Quelle membrane choisir pour remplacer le revêtement d'un toit plat?

La toiture d'asphalte et gravier résiste bien aux... (Photo Archives La Presse)

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La toiture d'asphalte et gravier résiste bien aux infiltrations d'eau, souvent au-delà de 25 ans. Mais pour certains, ils contribuent énormément au phénomène des îlots de chaleur.

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André Dumont

Collaboration spéciale

La Presse

Pas facile, le choix d'une membrane pour remplacer le revêtement d'un toit plat. Certaines municipalités ou arrondissement exigent que le matériau en surface soit blanc, pour lutter contre les îlots de chaleur. Pour y voir plus clair, voici un survol des choix qui s'offrent aux propriétaires.

Asphalte et gravier

Ce revêtement consiste en quatre à cinq plis de papier-feutre, entre lesquels de l'asphalte liquide est appliqué. Pour protéger le tout du soleil, on recouvre de gravier gris ou blanc.

La toiture d'asphalte et gravier résiste bien aux infiltrations d'eau, souvent au-delà de 25 ans. Selon le couvreur Jacques Perron, ce revêtement multicouche serait la meilleure solution pour les toits plats résidentiels aux nombreux obstacles que sont les bouches de ventilation, le puits de lumière, la cheminée et le drain. Il convient aux très faibles pentes et s'avère résistant même quand une partie de l'eau s'accumule plutôt que de couler dans le drain.

Installés depuis plus de 150 ans, l'asphalte et gravier gris sont maintenant la bête noire du maire de Rosemont - La Petite-Patrie, François Croteau. «Les toitures de type bitumineux et gravier sont un des principaux éléments de la création des îlots de chaleur», affirme-t-il. En les remplaçant par des membranes blanches (ou en mettant du gravier blanc), il est persuadé que cela contribuera à réduire l'incidence de malaises cardiorespiratoires lors des canicules.

Plusieurs couvreurs doutent toutefois de l'efficacité de ce moyen pour atténuer le phénomène des îlots de chaleur. Selon le directeur technique de l'Association des maîtres couvreurs du Québec (AMCQ), Michel Paré, la masse thermique d'un toit d'asphalte et gravier est si petite qu'une heure après le coucher du soleil, elle s'est déjà refroidie. Rien de comparable avec l'épais asphalte des routes, le béton des trottoirs et les briques des bâtiments, qui peuvent émettre leur chaleur toute la nuit.

Il n'en demeure pas moins qu'en été, la température sur un toit d'asphalte et gravier et dans le logement juste en dessous est plus élevée qu'avec une membrane blanche. Les coûts de climatisation sont également plus élevés.

Alors qu'en Ontario, les vieilles toitures d'asphalte sont recyclées pour fabriquer des routes, au Québec, elles prennent encore le chemin du site d'enfouissement.

Élastomère

Les solutions de rechange à l'asphalte et au gravier sont des membranes utilisées depuis longtemps sur les toits des commerces, institutions et industries. Elles peuvent coûter plus cher, mais les différences de prix tendent à s'atténuer. Elles sont toutes à base de pétrole, mais elles ont l'avantage d'être recyclables.

L'élastomère se présente sous forme d'une membrane bicouche très durable. Les deux couches sont fusionnées à l'aide d'un chalumeau au gaz, une opération délicate et très déterminante pour la durée de vie de ce type de revêtement.

Étant donné le danger d'incendie, certains assureurs refusent que soient installées des membranes d'élastomère.

Pour obtenir de l'élastomère à la surface véritablement blanche, il faut payer un supplément. Cet avantage sera perdu en quelques années, puisque la poussière et les saletés s'incrustent dans la surface granuleuse.

Selon Serge Parent, l'élastomère ne supporte pas les flaques d'eau stagnante. Avec l'effet des rayons UV, celles-ci réduiront à aussi peu que 10 ans la durée de vie de la membrane. À l'AMCQ, Michel Paré soutient pour sa part qu'au fil des ans, l'eau stagnante, la glace et les algues peuvent détériorer la surface granuleuse de l'élastomère, mais la membrane demeurera malgré tout étanche.

EPDM

Les membranes de caoutchouc EPDM sont parmi les plus abordables. Il s'agit d'un revêtement d'une seule couche; il n'y a donc aucune marge d'erreur pour l'installateur. Les joints sont scellés avec une colle qui doit être appliquée à la bonne température.

«Je n'installe plus d'EPDM dans les secteurs résidentiels, affirme cependant Serge Parent de Toiture Éco Énergie. Là où il y a beaucoup d'arbres, il y a des rongeurs qui aiment manger les plis. Je l'ai appris à mes dépens!»

TPO

Les membranes TPO (thermoplastique) ont une surface blanche glacée facilement lavable. Selon Serge Parent, il s'agirait de la meilleure option pour ceux qui veulent atténuer les îlots de chaleur et réduire leurs frais de climatisation. Ce couvreur l'installe au-dessus d'un panneau isolant à haute densité.

Les toitures en TPO sont d'une seule couche. Les joints sont fusionnés à l'air chaud. Chez Toiture Éco Énergie, on utilise un «robot à air chaud» pour s'assurer d'une température constante.

«Le TPO est le meilleur produit, affirme Serge Parent. Malheureusement, il y a beaucoup de cabochons - excusez l'expression! - qui l'installent tout croche et ça lui fait une mauvaise image.»

Les membranes qui remplacent l'asphalte et le gravier requièrent moins d'équipement lourd. Il est donc plus facile de s'improviser couvreur. Par contre, pour être véritablement durables, ces membranes exigent une pose très minutieuse, sans faille.

Choisissez bien votre couvreur!

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