Des fondations qui résistent au temps

Le mortier exposé est souvent friable, mais rassurez-vous,... (Photo André Dumont, collaboration spéciale)

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Le mortier exposé est souvent friable, mais rassurez-vous, un maçon pourra refaire les joints.

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André Dumont

Collaboration spéciale

La Presse

En ville comme à la campagne, les vieilles fondations en moellons traversent brillamment l'épreuve du temps. Avec un minimum d'entretien et de précautions, elles ne devront jamais être remplacées.

Les fondations sont composées de pierres (qu'on appelle aussi moellons) empilées les unes sur les autres. Les interstices sont remplis d'un mortier à base de chaux et de sable. Elles sont aussi stables que les fondations de béton.

Dans la région de Montréal, les premières fondations en béton sont apparues vers 1900. L'utilisation de moellons et de mortier s'est poursuivie jusqu'au début des années 20.

Si la propriété qui vous intéresse a été construite avant 1925 et que ses fondations sont en pierres plutôt qu'en béton, il y a lieu de se réjouir. Le béton du premier quart du siècle dernier était souvent de piètre qualité. Dans Notre-Dame-de-Grâce et Rosemont - La Petite-Patrie, du mauvais béton a été coulé jusque dans les années 40.

Pour économiser, on utilisait une part insuffisante de ciment dans le mélange de béton. Parfois, on y dissimulait des morceaux de bois ou autres rebuts de construction. Résultat: ces fondations sont poreuses et se détériorent avec l'abondance d'humidité ou les épisodes de gel et de dégel. Elles s'effritent d'un simple coup de tournevis.

«Alors que les fondations en pierres traversent les âges sans trop de problèmes, les vieilles fondations en béton seront tôt ou tard à remplacer. Il faut compter de 80 000 à 100 000 $ pour les quatre murs», indique Fawzi Hafiz, inspecteur en bâtiment.

Carrières locales

Les fondations de pierres font de 20 à 30 cm d'épaisseur. Selon Gabriel Deschambault, résidant du Plateau Mont-Royal et membre d'un comité-conseil chez les Amis et propriétaires de maisons anciennes du Québec, les pierres qui les composent auraient été extraites de carrières locales. Les pierres pouvant se tailler aisément servaient aux ouvrages de façades; les restants servaient à composer des murs de fondation.

Malgré l'usage de pierres de toutes sortes de dimensions, le résultat est plutôt stable. «Les joints de mortier n'ont pas de rôle porteur, explique Fawzi Hafiz. La descente de charge se fait entre les moellons eux-mêmes, qui sont en contact les uns avec les autres. Le mortier ne sert qu'à remplir les vides et donner une étanchéité à l'air et à l'eau.»

Ce mortier de chaux sert aussi à retenir en place de plus petites pierres qui comblent des espaces entre les plus grandes. Avec les apports réguliers d'humidité, le mortier finit par se désagréger. On demande alors à un maçon de refaire ses joints qui sont accessibles.

Les fondations de moellons ne résistent pas mieux que celles en béton aux mouvements de sol. D'importantes fissures pourraient apparaître, par exemple lorsque l'argile perd son contenu en eau lors d'étés secs. Dans les deux cas, les fondations peuvent être pieutées.

Humidité

En revanche, ces vieilles fondations ne sont pas du tout imperméables. Après de fortes pluies, les pierres sont carrément mouillées sur leur face visible de l'intérieur. Le sous-sol devrait être ventilé, au moins pendant la période estivale.

Cette perméabilité impose plusieurs précautions. Les fondations de moellons qui sont régulièrement humides ne devraient jamais être recouvertes d'un matériau isolant à l'intérieur. Elles doivent «respirer» plutôt qu'emprisonner l'humidité.

Certains experts affirment que l'isolant appliqué sur la face intérieure des murs en pierre aurait aussi pour effet de stopper les fuites de chaleur qui empêchent l'eau contenue dans la fondation de geler et de provoquer l'éclatement de la pierre et du mortier. De tels dommages sont rarement observés. La pierre utilisée à Montréal est la plupart du temps très dure, peu poreuse et par conséquent non gélive (peu sensible au gel).

Habiter le sous-sol

Les fondations de moellons se poursuivent à environ 60 à 75 cm sous le niveau du sol. À l'époque, il n'était jamais question de faire du sous-sol une aire habitable.

Si vous avez l'ambition de finir le sous-sol, vous devrez excaver et ajouter des murets en béton devant la partie inférieure de l'ancien mur de fondation, ce qui réduit la superficie utilisable. S'il y a surabondance d'humidité, la vieille fondation devra être recouverte d'une membrane de l'extérieur.

Tous ces travaux sont très coûteux. Mal exécutés, ils pourraient provoquer des problèmes d'humidité ou de stabilité structurelle.

«C'est souvent l'intervention humaine qui met les bonnes vieilles fondations de moellons en danger, dit Gabriel Deschambault. On creuse la cave, on aménage une porte d'accès au sous-sol de l'extérieur ou on retire des murs porteurs. Laissons ces fondations tranquilles et elles continueront à bien faire leur travail.»

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