Chauffage: bien choisir sa corde de bois

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Au Canada, c'est au consommateur de poser des questions pour s'assurer de la qualité du bois acheté.

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Le sapinage encrasse la cheminée. Le tremble ne dégage pas assez de chaleur. Le bois noir est à proscrire. Le bois vert aussi. Un minimum de connaissances est requis pour acheter le meilleur des bois de chauffage, opération plus complexe qu'on ne l'imagine.

Acheter son bois n'est pas si simple. Il faut faire preuve de vigilance. De beaucoup de vigilance.

Le vendeur doit être en mesure de préciser la sorte de bois qu'il offre, à quel moment celui-ci a été coupé et combien de temps il a séché. «Un bois séché un an à l'air libre aura de 25 à 30% d'humidité. Il brûlera moins bien et polluera plus. Un bon bois, c'est moins de 20% d'humidité et il faut deux ans pour arriver à ça», explique Sylvain Naud, président d'Éconaud Bois de chauffage.

Le consommateur qui souhaite investir un peu plus peut demander du bois séché au four. Grâce à un taux d'humidité très faible, sans champignons ni insectes, ce type de produit est encore plus efficace. «Ce que les gens déboursent en surplus à l'achat, ils l'économisent en quantité», ajoute le spécialiste d'Éconaud en parlant du bois séché au four.

Le bois coupé en hiver est habituellement plus sec parce qu'il est récupéré en dehors des périodes de sève.

Quant à la production de chaleur, «elle varie d'une essence à l'autre, mais on préfère l'érable, le chêne, le hêtre ou le merisier qui ont de bonnes valeurs calorifiques», suggère Christian Lalande.

Livraison et entreposage

L'acheteur doit être sur place au moment de la livraison pour éviter les mauvaises surprises. Il faut vérifier la qualité du bois et mesurer la corde avant le déchargement pour s'assurer que l'on reçoit la quantité achetée. On ne doit pas accepter la livraison de bois en vrac, placé pêle-mêle dans la boîte d'un camion, puisque cette validation de volume devient impossible.

Sylvain Naud recommande de corder le bois dans un endroit bien aéré et à l'abri des intempéries: «Si on enveloppe le bois, l'humidité y reste emprisonnée et les bûches vont pourrir. Il faut laisser le bois respirer et lui permettre de poursuivre son processus de séchage. Une toile sur le dessus, et c'est tout.»

Trouver un bon fournisseur

Les vendeurs indépendants de bois de chauffage abondent sur les petites annonces. M. Naud fait une mise en garde contre les vendeurs de bord de chemin qui vendent moins cher, sans taxes, donc au noir. «Comme c'est souvent un bois de mauvaise qualité et trop humide, prévient-il, il ne brûlera pas bien.»

Pour ne pas être déçu, mieux vaut obtenir quelques bonnes références sur le vendeur avant d'acheter.

Au Canada, à peu près n'importe qui peut vendre du bois, alors qu'en Europe, les sociétés doivent être certifiées pour le faire. On y exige du bois sec qui pollue moins. Cette norme, appelée EN Plus, vient réglementer toute la chaîne de production de bois de chauffage, de la coupe à la livraison chez le consommateur.

Ici, c'est donc au consommateur de poser beaucoup de bonnes questions au vendeur.

Une option plus propre

Mirabûches, entreprise de Mirabel, vend des bûches de bois franc faites à partir de résidus de planchers, moulures et meubles. «Avec une presse de 300 tonnes, on moule des bûches rectangulaires. Comme les résidus proviennent de bois franc qui a déjà été séché au four, on obtient un produit avec de 6 à 7% d'humidité», explique Chantal Bertrand, une des trois copropriétaires.

Moins salissantes, performantes, peu polluantes et faciles à entreposer, ces bûches fabriquées en usine gagnent en popularité malgré leur coût supérieur.

Cinq trucs pour savoir si le bois est sec

> Les extrémités des bûches de bois sec présentent des fissures et des gerces caractéristiques.

> Le bois de chauffage voit sa couleur passer du blanc ou crème au jaune ou au gris à mesure qu'il vieillit.

> Si l'on frappe deux bûches l'une contre l'autre, les bûches sèches font un bruit sec et creux, alors que celles qui sont mouillées font un bruit sourd.

> Lorsqu'on fend le bois, si la surface nouvellement exposée semble humide et fraîche, c'est que le bois manque de séchage. S'il paraît sec et chaud, il a suffisamment séché.

> Si le bois produit des sifflements en brûlant, c'est qu'il est encore trop chargé d'humidité.

Source: Le guide du chauffage au bois résidentiel, Société canadienne d'hypothèque et de logement, 2008.




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