Monsieur l'inspecteur: la saison des infiltrations

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Depuis deux semaines, les cas d'infiltration d'eau se multiplient. La dernière bordée de neige du printemps a fondu rapidement. La pluie s'est ensuite mise de la partie. De nombreux cours d'eau se sont gonflés, notamment la rivière L'Acadie, à Carignan.

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André Dumont

Collaboration spéciale

La Presse

Le plafond coule. De l'eau dégouline sur un mur. Le plancher du sous-sol est mouillé. Vive le printemps, la saison des infiltrations d'eau !

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Les infiltrations d'eau se produisent la plupart du temps à la jonction des matériaux.

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Au plafond de la salle à manger de Paulo Muleiro, une cloque était apparue dans la peinture à pareille date l'an dernier. La semaine dernière, des gouttes se sont mises à tomber sur son plancher de bois franc. Pourtant, son condo dans Villeray a été construit il y a à peine cinq ans.

Depuis deux semaines, les cas d'infiltration d'eau se multiplient. La dernière bordée de neige du printemps a fondu rapidement. La pluie s'est ensuite mise de la partie.

Au printemps, les sols sont gorgés d'eau. À l'eau de la fonte des neiges s'ajoute celle de la pluie, pour créer une pression hydrostatique énorme contre les murs de fondations. C'est comme si la maison baignait dans un lac. À la moindre fissure, l'eau s'infiltre.

Sur les toits, les balcons et les terrasses, ça ne va pas tellement mieux. La neige qui fond et la pluie qui tombe en continu mouillent les matériaux. L'eau finit par se frayer un chemin là où l'on ne s'y attend pas.

Chez Paulo Muleiro, le gypse endommagé se trouve exactement vis-à-vis le seuil de la porte de la mezzanine qui mène à la terrasse sur le toit. Il y a vraisemblablement un mauvais assemblage des matériaux entre la toiture, le mur extérieur et le seuil de la porte. Il faudra ouvrir le plafond et défaire le plancher de la terrasse pour trouver par où entre l'eau.

Le scénario classique : l'eau s'infiltre quelques gouttes à la fois. Elle imbibe le bois et les matériaux isolants. Un jour, une tache apparaît sur un mur ou un plafond. Quelques mois plus tard surviennent de fortes pluies. Les matériaux déjà saturés forcent l'eau à se frayer un chemin qui devient soudainement très visible.

Les infiltrations d'eau se produisent la plupart du temps à la jonction des matériaux. Trop souvent, on s'en remet entièrement à un simple joint de calfeutrant pour étanchéifier la rencontre de deux composantes d'un mur extérieur ou d'un toit. Ce n'est pas suffisant. Les scellants souples ne devraient être qu'un complément à un assemblage qui permet déjà de bien diriger l'eau.

Les portes d'entrée pour l'eau 

Par où se faufile l'eau dans les maisons ? Voici les endroits à avoir à l'oeil.

POINTS SENSIBLES

Le pourtour des cheminées, évents de plomberie, lucarnes et autres émergences de toit est trop souvent scellé avec un usage généreux d'un enduit bitumineux, pour compenser une mauvaise installation ou une absence des solins, ces tôleries qui doivent être disposées aux endroits sensibles sur un toit. Peu importe la qualité du scellant utilisé pour compenser ces lacunes, il finit par se détériorer.

MURS MAL ÉGOUTTÉS

À la rencontre d'une fenêtre ou d'une porte, l'eau de pluie qui s'écoule sur un mur extérieur doit être bien redirigée. Une simple moulure calfeutrée ne suffit pas. Trop d'installateurs de revêtements extérieurs ignorent complètement la règle de l'art, qui prévoit l'usage de solins et de larmiers au-dessus des fenêtres et des portes.

SEUIL CRITIQUE

Sous chaque porte se trouve un seuil, dont la pente doit éloigner l'eau. Des scellants doivent protéger toutes les extrémités du seuil. À la rencontre du mur extérieur avec le plancher du perron, du balcon ou de la terrasse, un joint de scellant est essentiel. L'eau qui s'infiltre à cet endroit peut aboutir à l'intérieur du mur ou d'un cadrage de fenêtre.

PORTES ET FENÊTRES DE SOUS-SOL

Le point le plus bas d'une fenêtre de sous-sol doit se retrouver à au moins 20 cm au-dessus du niveau du sol. Sinon, on aménage une margelle qu'on remplit à moitié de gravier. L'escalier extérieur qui mène à une porte au sous-sol doit être protégé d'un toit. Sinon, il doit absolument y avoir un drain au pied de l'escalier, devant la porte.

FISSURES À RISQUE

Rares sont les bâtiments résidentiels sans fissures dans leur fondation. Même les plus minces fissures représentent un risque d'infiltration d'eau. Une injection à l'uréthane suffit généralement à les étanchéifier.

SEMELLE QUI PREND L'EAU

Les murs de fondations reposent sur des semelles. L'ensemble forme un « T » à l'envers. Le béton des fondations n'est pas coulé en même temps que celui des semelles. Plus la maison est âgée, plus le risque que l'eau s'infiltre à la jonction des murs de fondations et des semelles est élevé. Quand le plancher près des murs de fondation devient mouillé, il n'y a qu'une solution définitive : excaver de l'extérieur, appliquer une membrane imperméable et installer (ou remplacer) un drain de fondation.




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