vendent un peu plus cher que les autres.

Éric Robert a accepté que nous le suivions dans l'érection d'une maison « à toute épreuve », construite pour résister avec brio aux assauts du froid et de l'humidité.

En matière de construction résidentielle, le Québec n'a jamais été un exemple à suivre. Responsables de l'application du Code de construction, les municipalités envoient rarement leurs inspecteurs sur les chantiers. Et jusqu'à tout récemment, les administrateurs des plans de garantie de maisons neuves n'effectuaient presque aucun contrôle de qualité.

Résultat : des maisons et des édifices de condos mal construits, qui résistent mal aux intempéries. Des infiltrations d'eau très dommageables, une piètre performance énergétique, des recours contre les constructeurs et beaucoup de frustration.

NOUVELLES EXIGENCES

Le 1er janvier 2015, le vent a tourné. Un nouvel organisme, Garantie de construction résidentielle (GCR), a pris en charge les garanties pour maisons neuves. La GCR suggère aux entrepreneurs accrédités de « bonnes pratiques » pour atteindre ou dépasser les exigences du Code de construction. Elle a recruté de nombreux inspecteurs. Elle attribue une cote aux entrepreneurs fondée en grande partie sur les résultats des inspections de chantiers. « Beaucoup d'entrepreneurs ont dû abandonner [à cause de la rigueur des nouvelles exigences] », confie Éric Robert.

Comme toutes les maisons neuves, celle qu'érige Éric Robert à Beloeil sera dotée d'un drain de fondation, le « drain français », qui sert à collecter l'eau au bas des fondations.

Les drains de fondation sont de longs tuyaux de plastique ondulé et perforé. Pour éviter qu'ils finissent par être obstrués par des particules fines du sol, notre entrepreneur utilise des drains recouverts d'un géotextile.

Une fois en place le long de la semelle de fondation, le drain est recouvert de gravier. L'eau qui atteint ce gravier migrera rapidement vers le drain. Afin que ce filtre de gravier ne s'obstrue pas avec le temps, les bons entrepreneurs le recouvrent d'un géotextile ou d'une pellicule de polythène.

Sur la plupart des chantiers, la pierre concassée qui recouvre le drain de fondation et qui servira de remblai à la dalle de béton du sous-sol est déversée rapidement du camion, puis épandue avec de petits tracteurs équipés d'une pelle à l'avant.

Éric Robert a observé plusieurs chantiers où cette circulation motorisée a endommagé la semelle de fondation. « Elle ne fait que 10 pouces d'épais et 30 pouces de large. Elle vient tout juste d'être coulée. Le poids des véhicules peut facilement la faire craquer. »

Ces bris peuvent fragiliser des semelles qui s'apprêtent à recevoir l'énorme poids du béton des murs de fondation. Pour les prévenir, notre entrepreneur fait livrer et épandre du gravier par des camions équipés d'un convoyeur. C'est un peu plus cher, mais la qualité a un prix.

À PROPOS DE L'ENTREPRENEUR

Éric Robert, 39 ans, a d'abord été entrepreneur en charpente, puis constructeur de maisons de prestige. Construction Éric Robert érige aujourd'hui des maisons d'environ 500 000 $, à Beloeil. L'entreprise est récipiendaire d'un prix Domus 2017 et détentrice d'une cote AA de la Garantie de construction résidentielle.

LA FONDATION EN TROIS ÉTAPES

LES SEMELLES 

Ce sont littéralement les pieds de la maison, qui soutiendront toute la structure. Sur le tour, les semelles recevront les murs de fondation. Vers le centre, elles serviront de point d'appui pour des poteaux ou des murs porteurs. La clé (l'encoche au milieu de la semelle) sert à prévenir les mouvements latéraux des murs de fondation.

LE DRAIN 

On l'appelle communément le « drain français ». Il s'agit d'une conduite de plastique perforée, recouverte ici d'un géotextile. Disposé le long de la semelle, le drain de fondation recueille l'eau au bas des murs de fondation. Elle est acheminée vers un puisard équipé d'une pompe, puis évacuée dans l'égout pluvial.

LE GRAVIER 

Du gravier « 3/4 net » (19 mm, sans brisures ni poussière) recouvre le drain de fondation. Il permet à l'eau de s'écouler rapidement vers le drain. Une fois les murs de fondations coulés, ce gravier sera recouvert d'une toile géotextile ou d'une pellicule de plastique.




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