Cohabiter avec les arbres

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Cet arbre s'est enraciné tout près de la fondation d'un triplex montréalais. La partie visible de la fondation n'affiche aucun signe de détérioration.

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André Dumont
La Presse

Des racines qui défoncent les fondations et les conduites d'égout ? Il s'agit là de légendes urbaines. La plupart des arbres ne menacent en rien les bâtiments. Regardez avec quelle délicatesse un tronc finit par envelopper une clôture en fer forgé !

À Montréal, on recense quelques cas d'arbres qui... (PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE) - image 1.0

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À Montréal, on recense quelques cas d'arbres qui poussent collés à de vieux duplex sans en avoir altéré la fondation.

PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE

Les vents violents peuvent faire tomber des branches d'arbre sur la maison. À l'automne, les feuilles mortes remplissent rapidement les gouttières.

Ces désagréments pèsent bien peu contre les avantages que procurent les arbres : ombrage rafraîchissant, lutte contre les îlots de chaleur, biodiversité et embellissement.

«Si les arbres sont le moindrement entretenus et que les gens font aussi l'entretien de leur maison, la cohabitation se fait très bien.

»

Guillaume Couture
Ingénieur forestier au Service des grands parcs, du verdissement et du Mont-Royal à la Ville de Montréal

Dans le contexte d'une transaction immobilière, l'acheteur doit comprendre les risques que représentent les arbres et s'attendre à un minimum d'entretien. 

La fondation

« Une racine, dans son extrémité, est un corps très mou, explique Guillaume Couture. Elle n'a pas la faculté de percuter un objet pour le pénétrer. Elle n'a même pas la faculté de détecter la présence d'eau. » À moins que les fondations soient très mal en point, la croissance des racines ne peut pas exercer une pression suffisamment forte pour les endommager. Par contre, dans leur quête d'aliments et d'eau, les racines peuvent s'inviter à l'intérieur par des fissures existantes ou le mortier désagrégé d'une fondation de moellons. Une racine qui croît peut provoquer un certain soulèvement et déloger une dalle de trottoir, reconnaît l'ingénieur forestier Guillaume Couture. À Montréal, cependant, on recense quelques cas d'arbres qui poussent collés à de vieux duplex sans en avoir altéré la fondation.

Les drains de fondation

Les arbres matures boivent beaucoup d'eau. Peupliers, saules et érables argentés sont particulièrement goulus. « S'ils sont près des bâtiments, ils auront tendance à aller développer leurs racines dans les drains de fondation », prévient Jacques-André Rioux, qui a été professeur d'horticulture ornementale à l'Université Laval. Dans le cadre d'une transaction immobilière, on peut exiger un examen par caméra du drain de fondation (le drain français), pour voir s'il est colonisé par des racines et obstrué. Si c'est le cas, il faudra évaluer la pertinence de remplacer le drain existant, une opération qui coûte plusieurs milliers de dollars. S'il n'y a aucun excès saisonnier d'humidité au sous-sol, on peut très bien vivre avec un drain de fondation peu ou pas fonctionnel.

Les égouts

« J'ai vu des conduites d'égout de 100 ans avec des arbres matures à proximité et aucune racine à l'intérieur », rapporte Stéphane Desormiers, entrepreneur spécialisé en remplacement de conduites d'égout et d'entrées d'eau.  Les racines d'arbre peuvent cependant rapidement envahir une conduite d'égout endommagée ou mal installée. Il suffit que l'étanchéité ne soit pas parfaite pour que les racines s'introduisent par les joints. D'après Stéphane Desormiers, les espèces les plus envahissantes seraient l'érable argenté et le saule pleureur.

Les murs et fils électriques

Les branches d'arbres peuvent venir fouetter le bâtiment et provoquer de l'usure, notamment sur les gouttières ou le parapet au sommet de la façade. Ils peuvent aussi user les fils électriques. Si l'arbre se trouve dans le domaine public, on peut composer le 311 pour demander qu'il soit élagué. On peut aussi communiquer avec Hydro-Québec. Pour les arbres en terrain privé, il faudra faire appel à une entreprise spécialisée. L'érable à Giguère est une essence qui pousse rapidement et qui est particulièrement vulnérable aux bris. On le tolère, mais on le préfère loin des bâtiments. D'après Guillaume Couture, l'érable à Giguère se retrouve surtout dans le fond des cours arrière, à des endroits où il s'est implanté naturellement.

Le toit

Les grands arbres dont le port s'étire par-dessus les toits contribuent à réduire les frais de climatisation. En bloquant les rayons UV du soleil, ils ralentissent aussi l'usure des bardeaux d'asphalte et autres membranes de toit. « S'il y a trop d'ombre, il faudra élaguer, dit Jacques-André Rioux. La toiture n'aura pas le temps de sécher entre deux pluies et il y aura formation de mousse. » Cette mousse et les autres débris végétaux doivent être retirés au moins une fois par année, pour éviter que l'humidité qu'elle retient ne détériore la toiture.

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