Chalets: cabane pour l'été ou maison à l'année?

Le chalet ne répond pas toujours aux attentes... (PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le chalet ne répond pas toujours aux attentes qu'on a envers une propriété qu'on souhaite habiter 12 mois par année.

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André Dumont

Collaboration spéciale

La Presse

Vous avez trouvé la propriété idéale pour passer les vacances d'été, et peut-être même y vivre toute l'année? Soyez prévenu: en général, un chalet, ça n'est pas construit comme une maison.

Il n'y a pas si longtemps encore, un chalet, ce n'était rien de plus qu'un chalet. Une cabane, un «shack», un camp qu'on occupait les mois d'été. Au fil des améliorations, il est devenu une habitation trois saisons. Puis, en ajoutant un gros poêle à bois, il est devenu accueillant même l'hiver.

Chaque chalet a son histoire. Ses transformations peuvent être réussies ou malheureuses. Surtout, ses améliorations peuvent ne pas répondre aux attentes qu'on a pour une propriété qu'on souhaite habiter 12 mois par année.

Premier conseil: retenez les services d'un inspecteur en préachat qui est très habitué avec le secteur et qui inspecte régulièrement des chalets. Ces propriétés ont beau survivre aux intempéries et offrir un certain confort, sachez que bon nombre d'entre elles sont des constructions dites «artisanales», qui ne répondent pas aux normes d'aujourd'hui. Ni même d'hier.

L'inspecteur vous donnera l'heure juste sur la solidité de la structure, l'état du toit et la qualité de la fenestration. Surtout, il saura vous prévenir des correctifs à apporter si vous souhaitez habiter le chalet en toutes saisons et pendant plusieurs années.

Bon nombre de propriétaires ont traité leur chalet avec moins d'égards qu'une résidence principale. Les matériaux de moindre qualité faisaient l'affaire. La main-d'oeuvre était souvent familiale, se fiant au gros bon sens plutôt qu'à des connaissances en bâtiment.

Au moment de vendre, l'appât du gain pousse les propriétaires à présenter leur chalet comme une résidence quatre saisons. Le cachet champêtre cache des murs mal isolés, un toit ou des fenêtres qui ne sont pas étanches et des planchers croches appuyés sur une structure rafistolée.

Deuxième conseil: obtenez tous les renseignements disponibles sur le puits et l'installation septique. Ces éléments ne font pas partie de l'inspection préachat, mais le courtier et l'inspecteur vous serviront les mises en garde habituelles et vous dirigeront vers des experts.

La qualité de l'eau du puits doit être analysée. La capacité de la fosse septique et du champ d'épuration doit correspondre au nombre de chambres à coucher. Leur conformité doit être vérifiée auprès de la municipalité.

Certaines municipalités ne détiennent aucune autre information que la fréquence des vidanges de la fosse septique. Désuète, l'installation pourrait jouir d'un droit acquis, mais sachez que toute modification ou remplacement devra être conforme à la réglementation d'aujourd'hui.

Les normes sont très strictes quant aux distances à respecter avec les cours d'eau et les puits. Si le terrain est trop petit, vous pourriez vous retrouver à devoir traiter vos eaux usées avec un système très coûteux.

Des problèmes qui peuvent entraîner des coûts importants

Isolation déficiente

Les murs en bois rond offrent peu d'isolation. L'air peut s'infiltrer entre chaque bille de bois. L'inspecteur ne peut pas voir à l'intérieur des murs finis, mais il saura reconnaître des portes et fenêtres de mauvaise qualité et un toit avec peu ou pas d'isolant. Combien de cordes de bois vous faudra-t-il pour compenser ces pertes de chaleur?

Fondations peu profondes

Pour résister aux mouvements induits par les cycles de gel et dégel, les fondations doivent s'enfoncer à au moins 120 cm sous le niveau du sol. Impossible à mesurer en inspection. Les fondations trop peu profondes font fissurer le béton et donnent des inclinaisons aux planchers.

Toit mal assemblé

Il est très facile d'installer de la tôle pour couvrir un toit. Encore faut-il que le toit soit adéquatement isolé et ventilé et que l'assemblage des solins dans les noues (le creux à la rencontre de deux sections de toit) et autour des cheminées soit étanche. Sinon, bonjour les problèmes d'infiltrations d'eau et de condensation.

Structures improvisées

La première cabane tenait sur des poteaux de bois appuyés sur de grosses pierres. Puis des fondations en blocs de béton sont rajoutées. Le chalet a été agrandi de nouveau et 30 ans plus tard, on se demande comment l'assemblage des poutres, solives et colonnes a fait pour tenir la route. Pour prévenir des affaissements de plancher, il faudra solidifier.

Comme en ville

Les chalets peuvent souffrir d'humidité excessive en raison d'une mauvaise ventilation. Une fuite de plomberie au sous-sol peut alimenter des champignons. De la vermiculite peut se cacher sous d'autres matériaux isolants dans les combles. Mieux vaut découvrir tous ces problèmes en inspection préachat, pour éviter d'avoir à passer vos vacances à les corriger.




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