Faut-il s'inquiéter de la hausse des taux?

Selon plusieurs économistes, la Banque du Canada pourrait... (Photo Martin Chamberland, Archives La Presse)

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Selon plusieurs économistes, la Banque du Canada pourrait hausser son taux directeur en octobre, voire dès le mois prochain, pour refléter la bonne tenue de l'économie canadienne.

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On en entend parler depuis presque sept ans, mais cette fois-ci semble la bonne. La Banque du Canada (BDC) devrait hausser son taux directeur dès l'automne prochain, une mesure qui aura un impact incontournable sur les acheteurs de maisons. Les emprunteurs devraient-ils craindre le pire?

Selon plusieurs économistes, la BDC pourrait hausser son taux directeur en octobre, voire dès le mois prochain, pour refléter la bonne tenue de l'économie canadienne. Le taux avait été abaissé à deux reprises en 2015 pour stimuler l'économie, et à 0,5 %, il demeure à un niveau tout près de son creux historique.

Hélène Bégin, économiste principale au Mouvement Desjardins, confirme que l'institution vient tout juste de modifier son scénario à la suite des commentaires de la BDC. Elle prévoit une hausse «graduelle et modérée» des taux hypothécaires au cours des prochains mois.

«Pour le marché de l'habitation, ce sera un facteur négatif, mais il ne faut pas oublier que le marché du travail est favorable avec un taux de chômage de 6,0 % au Québec et un niveau de confiance élevé des consommateurs, explique Mme Bégin. Donc une remontée graduelle des taux d'intérêt limitera la demande d'habitations, sans toutefois la faire diminuer de façon importante.»

Quels emprunteurs seront touchés en premier par la hausse des taux? Ceux qui détiennent des prêts à taux variable et des marges de crédit personnelles, précise l'économiste. Leurs taux d'emprunt sont directement corrélés avec celui de la BDC, si bien que tout changement dans la politique monétaire canadienne se fera tout de suite ressentir.

Les proprios qui bénéficient d'un prêt à taux fixe seront protégés des hausses jusqu'au prochain renouvellement de leur hypothèque.

«Le plein effet de la hausse des taux d'intérêt mettrait quelques années à se faire pleinement sentir pour les prêts déjà accordés, souligne Hélène Bégin. Pour les nouveaux prêts, ils seront directement affectés et ce sera une difficulté de plus pour les premiers acheteurs qui ont une faible mise de fonds.»

De 2,44 % à 2,69 %

À la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ), le directeur de l'analyse de marché, Paul Cardinal, anticipe une hausse de 0,25 % des taux fixes à cinq ans pratiqués par les banques d'ici la fin de l'année (en opposition aux taux affichés).

Le meilleur taux 5 ans fixe proposé par le courtier Multi-Prêts, qui était de 2,44 % cette semaine, pourrait ainsi grimper à 2,69 % d'ici la fin décembre, si l'on se fie au scénario de la FCIQ.

Paul Cardinal croit toutefois que les banques risquent de laisser inchangés leurs taux affichés, beaucoup plus élevés que les taux réellement offerts aux emprunteurs. Ces taux affichés (4,74 % pour un terme de 5 ans) servent depuis l'automne dernier à calculer la capacité d'emprunt des acheteurs qui détiennent une faible mise de fonds, depuis un resserrement des règles hypothécaires imposé par Ottawa.

«Il n'y aurait donc pas d'incidence sur le nombre d'acheteurs qui pourront se qualifier, bien que dans les faits, les nouveaux acheteurs feront face à des mensualités hypothécaires un peu plus élevées», fait valoir M. Cardinal.

Dans l'ensemble, la FCIQ s'attend à ce que la hausse du taux directeur ait un impact «minime» sur le nombre de transactions dans la province. «Les autres facteurs fondamentaux sont tellement favorables (le marché de l'emploi connaît une performance exceptionnelle, le solde migratoire est en hausse et la confiance des consommateurs est élevée) que la demande restera soutenue», avance Paul Cardinal.

Mensualités en hausse

Les déclarations de la Banque du Canada sont survenues en même temps que la publication de nouvelles données par la Société canadienne d'hypothèques et de logement, cette semaine. L'étude de la SCHL révèle que les mensualités hypothécaires des Canadiens ont augmenté deux fois plus vite que l'inflation en 2016.

Le paiement mensuel moyen pour une nouvelle hypothèque atteignait 1328 $ au dernier trimestre de 2016 au Canada, soit une hausse de 4,6 % en un an. Il s'agit d'une augmentation « nettement plus rapide » que celle du taux d'inflation, note la SCHL.

Au Québec, les mensualités sont passées de 889 $ à 918 $ pendant la dernière année, ce qui représente une hausse de 3,2 %.

Tout en reconnaissant que des «préoccupations constantes» persistent au sujet de la dette des ménages canadiens, la SCHL a souligné que les signes de pression sur le marché hypothécaire restent «modérés». En comparant des données de 2012 à celles de la fin 2016, l'organisme fédéral a constaté que le taux de prêts en souffrance demeure «bas et stable», tout comme le nombre de prêts à risque.

La publication de ces nouvelles statistiques s'inscrit dans un effort de meilleure communication de la SCHL. La société d'État reconnaît des «lacunes dans les données», qui l'empêchent de «brosser un tableau complet des marchés canadiens de l'habitation et du crédit hypothécaire».




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