Sournois mazout

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On trouve des réservoirs enfouis partout au Québec, plus fréquemment en milieu urbain. Il y en a beaucoup dans Ahuntsic, à Montréal-Est et à Westmount.

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André Dumont

Collaboration spéciale

La Presse

Il y a 40 ans, presque tous les ménages québécois se chauffaient au mazout. Et des milliers de réservoirs enfouis dans le sol n'ont jamais été retirés. Attention à la contamination!

Jusqu'à la première vague de conversions à l'électricité dans les années 70, on estime que 88 % des résidences au Québec étaient chauffées au mazout. Les réservoirs se trouvaient à l'intérieur dans le sous-sol, à l'extérieur sur le terrain ou enfouis dans le sol près de la maison.

Ceux qui sont enfouis et qui n'ont jamais été retirés posent problème. Ils sont rarement complètement vides et dans plus de la moitié des cas, ils ont contaminé le sol. Une opération de décontamination peut facilement coûter plus de 80 000 $.

«Les gens ont cru qu'ils avaient utilisé tout le mazout, mais le réservoir n'est jamais vide. La prise pour l'alimentation du système de chauffage est toujours installée à six pouces du fond», explique Louis Picard, ingénieur spécialiste des sols contaminés chez Environnement Inter-Action.

On trouve des réservoirs enfouis partout au Québec, plus fréquemment en milieu urbain. Il y en a beaucoup dans Ahuntsic, à Montréal-Est et à Westmount.

Avec l'eau de condensation et la rouille, une boue toxique se forme au fond du réservoir. Lorsque l'oxydation finit par percer la paroi, cette boue et le mazout restant s'échappent dans le sol. Ils peuvent atteindre le drain de fondation et pénétrer à l'intérieur par un puisard ou un drain de plancher.

Les émanations des produits pétroliers sont très nocives. «Avec le temps et la dégradation du produit, les effets sur la santé vont en s'atténuant, dit Louis Picard. Cependant, il arrive qu'après 30 ans, le liquide soit encore là.»

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Avec l'eau de condensation et la rouille, une boue toxique se forme au fond du réservoir. Lorsque l'oxydation finit par percer la paroi, cette boue et le mazout restant s'échappent dans le sol. Ils peuvent atteindre le drain de fondation et pénétrer à l'intérieur par un puisard ou un drain de plancher.

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Pas facile à détecter

Ces réservoirs enfouis sont la bête noire des inspecteurs en préachat. Il est très difficile de reconnaître les quelques signes de leur présence possible. Quand un réservoir est découvert plusieurs mois ou années après une transaction, l'inspecteur est le premier poursuivi.

Une odeur de mazout ou la présence d'anciennes conduites de remplissage peut mettre la puce à l'oreille. Cependant, les conduites d'acier ou les trous colmatés qui s'observent sur un mur de fondation, au sous-sol, peuvent n'avoir rien à voir avec un ancien réservoir de mazout.

L'inspecteur devrait-il recommander une étude environnementale au moindre doute, même sans signes évidents? Il le ferait au risque d'engendrer des frais inutiles à ses clients, les acheteurs...

Investigation

Dépêché sur les lieux, un spécialiste pourra statuer sur la probabilité de la présence d'un réservoir enfoui et suggérer où sonder le terrain.

Selon Louis Picard, les réservoirs sont généralement enfouis à un mètre sous la surface du sol. On peut pelleter manuellement, faire réaliser des forages mécaniques ou tenter de détecter le réservoir avec un géoradar ou un relevé électromagnétique. Une opération qui coûte entre 1200 et 5000 $.

Les anciens équipements pétroliers doivent être retirés par une entreprise spécialisée, pour ne pas provoquer ou aggraver la contamination du sol.

La décontamination se fait la plupart du temps en retirant le sol souillé. Des méthodes sans excavation sont à l'essai. Elles consistent essentiellement à fournir des nutriments et de l'oxygène à des bactéries déjà présentes dans le sol, pour qu'elles décomposent les hydrocarbures.

Faire l'autruche

Les institutions prêteuses estiment que la présence d'un réservoir de mazout enfoui diminue grandement la valeur d'une propriété. Certaines exigent une étude environnementale du site pour tous les immeubles de plus de six logements.

Les propriétaires les plus diligents ont fait retirer leur réservoir de mazout dès la conversion à une autre source d'énergie. Quelques-uns déclarent la présence d'un réservoir enfoui au moment de la vente. Plusieurs ne disent rien et s'exposent à une poursuite, même des années après avoir vendu. D'autres vendent «sans garantie légale» et s'en lavent les mains.




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