Un toit à avalanches: où est l'erreur?

Un toit glacé.... (Photo: Photos.com)

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Un toit glacé.

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(Montréal) Une lectrice nous écrit, catastrophée, parce que le nouveau toit de son bungalow, légèrement en pente, déverse devant sa porte des masses de neige et de plaques de glace. En plus de ces dangereuses avalanches, la corvée de pelletage se trouve doublée. Avec les chutes de neige qu'il y a eu cette année... «Nous n'avons pas la force de tout déblayer. On ne peut pas vivre dans une telle maison», estime la dame, qui songe à déménager.

Le couple a consulté plusieurs couvreurs avant de choisir un revêtement de toit populaire, la membrane EPDM, pour remplacer les anciens bardeaux d'asphalte, propices aux infiltrations. Malheureusement, ce fut échanger un problème contre un autre! La nouvelle membrane est bien étanche mais... glissante. «La neige ne tient pas!», déplore notre lectrice. Les «bancs de neige» tombés du toit bloquent la porte principale et, sur le côté, une autre porte - la plus utilisée -, l'accès à la cour et au cabanon, lequel abrite, bien sûr, la souffleuse! Par ailleurs, pour ne pas ensevelir le facteur, la boîte aux lettres a été déplacée.

L'EPDM est-il un mauvais choix de revêtement pour un toit en pente? «Non, c'est un bon choix», répondent les experts.

Arrêts de neige

Joints au bout du fil, Emmanuel Cosgrove, d'Écohabitation, et Pascal Morel, d'Archibio, font d'une même voix ce diagnostic: «L'erreur de conception, c'est de n'avoir pas posé d'arrêts de glace. Ça se corrige... en demandant à l'entrepreneur d'en poser!» Les arrêts de glace, ou arrêts de neige, sont de petites cales de métal qui entravent les chutes massives en provenance du toit. Elles ne laissent glisser et chuter que de petites quantités de temps en temps.

Michel Couture, de l'Association des maîtres couvreurs du Québec, précise: «Cette dame pourrait demander à son couvreur d'installer des arrêts de glace en quinconce, sur la toiture. Le meilleur choix: des arrêts antirouille à l'assise plate, comme on en trouve chez des fournisseurs spécialisés, comme MAC-Revêtements métalliques, ou Duchesne. Pour une étanchéité à toute épreuve, on peut sceller les trous avec un mastic de type Chemcurb, vendu par les fabricants de membranes EPDM.»

Une autre solution, poursuit M. Couture, consiste à construire une contre-pente - un peu comme une lucarne -, pour dévier le trajet de la neige, et à refaire l'étanchéité à cet endroit. «Ces travaux devraient bénéficier de la même garantie que le contrat original, soutient le spécialiste. Peut-être même l'entrepreneur pourrait-il, à titre gracieux, réparer son oubli?»

M. Couture affirme que des membranes EPDM se posent sur les toits plats ou à faible pente. Il faut simplement prévoir le possible glissement de neige ou de glace. «Dès qu'un film d'eau s'insinue entre une couverture lisse et la glace - ou la neige -, celle-ci est entraînée par son poids, glisse et chute. Le phénomène se produit avec la membrane EPDM, mais aussi avec un revêtement métallique ou avec des membranes PVC ou TPO. Ces toits glissants, il ne faut pas monter dessus pour les déneiger, à moins d'être très bien attaché.» Le déneigement d'une toiture est une opération risquée: la plupart du temps, mieux vaut la confier à des spécialistes, soutiennent les experts.

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